Cas pratique · Circulation routière · Neuchâtel

Retrait de permis pour excès de vitesse dans le canton de Neuchâtel : chauffeur professionnel, durée et recours

Dans le canton de Neuchâtel, un chauffeur professionnel dont le dépassement net atteint 25 km/h ou plus en localité subit en principe un retrait de trois mois au minimum (art. 16c al. 2 let. a LCR). La nécessité professionnelle est prise en compte mais ne réduit jamais la durée minimale (art. 16 al. 3 LCR). Le recours contre la décision du SCAN se dépose dans les 30 jours, et l'opposition à l'ordonnance pénale dans les 10 jours (art. 354 CPP).

Lecture 7 min
Urgence Forte
Durée totale Trois mois de retrait au minimum ; la durée d'un recours dépend de l'autorité saisie
Issue Arrangement partiel

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Profil client Employé
Secteur Transport et livraison
Contexte Salariée à plein temps, vivant seule, sans enfant à charge
Région Neuchâtel

La situation

Contexte initial

Aline P., chauffeuse-livreuse salariée d’une entreprise de transport basée à Neuchâtel depuis six ans, parcourt chaque jour les routes du canton avec une camionnette de livraison. Son salaire mensuel s’élève à CHF 4’800 brut. Elle n’a fait l’objet d’aucune mesure administrative au cours des deux dernières années, ni même des cinq dernières.

L'élément déclencheur

Un après-midi de printemps, un radar la contrôle à 80 km/h dans une localité où la vitesse est limitée à 50 km/h. Après déduction de la marge de sécurité, le dépassement net atteint 25 km/h ou plus. Quelques semaines plus tard, elle reçoit une ordonnance pénale, puis une décision de retrait de permis du Service cantonal des automobiles et de la navigation (SCAN). Le retrait est fixé à trois mois, soit le minimum prévu pour une infraction grave.

Les enjeux

Financiers

Perte possible de l'emploi si l'employeur ne peut pas la réaffecter pendant trois mois, soit un revenu de CHF 4'800 par mois à risque, plus l'amende et les frais de procédure

Humains

Dépendance totale au permis pour exercer son métier, crainte du licenciement et difficulté à se rendre au travail sans véhicule

Délai critique

10 jours pour faire opposition à l'ordonnance pénale (art. 354 al. 1 CPP) et 30 jours dès la notification pour recourir contre la décision de retrait, selon la loi cantonale de procédure administrative

Analyse juridique

Bases légales applicables

  • LCR art. 16 al. 3 – Prise en compte des circonstances, dont la nécessité professionnelle, sans réduction de la durée minimale
  • LCR art. 16a – Infraction légère
  • LCR art. 16b – Infraction moyennement grave
  • LCR art. 16c – Infraction grave, retrait de trois mois au minimum
  • LCR art. 17 – Durée du retrait et restitution du permis
  • CPP art. 354 – Opposition à l’ordonnance pénale
  • LTF art. 100 – Recours au Tribunal fédéral

Droits du client

Vous pouvez faire valoir votre nécessité professionnelle de conduire : l’art. 16 al. 3 LCR impose de la prendre en considération. Toutefois, ce même article précise que la durée minimale du retrait ne peut pas être réduite, sauf si la peine a été atténuée conformément à l’art. 100 ch. 4, 3e phrase LCR. Vous pouvez aussi contester la qualification de l’infraction, le calcul du dépassement net ou la procédure suivie, par la voie de recours prévue.

Vous pouvez enfin vous renseigner auprès de l’autorité compétente sur les conditions d’une restitution anticipée du permis (art. 17 LCR), qui ne peut jamais descendre sous la durée minimale.

Obligations de la partie adverse

L’autorité doit fixer la durée du retrait en tenant compte des circonstances : atteinte à la sécurité routière, gravité de la faute, antécédents et nécessité professionnelle de conduire (art. 16 al. 3 LCR). Elle ne peut pas descendre sous la durée minimale prévue pour la catégorie d’infraction retenue. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un dépassement net de 25 km/h ou plus en localité constitue en principe une infraction grave.

Délais légaux à respecter

  • 10 jours pour former opposition à l’ordonnance pénale devant le ministère public, par écrit (art. 354 al. 1 let. a CPP)
  • 30 jours dès la notification pour déposer le recours motivé contre la décision de retrait, selon la loi cantonale de procédure administrative
  • 30 jours dès la notification de l’expédition complète pour recourir au Tribunal fédéral (art. 100 al. 1 LTF)

Stratégie déployée

Options envisagées

Trois pistes s’offraient à Aline P. :

  • Accepter le retrait de trois mois et organiser son absence avec son employeur
  • Recourir contre la décision de retrait en invoquant sa nécessité professionnelle
  • Accepter le minimum et s’informer auprès de l’autorité d’une éventuelle restitution anticipée
Option retenue

Acceptation du retrait minimal de trois mois, après vérification de sa légalité avec un avocat, et discussion avec l'employeur sur une affectation temporaire

Justification du choix

Un avocat consulté par Aline P. relève que la durée de trois mois correspond au minimum légal de l’art. 16c al. 2 let. a LCR. Comme la nécessité professionnelle ne permet pas de descendre sous ce minimum (art. 16 al. 3 LCR), un recours n’aurait aucune chance de réduire la durée, sauf contestation des faits ou de la qualification. Aline P. ne conteste pas le calcul du dépassement. Elle concentre donc ses efforts sur la préservation de son emploi.

Intervenants externes

Service cantonal des automobiles et de la navigation (SCAN) Autorité de recours cantonale compétente Tribunal cantonal compétent Ministère public Avocat

Étapes de la procédure

  1. Vérifier la date de notification de l’ordonnance pénale et de la décision de retrait, puis noter les délais
  2. Contrôler le calcul du dépassement net et la qualification de l’infraction
  3. Décider d’une éventuelle opposition à l’ordonnance pénale dans les 10 jours (art. 354 CPP)
  4. Décider d’un recours devant l’autorité de recours cantonale compétente dans les 30 jours
  5. Informer l’employeur et chercher une solution d’affectation pendant la durée du retrait
  6. Le cas échéant, saisir le tribunal cantonal compétent, puis le Tribunal fédéral dans les 30 jours (art. 100 LTF)

Résultat obtenu

Arrangement partiel

Dans le cas d'Aline P., le retrait de trois mois est maintenu. Son employeur l'affecte pendant cette période à des tâches d'entrepôt, avec un salaire maintenu. Elle récupère son permis à l'échéance du retrait. Les résultats varient selon les circonstances, les antécédents et la position de l'employeur.

Durée totale : Trois mois de retrait au minimum ; la durée d'un recours dépend de l'autorité saisie

Enseignements clés

Pour un conducteur professionnel, la nécessité de conduire est prise en compte, mais elle ne fait pas descendre la durée sous le minimum légal (art. 16 al. 3 LCR). Les délais de 10 jours pour l’ordonnance pénale et de 30 jours pour le recours sont distincts. Les résultats varient selon les antécédents, la qualification de l’infraction et les circonstances, qu’un avocat évalue sur votre dossier.

Comment éviter cette situation

Signaux d'alerte

  • Dépassement net de 25 km/h ou plus en localité, qui franchit en principe le seuil de l’infraction grave selon la jurisprudence
  • Mesure administrative ou retrait dans les deux ou cinq années précédentes, qui allonge la durée minimale
  • Ordonnance pénale et décision de retrait reçues à des dates différentes, avec des délais distincts

Bonnes pratiques

  • Noter la date de notification de chaque décision dès réception
  • Informer rapidement l’employeur pour envisager une affectation temporaire
  • Faire examiner le dossier par un avocat avant l’échéance des délais
  • Ne jamais conduire pendant le retrait : cela constitue une infraction grave (art. 16c al. 1 let. f LCR)

Erreurs courantes à éviter

  • Croire que la nécessité professionnelle permet de réduire le minimum légal
  • Laisser passer le délai de 10 jours pour l’opposition pénale en pensant que le recours administratif suffit
  • Confondre l’ordonnance pénale et la décision de retrait, qui suivent deux procédures distinctes
  • Conduire malgré le retrait

Points clés à retenir

  • Minimum de 3 mois pour une infraction grave (art. 16c al. 2 let. a LCR)
  • Nécessité professionnelle prise en compte, minimum non réductible (art. 16 al. 3 LCR)
  • 10 jours pour l’opposition pénale (art. 354 CPP)
  • 30 jours pour le recours cantonal
  • Conduire pendant le retrait est une infraction grave (art. 16c al. 1 let. f LCR)

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Questions fréquentes

Non, elle ne permet pas de descendre sous la durée minimale. L’art. 16 al. 3 LCR impose de la prendre en considération, mais précise que la durée minimale du retrait ne peut être réduite. Elle peut en revanche jouer au-delà du minimum.

Trois mois au minimum pour une infraction grave (art. 16c al. 2 let. a LCR). Cette durée minimale est plus longue en cas de retrait antérieur dans les cinq années précédentes (art. 16c al. 2 let. b et c LCR).

Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, un dépassement net de 25 km/h ou plus à l’intérieur des localités atteint en principe le seuil de l’infraction grave. Ce seuil ne figure pas dans la loi, il vient de la jurisprudence.

Le recours se dépose devant l’autorité de recours cantonale compétente, contre la décision du Service cantonal des automobiles et de la navigation (SCAN). Le recours motivé doit être déposé dans les 30 jours dès la notification, selon la loi cantonale de procédure administrative. La décision peut ensuite être portée devant le tribunal cantonal compétent.

Oui, si vous contestez la condamnation pénale. L’opposition se fait par écrit auprès du ministère public dans les 10 jours (art. 354 al. 1 let. a CPP). Sans opposition valable, l’ordonnance pénale est assimilée à un jugement entré en force (art. 354 al. 3 CPP). Cette procédure est distincte du recours contre le retrait administratif.

Non, pas en dessous de la durée minimale du retrait. Le droit suisse prévoit certaines possibilités de restitution anticipée du permis (art. 17 LCR), mais jamais sous le minimum légal. Renseignez-vous auprès de l’autorité compétente de votre canton sur les conditions et les organismes reconnus.

Sources et références

  • LCR art. 16, 16a, 16b, 16c, 17 (https://juriup.ch/lois/lcr/art-16c/) ; CPP art. 354 (https://juriup.ch/lois/cpp/art-354/) ; LTF art. 100 (https://juriup.ch/lois/ltf/art-100/)

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Cas pratique fictif. Ce dossier est présenté à titre purement illustratif pour exemplifier ce type de scénario juridique. Les noms, situations, montants et détails ont été inventés. Toute ressemblance avec une situation réelle serait fortuite. Pour un avis juridique adapté à votre situation, consultez un juriste ou un avocat.

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Retrait de permis : calculez votre délai pour contester

Ordonnance pénale ou décision de retrait du service des automobiles : obtenez la date limite pour faire opposition (10 jours) ou pour contester le retrait (30 jours), pli recommandé non retiré et week-ends compris.

  • Ordonnance pénale : 10 jours
  • Retrait : 30 jours
  • Art. 16 ss LCR
Base légale
Art. 16 ss LCR, art. 354 CPP
Durée
~ 1 minute
À jour
Septembre 2026

Chaque situation est différente. Le résultat est une estimation fondée sur les règles générales : il dépend des circonstances de votre dossier et ne remplace pas l’avis personnalisé d’un avocat ou d’un juriste.

Votre décision
Si vous avez reçu un pli recommandé non retiré : la notification est réputée faite le 7e jour après la tentative de remise, si vous deviez vous attendre à recevoir un pli (art. 85 al. 4 let. a CPP ; règle analogue en procédure administrative).
Détail du calcul
Important Le délai est un délai de péremption : il ne peut être ni interrompu ni prolongé. Si le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est reporté au premier jour ouvrable suivant (seuls les jours fériés communs à tous les cantons romands sont pris en compte ici). L'acte doit être remis à l'autorité ou à un bureau de La Poste suisse au plus tard le dernier jour du délai (art. 91 al. 2 CPP) : l'envoi en recommandé est conseillé pour la preuve.

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Avertissement juridique - Ce calculateur fournit une estimation indicative du délai légal. La procédure pénale ne connaît pas de féries (art. 89 al. 2 CPP). Pour le retrait de permis, les féries prévues par certaines lois cantonales (par ex. art. 96 LPA-VD, art. 63 LPA-GE, art. 30 CPJA-FR) peuvent prolonger le délai : elles ne sont pas prises en compte ici, la date affichée est donc prudente. En cas de doute, agissez immédiatement et consultez un avocat. Un délai dépassé est en principe irrécupérable (sauf restitution exceptionnelle, art. 94 CPP ou droit cantonal). Ce simulateur ne constitue pas un avis juridique.
01 - Comprendre

Retrait de permis : deux procédures, deux délais à ne pas confondre

Après un excès de vitesse, une conduite en état d’ébriété ou une autre infraction, vous recevez en général deux décisions : une sanction pénale, puis une mesure administrative sur votre permis. Chacune se conteste auprès d’une autorité différente et dans un délai différent.

La procédure pénale. Lorsque l’infraction n’est pas réglée par une amende d’ordre, le ministère public ou l’autorité cantonale compétente en matière de contraventions (préfecture, service des contraventions) rend une ordonnance pénale (art. 352 et 357 CPP). Le prévenu peut former opposition par écrit dans les 10 jours, sans avoir à la motiver (art. 354 al. 1 et 2 CPP). Sans opposition valable, l’ordonnance est assimilée à un jugement entré en force (art. 354 al. 3 CPP).

La procédure administrative. Le retrait du permis de conduire est prononcé par l’autorité administrative du canton de domicile (art. 22 al. 1 LCR) : le Service des automobiles et de la navigation (SAN) dans le canton de Vaud, l’Office cantonal des véhicules (OCV) à Genève, l’Office de la circulation et de la navigation (OCN) à Fribourg, le Service cantonal des automobiles et de la navigation (SCAN) à Neuchâtel. La décision doit être écrite et motivée, et l’autorité entend en règle générale l’intéressé avant de retirer le permis (art. 23 al. 1 LCR). Le délai pour la contester est fixé par la loi cantonale de procédure, en principe 30 jours.

Pourquoi l’ordre compte. L’autorité administrative attend souvent l’issue de la procédure pénale et, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, elle ne s’écarte en principe pas des faits retenus par le juge pénal. Si vous contestez les faits eux-mêmes (vitesse mesurée, identité du conducteur, taux d’alcool), c’est dans la procédure pénale qu’il faut le faire, par une opposition dans les 10 jours. Accepter l’ordonnance pénale puis contester les faits devant le service des automobiles a peu de chances d’aboutir.

Ce que calcule l’outil. Le délai commence le lendemain de la notification (art. 90 al. 1 CPP ; même règle en droit administratif cantonal, par ex. art. 19 al. 1 LPA-VD). Si le pli recommandé n’a pas été retiré, la notification est réputée faite le 7e jour après l’avis de passage. Si le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, l’échéance est reportée au premier jour ouvrable suivant (art. 90 al. 2 CPP). Pour estimer la durée du retrait lui-même, utilisez notre calculateur d’excès de vitesse ou notre calculateur alcool au volant.

Opposition ordonnance pénale 10 jours Art. 354 al. 1 CPP
Contestation d’un retrait 30 jours Art. 68 LPA-VD, 62 LPA-GE, 79 CPJA-FR
Retrait minimal, infraction grave 3 mois Art. 16c al. 2 let. a LCR
Recours au Tribunal fédéral 30 jours Art. 100 al. 1 LTF

Les étapes après une infraction routière

  1. Saisie éventuelle du permisLa police peut saisir le permis sur place. L’autorité doit le restituer si elle ne prononce pas au moins un retrait à titre préventif dans les 10 jours (art. 30 al. 2 OAC).Jour 0
  2. Ordonnance pénaleOpposition écrite dans les 10 jours dès la notification, au ministère public ou à l’autorité indiquée dans l’ordonnance (art. 354 CPP). Pas de féries en procédure pénale.10 jours
  3. Droit d’être entenduLe service des automobiles vous informe de la mesure envisagée et vous invite en général à vous déterminer (art. 23 al. 1 LCR). C’est le moment de produire vos pièces.Avant la décision
  4. Décision de retraitRéclamation au SAN (VD) ou recours au tribunal (GE : TAPI ; FR : Tribunal cantonal) dans les 30 jours, selon les voies de droit indiquées au bas de la décision.30 jours
  5. Tribunal fédéralRecours en matière de droit public contre l’arrêt cantonal dans les 30 jours suivant la notification de l’expédition complète (art. 100 al. 1 LTF).30 jours
02 - Cadre

Durée du retrait : ce que prévoit la loi

Trois niveaux de gravité. La LCR distingue l’infraction légère (art. 16a), moyennement grave (art. 16b) et grave (art. 16c). Pour fixer la durée, l’autorité tient compte de l’atteinte à la sécurité routière, de la faute, des antécédents et de la nécessité professionnelle de conduire, mais la durée minimale ne peut pas être réduite (art. 16 al. 3 LCR). Le recours sert donc surtout à contester la qualification de l’infraction ou une durée supérieure au minimum.

Infraction légère. Avertissement si vous n’avez eu ni retrait ni autre mesure administrative au cours des deux années précédentes ; sinon retrait d’un mois au moins (art. 16a al. 2 et 3 LCR). En cas d’infraction particulièrement légère, il est renoncé à toute mesure (art. 16a al. 4 LCR).

Infraction moyennement grave. Retrait d’un mois au minimum, de 4 mois si le permis a été retiré une fois pour une infraction grave ou moyennement grave au cours des deux années précédentes, de 9 mois après deux retraits pour infractions au moins moyennement graves dans ce délai, et de 15 mois après deux retraits pour infractions graves (art. 16b al. 2 LCR).

Infraction grave. Retrait de 3 mois au minimum ; 6 mois si le permis a été retiré une fois pour une infraction moyennement grave au cours des cinq années précédentes ; 12 mois après un retrait pour infraction grave ou deux retraits pour infractions moyennement graves dans ce délai ; retrait pour une durée indéterminée, mais de deux ans au minimum, après deux retraits pour infractions graves ou trois pour infractions au moins moyennement graves en dix ans (art. 16c al. 2 LCR). Pour le délit de chauffard (art. 90 al. 4 LCR), le retrait est de deux ans au moins, réductible de douze mois au plus si une peine de moins d’un an a été prononcée (art. 16c al. 2 let. abis LCR).

Trajets professionnels. Il n’existe pas de « permis blanc » en Suisse. Depuis le 1er avril 2023, l’autorité cantonale peut toutefois autoriser les trajets nécessaires à l’exercice de la profession pendant le retrait, mais seulement si le retrait fait suite à une infraction légère, qu’il n’est pas de durée indéterminée ni définitif et que le permis n’a pas été retiré plus d’une fois au cours des cinq années précédentes (art. 33 al. 5 OAC).

Permis à l’essai et restitution anticipée. Un retrait pour infraction moyennement grave ou grave pendant la période probatoire prolonge celle-ci d’un an ; une deuxième infraction de ce type entraîne l’annulation du permis (art. 35 et 35a OAC). Le permis retiré pour une durée déterminée peut être restitué au plus tôt trois mois avant la fin du retrait si vous avez suivi un cours d’éducation routière reconnu, sans que la durée minimale puisse être réduite (art. 17 al. 1 LCR).

Les circonstances doivent être prises en considération pour fixer la durée du retrait du permis d’élève conducteur ou du permis de conduire, notamment l’atteinte à la sécurité routière, la gravité de la faute, les antécédents en tant que conducteur ainsi que la nécessité professionnelle de conduire un véhicule automobile. La durée minimale du retrait ne peut toutefois être réduite, sauf si la peine a été atténuée conformément à l’art. 100, ch. 4, 3e phrase.

Art. 16 al. 3 de la loi fédérale sur la circulation routière (LCR)
03 - Pratique

Contester un retrait de permis en Suisse romande

La voie de droit exacte figure au bas de chaque décision : c’est elle qui fait foi. Voici les règles vérifiées pour les principaux cantons romands.

Vaud. Les décisions du SAN en matière de retrait, d’interdiction et d’avertissement font d’abord l’objet d’une réclamation auprès du SAN lui-même (art. 21 al. 2 de la loi vaudoise sur la circulation routière). Elle s’exerce par écrit, sommairement motivée, dans les 30 jours (art. 68 LPA-VD), est gratuite sauf témérité (art. 71 LPA-VD) et a effet suspensif, sauf levée pour un intérêt public prépondérant (art. 69 LPA-VD). Un recours déposé directement au Tribunal cantonal est irrecevable et transmis au SAN. La décision sur réclamation peut ensuite être portée dans les 30 jours devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (art. 95 LPA-VD).

Genève et Fribourg. À Genève, les décisions de l’OCV se contestent directement devant le Tribunal administratif de première instance (art. 17 de la loi d’application genevoise de la LCR), dans les 30 jours (art. 62 LPA-GE) ; le recours a effet suspensif sauf exécution ordonnée nonobstant recours (art. 66 LPA-GE). À Fribourg, les décisions de l’OCN se contestent devant la section administrative du Tribunal cantonal, dans les 30 jours (art. 79 CPJA), avec effet suspensif sauf retrait par l’autorité (art. 84 CPJA).

Neuchâtel, Valais, Jura et Jura bernois. À Neuchâtel, le délai de recours est de 30 jours (art. 34 LPJA-NE) et les règles du CPC sur les délais s’appliquent par analogie (art. 20 LPJA-NE). Pour le Valais, le Jura et le Jura bernois, suivez l’autorité et le délai indiqués dans les voies de droit de la décision. Dans le doute, agissez dans les 30 jours et auprès de l’autorité mentionnée : un écrit adressé en temps utile à une autorité incompétente est en principe transmis.

Féries. Certaines lois cantonales suspendent les délais du 7e jour avant Pâques au 7e jour après Pâques, du 15 juillet au 15 août et du 18 décembre au 2 janvier (art. 96 LPA-VD pour le recours au Tribunal cantonal, art. 63 LPA-GE ; à Fribourg, la période d’été ne vaut que devant le Tribunal cantonal, art. 30 CPJA). Notre calculateur ne les applique pas et affiche une date prudente. Pour un calcul avec féries, voyez notre calculateur de délai de recours.

Rédiger l’acte. Indiquez la décision contestée, vos conclusions (annulation, avertissement au lieu d’un retrait, durée réduite au minimum légal), les motifs et les pièces : attestation de l’employeur sur la nécessité professionnelle, antécédents, circonstances. L’acte doit être remis à l’autorité ou à un bureau de La Poste suisse au plus tard le dernier jour du délai (art. 91 al. 2 CPP ; art. 20 al. 1 LPA-VD). Si l’enjeu est important, l’équipe JuriUp vous oriente vers un avocat en droit de la circulation sous 48 h ouvrées.

04 - FAQ

Questions fréquentes

En Suisse romande, le délai pour contester une décision de retrait est en principe de 30 jours dès la notification, selon la loi cantonale de procédure (art. 68 LPA-VD pour la réclamation au SAN, art. 62 LPA-GE, art. 79 CPJA-FR, art. 34 LPJA-NE). Le délai commence le lendemain de la réception. Vérifiez toujours les voies de droit indiquées sur la décision.

10 jours dès la notification, par écrit (art. 354 al. 1 CPP). Le prévenu n’a pas à motiver son opposition (art. 354 al. 2 CPP). Il n’y a pas de féries en procédure pénale (art. 89 al. 2 CPP) et le délai légal ne peut pas être prolongé.

Le pli est réputé notifié s’il n’a pas été retiré dans les sept jours à compter de la tentative infructueuse de remise, lorsque vous deviez vous attendre à le recevoir (art. 85 al. 4 let. a CPP). C’est le cas dès qu’une procédure est en cours, par exemple après un contrôle de police. Le délai court alors comme si vous aviez reçu le pli le 7e jour.

Oui, les deux procédures sont indépendantes. Mais le service des automobiles ne s’écarte en principe pas des faits constatés au pénal. Si vous contestez la vitesse, l’identité du conducteur ou le taux d’alcool, faites opposition à l’ordonnance pénale dans les 10 jours. Devant l’autorité administrative, vous pourrez surtout discuter la qualification de l’infraction et la durée du retrait au-delà du minimum légal.

En principe oui : dans le canton de Vaud, la réclamation a effet suspensif (art. 69 LPA-VD) ; à Genève et à Fribourg, le recours aussi (art. 66 LPA-GE, art. 84 CPJA). L’autorité peut toutefois retirer l’effet suspensif, notamment lorsque la sécurité routière l’exige. Le retrait à titre préventif, prononcé en cas de doutes sérieux sur l’aptitude à conduire (art. 30 OAC), obéit à des règles particulières : suivez les indications de la décision.

Il est pris en compte pour fixer la durée au-dessus du minimum, mais la durée minimale légale ne peut pas être réduite (art. 16 al. 3 LCR). Pour un retrait consécutif à une infraction légère, l’autorité peut autoriser les trajets professionnels nécessaires, si le permis n’a pas été retiré plus d’une fois en cinq ans (art. 33 al. 5 OAC).

Au moins 3 mois pour une première infraction grave (art. 16c al. 2 let. a LCR), 6 mois après un retrait pour infraction moyennement grave dans les cinq ans, 12 mois après un retrait pour infraction grave dans ce délai. Le délit de chauffard entraîne un retrait de deux ans au moins. Notre calculateur d’excès de vitesse estime la mesure selon la vitesse mesurée.

Le délai légal ne peut pas être prolongé. Une restitution n’est possible que si vous avez été empêché d’agir sans faute de votre part : en procédure pénale, la demande motivée doit être déposée dans les 30 jours dès la fin de l’empêchement, avec l’acte omis (art. 94 CPP). Le droit cantonal prévoit une règle comparable pour les décisions administratives (par ex. art. 22 LPA-VD).

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    Dernière mise à jour de cette page : 26 octobre 2026.

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