Que faire si je suis victime de violences conjugales ?
Mettez-vous immédiatement en sécurité et appelez la police (117). Les actes de violence conjugale sont poursuivis d'office en Suisse et la loi vous offre une protection immédiate.
Mettez-vous immédiatement en sécurité et appelez la police (117). Les actes de violence conjugale sont poursuivis d'office en Suisse et la loi vous offre une protection immédiate.
Délai légal
Intervention immédiate. Délai de 3 mois pour une plainte si l'acte n'est pas poursuivi d'office.
Urgence
Très urgent
Coût
L'intervention de la police et l'aide des centres LAVI sont entièrement gratuites.
Qui contacter
La police au 117 ou le centre de consultation LAVI de votre région.
Comprendre votre situation
La violence domestique n’est jamais une affaire privée, mais une infraction pénale sévèrement punie par la loi suisse. Que vous subissiez des atteintes physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques au sein de votre couple, les autorités ont le devoir de vous protéger.
En cas d’urgence, la police dispose des compétences pour intervenir à domicile et prononcer l’expulsion immédiate de la personne violente. De plus, selon la Loi sur l’aide aux victimes (LAVI), vous bénéficiez d’un droit inaliénable à un soutien médical, psychologique, social et juridique gratuit, que vous résidiez dans le canton de Vaud, de Genève, du Valais, de Neuchâtel, de Fribourg ou du Jura.
Ce que dit la loi
- Art. 122 et 123 CPLésions corporelles graves et simples
- Art. 180 CPMenaces
- Art. 28b CCMesures de protection de la personnalité (éloignement)
- Art. 1 LAVIDroit à l'aide aux victimes d'infractions
Vos droits
- Droit à l'intervention immédiate de la police pour sécuriser le domicile
- Droit d'obtenir l'expulsion provisoire de l'auteur des violences
- Droit à un accompagnement psychologique et juridique totalement gratuit
- Droit à un hébergement d'urgence secret (maison d'accueil)
- Droit de refuser de témoigner contre son époux ou partenaire enregistré
Les étapes à suivre
Se mettre en sécurité et appeler la police
En cas de danger immédiat, quittez le logement si vous le pouvez et composez le 117. La police intervient pour rétablir la sécurité et peut ordonner l'expulsion immédiate de l'auteur du domicile pour une durée de plusieurs jours (souvent 10 à 14 jours selon les cantons).
Faire constater ses blessures
Rendez-vous aux urgences ou chez un médecin pour faire documenter toutes vos traces de coups, blessures ou traumatismes psychologiques. Ce certificat médical détaillé constituera une preuve déterminante pour la procédure pénale ou civile.
Contacter un centre LAVI
Appelez le centre d'aide aux victimes de votre canton. Les intervenants vous offriront des conseils confidentiels, financeront vos premières démarches juridiques et organiseront, si nécessaire, un refuge sécurisé pour vous et vos enfants.
Demander des mesures de protection au juge
Avec l'aide de votre avocat, vous pouvez saisir le tribunal civil pour obtenir une ordonnance de protection (art. 28b CC). Le juge peut interdire à l'auteur de vous approcher, de vous contacter ou de se rendre dans certains lieux (périmètre d'exclusion).
Organiser la séparation officielle
Si vous êtes mariée, vous pouvez requérir des mesures protectrices de l'union conjugale (MPUC) auprès du tribunal. Cette procédure fixera la séparation de fait, l'attribution exclusive du logement, la garde des enfants et le versement d'une pension alimentaire.
Besoin d'une ordonnance de protection en urgence ?
Nos avocats partenaires spécialisés en droit pénal vous accompagnent sans délai pour garantir votre sécurité et celle de vos proches.
Les erreurs à éviter
- Croire que la situation va s'améliorer spontanément sans l'intervention des autorités
- Culpabiliser et endosser la responsabilité du comportement violent de son partenaire
- Laver ses vêtements, prendre une douche ou ranger les lieux endommagés avant l'arrivée de la police
- Tarder à conserver les preuves (messages menaçants, photos de blessures, témoignages)
L’avis de l’équipe JuriUp
Face à la violence au sein du couple, l’inaction n’est pas une option. La législation suisse a évolué pour protéger activement les victimes : les lésions corporelles et les menaces répétées sont désormais poursuivies d’office. Cela signifie que le Ministère public ouvre une enquête indépendamment de votre volonté, ce qui vous décharge du lourd fardeau de la dénonciation formelle.
Nous vous conseillons vivement de mandater un avocat pénaliste dès les premiers stades de la procédure. Ce professionnel saura vous représenter lors des auditions face à l’auteur et exiger une ordonnance de protection efficace. Votre intégrité physique et mentale doit toujours constituer la priorité absolue.
L’équipe juridique JuriUp
Juristes & avocats partenaires · droit suisse
Questions fréquentes
Le rôle premier de la police est de garantir votre sécurité. Sans forcément procéder à une arrestation immédiate, les agents prononcent très souvent une mesure d'éloignement obligeant l'auteur à quitter le domicile sur-le-champ et lui interdisant d'y revenir pendant plusieurs jours.
Non. En Suisse, les lésions corporelles simples, les violences répétées et les menaces graves commises dans le couple sont des infractions poursuivies d'office. La justice mène l'enquête et punit l'auteur même si vous ne déposez pas de plainte.
Si l'infraction est poursuivie d'office, votre retrait n'arrête pas automatiquement la machine judiciaire. Toutefois, le Ministère public peut décider de suspendre provisoirement la procédure sous des conditions très strictes, par exemple si l'auteur entame une thérapie certifiée.
Des maisons d'accueil (souvent appelées foyers pour femmes) offrent un hébergement d'urgence secret et sécurisé 24 heures sur 24. Si vous êtes en danger, la police ou la ligne d'urgence LAVI organisera votre transport vers ce refuge.
Non. La loi fédérale sur les étrangers (LEI) protège les victimes de violences domestiques grâce à la clause de rigueur. Si la poursuite de l'union conjugale est reconnue comme inexigible en raison des violences subies, vous conservez votre droit de séjour en Suisse.
Absolument. La jurisprudence suisse reconnaît que les enfants exposés à la violence domestique subissent une grave atteinte psychologique. À ce titre, ils sont pleinement considérés comme des victimes par la LAVI et ont droit à un soutien thérapeutique indépendant.
Ressources utiles
Sources
- Violence domestique (ch.ch)
- Loi sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI)
- Violence domestique - BFEG
Dernière mise à jour : 8 juillet 2026
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Ce guide fournit une information juridique générale concernant le droit suisse et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation étant particulière, faites valider votre cas par un professionnel via JuriUp.