Porter plainte pour faux dans les certificats en Suisse
Un employé vous remet un certificat médical falsifié ? Vous découvrez qu'un diplôme ou une attestation a été contrefait ? Le faux dans les certificats est une infraction pénale sérieuse en Suisse. Découvrez les démarches pour dénoncer ces actes et réagir de manière adéquate.
Le faux dans les certificats est une infraction poursuivie d'office par les autorités suisses. Il n'y a donc aucun délai de plainte à respecter, même s'il est conseillé d'agir rapidement dès la découverte de la fraude. Toute personne, qu'il s'agisse d'un employeur ou d'un institut, peut dénoncer gratuitement ces faits auprès de la police cantonale ou du Ministère public.
01Comprendre l'infraction
Le droit pénal suisse réprime la falsification ou la création de faux documents destinés à prouver des faits dénués de force probante accrue, mais qui visent à améliorer la situation d'une personne.
Contrairement à l'infraction de faux dans les titres, qui cible des documents ayant une portée juridique forte comme des bilans comptables ou des actes notariés, le Faux dans les certificats (art. 252 CP) est une infraction qualifiée de privilégiée. Elle concerne spécifiquement : - Les certificats médicaux. - Les attestations de travail ou de formation. - Les diplômes et certificats de bonne conduite.
Cette infraction relève du Droit pénal et s'applique aussi bien à la personne qui crée le faux document qu'à celle qui en fait usage pour tromper autrui, par exemple pour obtenir un emploi ou justifier une absence non autorisée.
Vise les actes authentiques et documents à forte valeur probante.
Vise les certificats, attestations et documents de légitimation.
Faire constater faussement un fait ayant une portée juridique.
Ce qui doit être réuni
- Créer un faux certificat ou falsifier un certificat authentique
- Faire usage d'un faux certificat pour tromper autrui
- Avoir l'intention d'améliorer sa propre situation ou celle d'un tiers
- Le document visé doit être un certificat, une attestation ou un écrit similaire
Exemples concrets
- Un employé modifie les dates d'un véritable certificat médical pour prolonger son arrêt de travail.
- Un candidat présente un faux diplôme universitaire lors de son processus de recrutement.
- Une personne fabrique une fausse attestation de formation continue pour obtenir une promotion.
02La procédure, pas à pas
- 1
Sécuriser la preuve
Conservez le document falsifié (original ou copie) de manière intacte.
- 2
Vérifier les faits
Contactez l'émetteur présumé (médecin, école) pour confirmer la falsification.
- 3
Rédiger la dénonciation
Préparez un document relatant les faits, l'identité de l'auteur et listant les preuves.
- 4
Déposer le dossier
Remettez votre dénonciation pénale à la police ou au Ministère public.
03Le délai à respecter
L'infraction étant poursuivie d'office, elle n'est pas soumise au délai de plainte de 3 mois. Vous avez le droit de dénoncer les faits en tout temps, jusqu'à la prescription de l'action pénale (fixée à 10 ans selon l'art. 97 CP). Néanmoins, agir rapidement dès la découverte de la fraude permet à la justice de rassembler les preuves avant qu'elles ne disparaissent.
À faire
- Le document falsifié (l'original est indispensable si vous le possédez).
- Les échanges écrits (e-mails, courriers) avec la personne ayant fourni le certificat.
- La confirmation écrite du médecin ou de l'institut attestant qu'il n'est pas l'auteur du document.
- Le contrat de travail ou tout élément montrant le contexte de l'usage du faux.
À éviter
- Détruire, raturer ou jeter le document original falsifié.
- Confronter l'auteur de manière virulente avant d'avoir sécurisé les preuves matérielles.
- Accuser publiquement la personne (risque de diffamation si les faits ne sont pas établis).
- Attendre plusieurs années pour dénoncer les faits, ce qui complique l'enquête.
04Où déposer, selon votre canton
- GenèveDénonciation possible dans un poste de police ou par courrier au Ministère public (route de Chancy).
- VaudDépôt au poste de police le plus proche ou par écrit au Ministère public central.
- ValaisLes postes de la Police cantonale enregistrent votre dénonciation pénale.
- FribourgPrivilégiez le dépôt des preuves physiques directement au guichet de la police.
- Neuchâtel et JuraDémarche similaire auprès de la police cantonale compétente.
05Qui peut porter plainte, et le retrait
Qui a le droit de dénoncer les faits
S'agissant d'une infraction poursuivie d'office, toute personne ayant connaissance d'un faux dans les certificats peut en informer les autorités de poursuite pénale (art. 302 CPP). En pratique, c'est très souvent l'employeur lésé, l'école dont le nom est usurpé, ou une administration trompée qui agit. Le lésé direct peut ensuite se constituer partie plaignante pour participer à la procédure.
Peut-on retirer sa plainte ?
S'agissant d'un délit poursuivi d'office, un éventuel retrait de votre dénonciation n'arrêtera pas la procédure pénale. Une fois que les autorités judiciaires ont connaissance des faits, elles ont l'obligation légale de poursuivre l'instruction, même si vous avez trouvé un accord à l'amiable avec l'auteur de la falsification.
06Après la plainte
Après le dépôt de votre dénonciation, la police ou le Ministère public ouvre une instruction formelle. L'auteur présumé sera convoqué pour s'expliquer sur la provenance du document. - Ordonnance pénale : si les faits sont évidents et reconnus, une peine pécuniaire peut être prononcée rapidement. - Instruction approfondie : des auditions complémentaires ou la saisie de matériel informatique peuvent avoir lieu. - Classement : si les preuves de la falsification sont insuffisantes ou l'intention de tromper absente. En vous constituant partie plaignante, vous serez tenu informé des avancées et des décisions finales.
Une erreur fréquente, notamment de la part des employeurs face à un faux certificat médical, consiste à procéder immédiatement à un licenciement sans avoir consolidé la preuve de la fraude. Si un doute subsiste, le premier réflexe doit être de contacter le médecin présumé. Bien que tenu au secret médical, ce dernier a le droit de vous confirmer s'il a oui ou non rédigé et signé le document litigieux.
Les dossiers bien documentés en amont progressent beaucoup plus efficacement auprès du Ministère public. Nous vous recommandons de figer la situation en regroupant l'original du certificat et tous les échanges écrits avec l'auteur avant d'engager une démarche pénale formelle.
07Questions fréquentes
Selon l'article 252 du Code pénal, le faux dans les certificats est puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire. La sanction précise est fixée par le procureur en fonction de la gravité des faits et des antécédents.
Oui. Un employeur peut contacter le cabinet médical pour vérifier que le document émane bien de lui. Le médecin ne dévoilera aucun diagnostic en raison du secret médical, mais il peut confirmer l'authenticité du certificat.
Absolument. Le simple fait de faire usage d'un faux certificat ou d'un faux diplôme dans le but d'améliorer sa situation, par exemple pour être engagé ou promu, constitue une infraction pénale poursuivie d'office.
Le faux dans les titres (art. 251 CP) s'applique à des documents disposant d'une force probante accrue, comme un acte authentique ou une comptabilité, et prévoit des peines plus lourdes. Le faux dans les certificats (art. 252 CP) vise spécifiquement des documents de portée moindre, comme une attestation ou un document de légitimation.
Si un employeur crée de toutes pièces ou altère un certificat de travail pour vous nuire ou masquer la réalité, cette pratique tombe sous le coup de l'infraction. Vous avez le droit de dénoncer ces actes auprès de la police ou du Ministère public.
Oui, selon le Code pénal suisse, la tentative de commettre un faux dans les certificats est également répréhensible. L'auteur s'expose à une sanction, même si le faux document n'a finalement pas été utilisé pour tromper autrui.
Contenu rédigé et vérifié par l'équipe juridique JuriUp sur la base du Code pénal, du CPP et des sources officielles suisses.
L'intervention d'un juriste ou d'un avocat s'avère pertinente, particulièrement pour les entreprises ou les institutions qui sont confrontées à des documents contrefaits. Un professionnel du droit aide à analyser la situation pour déterminer la qualification pénale exacte, permettant ainsi de distinguer un simple faux certificat d'un faux dans les titres.
Il vous accompagne également pour structurer une dénonciation pénale claire et étayée de pièces tangibles. En vous représentant formellement en tant que partie plaignante, un juriste ou un avocat veille au respect de vos droits de procédure, tout en s'assurant d'agir dans les règles et au bon moment.
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Un juriste ou un avocat en Suisse vous rappelle pour évaluer les faits et vous orienter efficacement.
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18 Mai 2026Cette page est fournie à titre d'information générale sur le droit suisse et ne constitue pas un conseil juridique ; elle ne saurait engager la responsabilité de JuriUp. Chaque situation est particulière : pour agir, faites analyser la vôtre par un juriste ou un avocat. En cas d'urgence ou de danger, contactez la police (117).