Poursuite variable selon les cas

Porter plainte pour outrage à la pudeur en Suisse

Vous avez été confronté à un acte d'exhibitionnisme ou importuné par des propos obscènes ? L'outrage à la pudeur est une infraction pénale en Suisse. Découvrez comment protéger vos droits et les démarches pour agir en toute sécurité.

Vous n'êtes pas seul.e face à cette situation

Subir un outrage à la pudeur, de l'exhibitionnisme ou du harcèlement est une atteinte à votre intimité qui n'est jamais de votre faute. L'aide aux victimes (LAVI) vous offre un soutien gratuit, confidentiel et bienveillant, même si vous décidez de ne pas porter plainte.

  • Mettez-vous immédiatement en sécurité et composez le 117 (Police) en cas de danger.
  • Ne restez pas seul avec votre choc : parlez-en à une personne de confiance.
  • Contactez un centre LAVI pour obtenir des conseils psychologiques et juridiques.
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Ces échanges sont gratuits et confidentiels. Prendre soin de vous passe avant toute démarche.

En résumé

L'outrage à la pudeur est poursuivi de manière mixte. Si vous avez été directement importuné par des actes ou propos obscènes, vous avez 3 mois pour déposer plainte. Si l'acte a causé un scandale public (exhibitionnisme), la poursuite s'exerce d'office, sans délai de plainte. Le dépôt se fait gratuitement dans un poste de police ou auprès du Ministère public.

§Art. 198 CPOutrage à la pudeur§Art. 31 CPDélai de plainte§Art. 30 CPDroit de plainte

01Comprendre l'infraction

En droit pénal suisse, l'Outrage à la pudeur en Suisse (Art. 198 CP) vise deux comportements distincts :

  • Le scandale public : L'auteur se livre à des actes d'ordre sexuel à la vue de tous (par exemple, l'exhibitionnisme dans un parc). Ce comportement heurte la morale publique et est poursuivi d'office par les autorités.
  • L'importunité : L'auteur cible une personne en particulier par des actes d'ordre sexuel ou des propos obscènes (harcèlement de rue, envoi d'images intimes non sollicitées). Ce volet est poursuivi uniquement sur plainte de la victime.

La loi sanctionne ces actes par une amende. Si l'auteur a utilisé la contrainte, la violence ou des menaces pour vous imposer un acte sexuel, l'infraction devient un crime plus grave, qualifié de contrainte sexuelle ou de viol ou agression sexuelle.

Outrage à la pudeurart. 198 CP

Actes d'ordre sexuel ou propos obscènes (amende)

Contrainte sexuelleart. 189 CP

Actes d'ordre sexuel imposés avec violence ou menaces

Exhibitionnismeart. 198 CP

Comportement public choquant (poursuivi d'office)

Ce qui doit être réuni

  • Un acte d'ordre sexuel ou un propos obscène
  • Le fait de causer un scandale public (exhibitionnisme)
  • Ou le fait d'importuner directement une personne
  • L'intention de l'auteur d'agir de la sorte

Exemples concrets

  • Un individu s'exhibe ou se masturbe devant vous dans un lieu public.
  • Vous recevez des photos de parties intimes sans votre consentement.
  • Une personne vous adresse des propos sexuels explicites et choquants dans la rue.

02La procédure, pas à pas

  1. 1

    Se mettre en sécurité

    Éloignez-vous immédiatement et appelez le 117 en cas de danger.

  2. 2

    Préserver les preuves

    Faites des captures d'écran des messages ou photos.

  3. 3

    Chercher des témoins

    Notez les coordonnées des personnes ayant assisté à la scène.

  4. 4

    Déposer plainte

    Rendez-vous dans un poste de police pour faire enregistrer votre déclaration.

  5. 5

    Demander de l'aide

    Contactez un centre LAVI pour un soutien psychologique gratuit.

03Le délai à respecter

Pour l'importunité (propos obscènes, messages), vous disposez de 3 mois dès le jour où vous connaissez l'auteur pour déposer plainte (art. 31 CP). Si ce délai est dépassé, la justice ne pourra plus agir. En revanche, si l'acte a causé un scandale public (exhibitionnisme), la poursuite s'exerce d'office : aucune plainte formelle n'est requise et vous pouvez dénoncer les faits à la police à tout moment.

À faire

  • Captures d'écran des messages, photos ou vidéos reçus.
  • Témoignages des personnes présentes lors des faits.
  • Signalement détaillé de l'auteur (physique, vêtements, fuite).
  • Images de vidéosurveillance (à requérir rapidement par la police).

À éviter

  • Effacer les messages ou bloquer l'auteur avant d'avoir sauvegardé les preuves.
  • Minimiser les faits en pensant que la police ne prendra pas votre cas au sérieux.
  • Laisser passer le délai strict de 3 mois si l'infraction se poursuit sur plainte.
  • Confronter physiquement l'auteur, au risque d'une escalade de la violence.

04Où déposer, selon votre canton

  • Dans le canton de GenèveBrigade des mœurs ou tout poste de police de proximité.
  • Dans le canton de VaudDépôt dans les Centres de Gendarmerie ou polices communales.
  • Dans le canton de FribourgConsultation LAVI recommandée avant ou après le dépôt au poste.
  • Dans les cantons de Neuchâtel et du JuraPossibilité de signaler les faits à la police cantonale.

05Qui peut porter plainte, et le retrait

Qui a le droit de porter plainte

Si vous avez été directement ciblé et importuné, le droit de plainte vous appartient en tant que victime. Si la victime est mineure ou sous curatelle de portée générale, son représentant légal peut également agir. Lorsqu'il s'agit d'un scandale public (exhibitionnisme), n'importe quel témoin peut dénoncer les faits à la police pour déclencher la procédure d'office.

Peut-on retirer sa plainte ?

Oui, vous pouvez retirer votre plainte pénale tant que le jugement de deuxième instance n'a pas été prononcé (art. 33 CP). Ce retrait est définitif. Cependant, si les faits relèvent du scandale public (poursuite d'office), le retrait n'arrêtera pas la procédure : le Ministère public continuera ses investigations malgré votre décision.

06Après la plainte

Une fois la plainte enregistrée ou les faits dénoncés, la police mène ses investigations pour identifier l'auteur de l'outrage.

  • Audition du suspect et des éventuels témoins.
  • Saisie des appareils électroniques s'il s'agit de cyberharcèlement.
  • Transmission du dossier au Ministère public.
  • Condamnation par ordonnance pénale (amende) si les faits sont établis.

En vous constituant partie plaignante, vous serez tenu informé de l'avancée de la procédure et pourrez faire valoir vos droits.

L'avis de JuriUp

Une erreur fréquente, notamment face à l'envoi d'images intimes non sollicitées, consiste à bloquer et effacer immédiatement le contenu sous le coup du dégoût. Le réflexe utile est de réaliser systématiquement des captures d'écran avant toute autre manipulation, car ces éléments constituent la preuve principale du comportement importun.

Il est conseillé de solliciter un centre LAVI pour vous faire conseiller en toute confidentialité. Par ailleurs, si les actes ont lieu dans un cadre professionnel, une action contre votre employeur peut également être envisagée au titre de la protection de la personnalité.

07Questions fréquentes

L'outrage à la pudeur (art. 198 CP) punit le fait de causer un scandale en se livrant à des actes d'ordre sexuel (exhibitionnisme) ou le fait d'importuner autrui par des actes ou des propos obscènes.

Si vous avez été directement importuné, vous disposez de 3 mois dès la connaissance de l'auteur. Si l'acte a causé un scandale public (exhibitionnisme), la poursuite a lieu d'office et il n'y a pas de délai.

Non, le dépôt d'une plainte pénale à la police ou au Ministère public est une démarche totalement gratuite en Suisse.

Oui. L'envoi d'images de nature sexuelle sans votre consentement constitue un outrage à la pudeur par importunité. Vous avez 3 mois pour agir.

Il n'est généralement pas possible de déposer une plainte pénale de manière anonyme. Cependant, vos coordonnées peuvent être protégées lors de la procédure si vous êtes victime d'infractions contre l'intégrité sexuelle.

L'auteur d'un outrage à la pudeur en Suisse s'expose à une amende. Toutefois, si les actes sont plus graves, des peines privatives de liberté peuvent être prononcées sous d'autres qualifications pénales.

Contenu vérifié par l'équipe juridique JuriUp

Contenu rédigé et vérifié par l'équipe juridique JuriUp sur la base du Code pénal, du Code de procédure pénale et des sources officielles citées.

Le rôle d'un professionnel du droit

L'intervention d'un professionnel du droit n'est pas obligatoire pour déposer plainte, mais elle s'avère souvent précieuse pour qualifier juridiquement les actes. La frontière entre un simple outrage à la pudeur (puni d'une amende) et une infraction sexuelle plus grave requiert une analyse fine. Un juriste ou un avocat veille à ce que votre déclaration reflète la réalité des faits et que les preuves soient sécurisées dans les délais.

De plus, en se tenant à vos côtés, le professionnel du droit vous assiste en tant que partie plaignante tout au long de l'instruction. Cela vous évite d'affronter seul le système pénal et vous permet de faire valoir efficacement vos droits sans avoir à maîtriser les subtilités du Code de procédure pénale.

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Cette page est fournie à titre d'information générale sur le droit suisse et ne constitue pas un conseil juridique ; elle ne saurait engager la responsabilité de JuriUp. Chaque situation est particulière : pour agir, faites analyser la vôtre par un juriste ou un avocat. En cas d'urgence ou de danger, contactez la police (117).

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