Actions ou bons de participation : que choisir pour sa SA en Suisse ?
Comparatif vérifié par JuriUp Mis à jour le 9 septembre 2026 Droit suisse
Choisissez les actions si vous souhaitez associer pleinement vos investisseurs aux décisions de la société, en leur accordant le droit de vote à l'assemblée générale (art. 620 CO). Choisissez les bons de participation pour lever des fonds ou intéresser vos employés aux bénéfices, sans diluer votre pouvoir de contrôle (art. 656a CO).
- Droit de vote : exclusif aux actions, totalement absent des bons de participation.
- Droits patrimoniaux : droit au dividende identique pour les deux titres.
- Limite légale : le capital de bons de participation ne peut excéder le double du capital-actions.
- Employés : le bon de participation est l'outil idéal pour les plans d'intéressement (ESOP).
Actions ou Bons de participation : le face-à-face
Comparatif indicatif : les montants et démarches peuvent varier selon votre situation.
Quel choix pour votre situation
Actions si vous…
- Vous levez des fonds auprès d'investisseurs qui exigent un siège au conseil d'administration ou un poids réel dans les décisions.
- Vous fondez la société et devez détenir le pouvoir décisionnel formel.
- Vous souhaitez octroyer des actions à droit de vote privilégié à certains associés actifs.
Bons de participation si vous…
- Vous souhaitez récompenser et fidéliser vos employés clés (plan d'intéressement) sans qu'ils ne siègent à l'assemblée générale.
- Vous avez besoin d'injecter des liquidités fraîches tout en gardant 100 % du contrôle stratégique de votre entreprise.
- Vous voulez faciliter la transmission familiale en donnant les bénéfices à certains enfants et le contrôle exclusif à d'autres.
Comprendre les différences
Ce qui change vraiment
Lors de la structuration de votre société anonyme, le choix entre l’émission de nouvelles actions et de bons de participation modifie radicalement la gouvernance. L’action classique, régie par l’article 620 du Code des obligations, est un titre de participation complet: elle offre un rendement financier et un pouvoir de décision à l’assemblée générale. Le bon de participation, encadré par l’article 656a du Code des obligations, est un titre hybride. Il garantit exactement les mêmes avantages financiers que l’action (dividendes et boni de liquidation), mais ampute l’investisseur de son droit de vote. Ce choix est donc une question de contrôle et de pouvoir au sein du droit des sociétés suisse. En optant pour les bons de participation, les fondateurs s’assurent que la vision à long terme de l’entreprise n’est pas perturbée par une multitude de petits porteurs qui pourraient freiner les décisions importantes ou bloquer l’évolution de la structure.
L’outil favori des plans d’intéressement
Les bons de participation sont particulièrement prisés par les PME et les start-ups qui souhaitent récompenser financièrement leurs collaborateurs. En distribuant des bons plutôt que des actions, les fondateurs fidélisent leur équipe sans avoir à convoquer chaque employé formellement lors des assemblées générales. Cela permet de conserver une gouvernance agile et d’éviter les blocages décisionnels, tout en motivant le personnel. Pour encadrer cette pratique, il est fortement recommandé de rédiger une convention d’actionnaires solide afin de définir les conditions de rachat en cas de départ d’un employé. La mise en place de clauses de rachat permet de s’assurer que les titres retournent à la société ou aux fondateurs si la collaboration s’arrête prématurément, évitant ainsi la dispersion du capital.
Le plafond légal à respecter
Contrairement au capital-actions qui peut être augmenté sans plafond absolu, le capital de participation est soumis à une restriction légale stricte. La loi suisse impose que la somme totale des bons de participation ne dépasse pas le double du capital-actions inscrit au registre du commerce. Si vous avez besoin de lever massivement des fonds, cette limite peut vous obliger à procéder d’abord à une augmentation de capital sous forme d’actions pour pouvoir émettre de nouveaux bons par la suite. Cette procédure exige l’intervention d’un notaire pour constater formellement l’augmentation du capital. Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que les titulaires de bons de participation bénéficient d’un droit de souscription préférentiel en cas de nouvelle émission, de la même manière que les actionnaires classiques.
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Les pièges à éviter
- Oublier que les titulaires de bons de participation conservent des droits protecteurs pour attaquer certaines décisions de l'assemblée générale en justice.
- Dépasser la limite stricte de la loi : le capital de participation ne peut excéder le double du capital-actions.
- Confondre les bons de participation avec les bons de jouissance, qui n'ont pas de valeur nominale et s'apparentent à une simple créance.
Un cas concret
Exemple vécu
Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse
Marc et Sophie dirigent une SA dans le canton de Vaud et souhaitent fidéliser leurs trois meilleurs développeurs informatiques. Pour éviter que ces derniers ne bloquent les décisions stratégiques à l'assemblée générale, ils écartent la distribution d'actions classiques. Ils optent pour la création de bons de participation : les développeurs reçoivent ainsi des dividendes sur les bénéfices, tandis que les fondateurs conservent le contrôle exclusif de la société.
Les bases légales
Questions fréquentes
Oui, c'est tout à fait possible. L'assemblée générale peut décider de convertir des bons de participation en actions ordinaires, moyennant une modification formelle des statuts par acte authentique devant un notaire.
Absolument. Le titulaire d'un bon de participation a exactement les mêmes droits patrimoniaux, comme le droit au dividende ou la part au bénéfice de liquidation, qu'un actionnaire classique de la société.
Le bon de participation a une valeur nominale et fait partie du capital propre de la société. Le bon de jouissance ne représente quant à lui aucune valeur nominale et s'apparente plutôt à un droit purement contractuel sur les bénéfices futurs.
Non, la loi suisse ne prévoit pas de bons de participation pour la Sàrl. Dans une Sàrl, on utilise uniquement des parts sociales, bien que l'on puisse recourir aux bons de jouissance dans certains cas spécifiques.
Oui. La création de bons de participation nécessite une augmentation du capital de participation, ce qui requiert une décision formelle de l'assemblée générale actée par un notaire public.
En principe non, sauf si les statuts de la société le prévoient expressément. Toutefois, même s'il est autorisé à y assister, il n'aura de toute façon pas le droit de voter les décisions.
L’avis de l’équipe JuriUp
Equipe JuriUp
Juristes & avocats partenaires - droit suisse
Le bon de participation est souvent qualifié d’« action sans droit de vote ». C’est une définition réductrice mais particulièrement parlante dans le monde des affaires. Dans la pratique, un juriste ou un avocat JuriUp conseille systématiquement cet outil aux start-ups et PME qui souhaitent mettre en place un plan d’intéressement pour leurs salariés clés. Le critère décisif que les fondateurs sous-estiment est la simplicité de gouvernance : avec des bons de participation, vous évitez d’avoir des dizaines de petits actionnaires à convoquer formellement à chaque assemblée générale, ce qui ralentit considérablement la prise de décision. L’erreur de choix classique consiste à confondre ce titre avec les bons de jouissance, qui obéissent à des règles comptables et fiscales totalement différentes.
Sources officielles
Informations vérifiées le 9 septembre 2026
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Ce comparatif fournit une information juridique générale sur le droit suisse et ne remplace pas un conseil personnalisé : le bon choix dépend de votre situation précise. Faites-la valider par un professionnel via JuriUp.