Que faire si mon employeur refuse de me délivrer mon certificat de travail ?
Votre employeur a l’obligation légale de vous remettre un certificat de travail (art. 330a CO). S’il refuse, mettez-le en demeure par écrit avec un délai clair, puis saisissez le tribunal des prud’hommes : la procédure est gratuite jusqu’à 30 000 CHF de valeur litigieuse.
Votre employeur a l’obligation légale de vous remettre un certificat de travail (art. 330a CO). S’il refuse, mettez-le en demeure par écrit avec un délai clair, puis saisissez le tribunal des prud’hommes : la procédure est gratuite jusqu’à 30 000 CHF de valeur litigieuse.
Délai légal
Jusqu’à 10 ans (art. 127 CO)
Urgence
À anticiper
Coût
Gratuit jusqu’à 30 000 CHF de litige
Qui contacter
Tribunal des prud’hommes du canton
Comprendre votre situation
À la fin (ou même en cours) des rapports de travail, tout salarié peut exiger de son employeur un certificat de travail. Cette obligation découle directement de l’article 330a du Code des obligations : elle ne dépend ni de la durée d’engagement, ni du motif de départ, ni de l’existence d’un litige. Un refus de l’employeur est donc, dans l’immense majorité des cas, contraire à la loi.
Le certificat dit « complet » porte sur la nature et la durée des rapports de travail, ainsi que sur la qualité du travail et la conduite du salarié. Si vous le préférez, vous pouvez demander à la place une simple attestation de travail, limitée aux dates et à la fonction occupée. Le document doit être à la fois véridique, complet et rédigé avec bienveillance.
Un refus persistant, un certificat volontairement vague ou des formulations « codées » (mentions négatives déguisées) ouvrent droit à une action. Avant d’en arriver là, une démarche écrite structurée suffit le plus souvent à débloquer la situation. Pour un panorama complet de vos droits, consultez notre dossier droit du travail en Suisse.
Ce que dit la loi
- Art. 330a CODroit du travailleur à un certificat de travail complet
- Art. 330a al. 2 COPossibilité d’exiger une simple attestation (dates et fonction)
- Art. 127 COPrescription décennale de la créance en délivrance du certificat
- Art. 2 CCPrincipe de la bonne foi : le certificat doit être véridique et bienveillant
Vos droits
- Obtenir un certificat de travail complet à la fin des rapports de travail
- Demander, à la place, une attestation de travail simple (dates et fonction)
- Exiger un document véridique, complet et rédigé avec bienveillance
- Demander la rectification d’un certificat inexact, incomplet ou « codé »
- Réclamer un certificat intermédiaire pendant les rapports de travail
- Faire valoir ce droit jusqu’à 10 ans après la fin du contrat
Les étapes à suivre
Demandez le certificat par écrit
Adressez à votre employeur une demande écrite (e-mail ou courrier) précisant que vous sollicitez un certificat de travail complet au sens de l’art. 330a CO, et fixez un délai raisonnable de réponse (10 à 14 jours).
Mettez l’employeur en demeure
Sans réponse dans le délai, envoyez une mise en demeure par lettre recommandée rappelant l’obligation légale et annonçant une action devant le tribunal des prud’hommes à défaut de délivrance.
Rassemblez vos preuves
Conservez votre contrat, vos fiches de salaire, vos échanges et toute pièce attestant des dates, de la fonction et de la qualité de votre travail. Ces éléments faciliteront la rédaction ou la rectification du certificat.
Saisissez l’autorité de conciliation
Déposez une requête de conciliation auprès de l’autorité compétente de votre canton. La conciliation est obligatoire et gratuite ; elle aboutit fréquemment à la remise du certificat.
Portez l’affaire devant les prud’hommes
En cas d’échec, saisissez le tribunal des prud’hommes. Pour les litiges de droit du travail jusqu’à 30 000 CHF, la procédure est gratuite et l’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire.
Votre employeur refuse votre certificat de travail ?
Décrivez votre situation en quelques minutes : un juriste qualifié vous indique la marche à suivre et peut rédiger la mise en demeure à votre place. Réponse sous 24h.
Les erreurs à éviter
- Attendre des mois sans jamais formaliser la demande par écrit
- Accepter un certificat « codé » ou volontairement vague sans réagir
- Renoncer à demander la rectification dans un délai raisonnable
- Oublier de réclamer une attestation intermédiaire lorsque le litige s’éternise
- Menacer ou dénigrer l’employeur, ce qui dessert votre crédibilité en procédure
L’avis de l’équipe JuriUp
Dans notre pratique, neuf refus sur dix se débloquent dès la mise en demeure écrite : l’employeur réalise que l’obligation est claire et que la procédure de conciliation ne lui coûtera que du temps. Conservez systématiquement une trace écrite de chaque étape – c’est votre meilleur atout.
Notre conseil : ne vous contentez pas d’un certificat « propre » mais creux. Un document trop court ou aux formulations ambiguës peut nuire autant qu’un refus. Si une mention vous paraît codée, demandez-en la rectification avant de l’utiliser dans vos candidatures. En cas de doute, faites relire votre certificat par un juriste : un regard expert distingue immédiatement une formulation neutre d’une critique déguisée.
L’équipe juridique JuriUp
Juristes & avocats partenaires · droit du travail suisse
Questions fréquentes
Non. L’article 330a CO impose à l’employeur de délivrer un certificat de travail à la demande du salarié, quelle que soit la durée d’engagement ou le motif de départ. Un refus est contraire à la loi et peut être contesté devant le tribunal des prud’hommes.
Le certificat complet porte sur la nature, la durée des rapports, la qualité du travail et la conduite. L’attestation simple se limite aux dates et à la fonction occupée. C’est le salarié qui choisit lequel des deux il souhaite recevoir.
Vous pouvez exiger sa rectification. Le certificat doit être véridique et bienveillant : les formulations négatives déguisées sont admissibles uniquement si elles correspondent à des faits avérés et importants. À défaut d’accord, le juge peut ordonner la correction.
La créance se prescrit par dix ans (art. 127 CO). Il est toutefois fortement conseillé d’agir rapidement après la fin des rapports de travail, tant que les faits sont récents et les interlocuteurs disponibles.
Pour les litiges relevant du droit du travail dont la valeur ne dépasse pas 30 000 CHF, la procédure est gratuite (pas de frais judiciaires) et l’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire.
Oui. Un salarié peut demander un certificat intermédiaire pendant les rapports de travail, par exemple en cas de changement de supérieur, de réorganisation ou de recherche d’un nouvel emploi.
Ressources utiles
Sources
- Code des obligations, art. 330a (Fedlex)
- Le certificat de travail - portail officiel ch.ch
- SECO - Conditions de travail en Suisse
Dernière mise à jour : 18 juin 2026
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Ce guide fournit une information juridique générale concernant le droit suisse et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation étant particulière, faites valider votre cas par un professionnel via JuriUp.