Valeur à neuf
La valeur à neuf est la somme qu'il faut pour racheter un objet neuf équivalent à celui qui a été volé ou détruit.
Définition et explication
La valeur à neuf désigne, en assurance ménage, le prix qu’il faut payer pour racheter un objet neuf équivalent. Elle s’oppose à la valeur actuelle, qui déduit la dépréciation due à l’âge et à l’usure.
La loi sur le contrat d’assurance (LCA) ne définit pas cette expression. Le contrat et les conditions générales d’assurance (CGA) la définissent. C’est donc là que vous devez chercher la réponse exacte.
Deux règles de la LCA expliquent pourtant pourquoi le montant versé peut rester inférieur à votre dommage :
- Le plafond de la somme assurée. À moins que le contrat ou la loi n’en dispose autrement, l’entreprise d’assurance ne répond du dommage que jusqu’à concurrence de la somme assurée (art. 51a al. 1 LCA).
- La sous-assurance. Si la somme assurée n’atteint pas la valeur de remplacement, le dommage est réparé, sauf convention contraire, dans la proportion qui existe entre la somme assurée et la valeur de remplacement (art. 51a al. 2 LCA).
D’autres causes d’écart relèvent du contrat : la vétusté, l’obligation de remplacer l’objet, la franchise. Les assureurs prévoient souvent que l’indemnité se limite à la valeur actuelle si l’objet n’est pas remplacé ou réparé. Les seuils varient d’un assureur à l’autre.
Si la valeur d’assurance diminue de façon essentielle pendant le contrat, chaque partie peut exiger la réduction correspondante de la somme assurée (art. 50 al. 1 LCA). À l’inverse, une somme assurée supérieure à la valeur d’assurance n’apporte aucun profit. Si le contrat a été conclu pour se procurer un profit illicite, l’assureur n’est pas lié (art. 51 LCA).
Pour un dégât d’eau dans un logement loué, voyez aussi notre page sur la fuite d’eau en location et la prise en charge des réparations.
Quand la valeur à neuf joue-t-elle un rôle ?
Elle joue un rôle après un sinistre couvert par votre assurance ménage : dégât d’eau, cambriolage, incendie. Elle sert à calculer ce que l’assureur vous verse pour les objets détruits ou volés.
Elle compte surtout dans trois situations :
- Votre contrat prévoit une indemnisation à la valeur à neuf, et vous voulez savoir pourquoi le montant reçu est plus bas.
- Vous avez acheté du mobilier depuis la conclusion du contrat, et votre somme assurée n’a pas suivi. Une sous-assurance réduit alors l’indemnité en proportion (art. 51a al. 2 LCA).
- L’assureur applique une vétusté ou limite l’indemnité à la valeur actuelle, car l’objet n’a pas été remplacé.
Relisez votre police et les CGA. Elles fixent les conditions exactes. Si un désaccord persiste, un avocat peut évaluer votre dossier. Gardez aussi un œil sur les délais : voyez l’outil délai de prescription.
Nadia S. et le montant versé après un cambriolage
Nadia S. est locataire. Elle subit un cambriolage et fait annoncer le sinistre à son assurance ménage. Son contrat prévoit une indemnisation à la valeur à neuf. Elle s’attend donc à recevoir le prix de rachat de ses objets neufs.
Elle reçoit pourtant moins. En relisant sa police, elle constate que sa somme assurée n’a pas été revue depuis longtemps. Or elle a racheté du mobilier et du matériel électronique entre-temps. Sa somme assurée est inférieure à la valeur de remplacement de l’ensemble de son mobilier.
Il s’agit d’une sous-assurance. Selon l’art. 51a al. 2 LCA, sauf convention contraire, le dommage est réparé dans la proportion entre la somme assurée et la valeur de remplacement. Si la somme assurée couvre par exemple la moitié de la valeur de remplacement, l’indemnité couvre en principe la moitié du dommage. Ce chiffre n’est qu’une illustration du principe.
Nadia S. vérifie aussi les CGA : certaines clauses limitent l’indemnité à la valeur actuelle tant que l’objet n’est pas remplacé. Elle demande ensuite à son assureur le détail de son calcul.
À retenir
Nadia S. subit un cambriolage. Son assurance ménage indemnise à la valeur à neuf, mais le montant versé est plus bas qu’attendu. Sa somme assurée n’a pas suivi ses achats : c’est une sous-assurance. Selon l’art. 51a al. 2 LCA, sauf convention contraire, le dommage est réparé dans la proportion entre la somme assurée et la valeur de remplacement. Elle relit ses CGA et demande le détail du calcul à son assureur.
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Questions fréquentes
Sources
- Loi fédérale sur le contrat d'assurance (LCA), art. 50 al. 1 : https://juriup.ch/lois/lca/art-50/ ; art. 51 : https://juriup.ch/lois/lca/art-51/ ; art. 51a al. 1 et 2 : https://juriup.ch/lois/lca/art-51a/