Bail commercial (Vaud/Valais, 2026): clause ‘chiffre d’affaires minimum’ et résiliation, comment négocier avant d’ouvrir

Bail commercial (Vaud/Valais, 2026): clause ‘chiffre d’affaires minimum’ et résiliation, comment négocier avant d’ouvrir

Rédaction juridique JuriUp Contenu vérifié · droit suisse
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Conseils juridiques Lecture : 8 min 23 juin 2026 Article informatif – ne remplace pas un avis personnalisé

Bail commercial : clause de chiffre d’affaires minimum et résiliation, que négocier avant d’ouvrir ?

Retail, restauration, kiosques, franchises : certains baux commerciaux dans le canton de Vaud et dans le canton du Valais contiennent des obligations d’ouverture et des clauses liées à la performance, dont un chiffre d’affaires minimum. Avant de signer, il vaut souvent mieux cadrer la preuve, les périodes, les exceptions et les conséquences, plutôt que de découvrir ces risques quand l’activité démarre.

Bail commercial Négociation Chiffre d’affaires minimum

Équipe JuriUp

Contenu préparé par JuriUp, avec l’appui d’experts juridiques partenaires en Suisse romande.

Approche pratique orientée bail commercial Mise à jour 2026
Vous êtes sur le point de signer un bail commercial pour un restaurant, une boutique ou un point de vente dans le canton de Vaud ou dans le canton du Valais, et une clause attire votre attention : « chiffre d’affaires minimum », « clause de performance », « obligation d’ouverture ». Sur le papier, cela peut sembler logique, surtout dans un centre commercial ou une zone très fréquentée. En pratique, ces clauses peuvent devenir un levier de pression important, avec des conséquences financières ou une résiliation si la période de démarrage est plus difficile que prévu.

Risque principal

Conséquences prévues au contrat

Point sensible

Preuve du chiffre d’affaires

Moment clé

Avant signature

Bon à savoir

En Suisse, le bail commercial repose largement sur le contrat et sur la liberté contractuelle. Cela signifie aussi que certaines clauses peuvent être très engageantes si elles sont rédigées de manière unilatérale. Une relecture avant signature vous évite souvent de négocier « sous stress » après l’ouverture.

1. Comprendre la clause de chiffre d’affaires minimum

Dans un bail commercial, une clause de chiffre d’affaires minimum vise généralement à garantir au bailleur qu’un certain niveau d’activité sera atteint. Elle peut être présentée comme un « objectif », mais la vraie question est ailleurs : quelles sont les conséquences prévues si l’objectif n’est pas atteint, et comment ce chiffre d’affaires est-il mesuré et contrôlé.

Les formes les plus courantes

  • Un chiffre d’affaires minimum à atteindre par période (par exemple par mois, trimestre ou année), parfois avec une montée en charge progressive.
  • Une part variable de loyer basée sur le chiffre d’affaires, avec parfois un minimum garanti.
  • Une clause qui autorise le bailleur à demander des preuves détaillées, voire un audit.
  • Une clause couplée à une obligation d’ouverture, qui rend la discussion encore plus sensible si vous envisagez un démarrage progressif.

Pourquoi cela se négocie

Une clause de performance peut être acceptable si elle est équilibrée, vérifiable et réaliste. Elle devient risquée si elle est floue, si le mode de calcul change, ou si la sanction est disproportionnée. Dans la plupart des cas, le contenu exact de la clause a plus d’impact que le principe lui-même. Si vous souhaitez revoir les bases générales d’un bail commercial, cela vous aidera à situer ces obligations dans l’ensemble du contrat.

Astuce JuriUp

Avant même de discuter du chiffre d’affaires minimum, demandez à voir une version complète du bail et de ses annexes. Dans le retail, les obligations de performance se trouvent parfois dans des documents séparés, comme un règlement du site ou une annexe « exploitation ».

2. Les risques pratiques en cas de non-atteinte

Le problème n’est pas seulement de « rater » un minimum. Le risque vient de l’effet en chaîne : pénalités contractuelles, adaptation du loyer, perte d’avantages, obligation de communication renforcée, ou menace de résiliation. Selon la rédaction, un mauvais trimestre peut vous poursuivre pendant toute la durée du bail.

Quand la clause se transforme en sanction

  • Résiliation anticipée possible selon les conditions prévues au contrat.
  • Majoration du loyer ou suppression d’un loyer variable au profit d’un minimum.
  • Activation d’une clause pénale en cas de non-respect d’un engagement chiffré.
  • Requalification du « test » en engagement ferme, parce que la clause est rédigée comme une obligation de résultat.

Le vrai sujet : preuve et contrôle

  • Définition du chiffre d’affaires : TVA incluse ou non, ventes en ligne, bons cadeaux, pourboires, plateformes de livraison.
  • Traitement des annulations et remboursements.
  • Accès du bailleur aux données : fréquence, format, confidentialité.
  • Qui paie et comment se passe un contrôle externe si un audit est prévu.

Attention au démarrage et aux travaux

Dans la restauration et les commerces avec aménagements lourds, la phase avant ouverture peut être longue. Si le bail commence avant l’ouverture effective, une clause de chiffre d’affaires minimum peut devenir impossible à respecter dès le début. Le sujet doit être cadré contractuellement, surtout si des autorisations, des travaux ou des retards de livraison sont plausibles.

3. Ce que vous devriez négocier avant de signer

Une bonne négociation ne consiste pas à supprimer toutes les obligations. Elle consiste à rendre la clause pilotable. L’objectif est simple : que vous sachiez exactement ce qui est attendu, comment c’est mesuré, et ce qui se passe si le marché ne répond pas comme prévu.

Les points à cadrer noir sur blanc

  • Période de référence et phase de lancement : prévoir une période de montée en charge, ou une première période sans minimum.
  • Définition du chiffre d’affaires : préciser les inclusions et exclusions, y compris les canaux digitaux et les plateformes.
  • Preuves : quel document fait foi, à quelle fréquence, sous quel format et avec quelles protections de confidentialité.
  • Exceptions : travaux imposés, accès restreint, chantier dans le site, décisions d’autorités, fermeture imposée, ou événements externes significatifs.
  • Conséquences graduées : avertissement, discussion, période de rattrapage, puis seulement ensuite mesures plus lourdes, plutôt qu’une sanction immédiate.

« Si la clause vous laisse une seule issue, payer plus ou partir, vous signez un risque qui ressemble à une option de sortie pour le bailleur, pas à un partenariat commercial. En 2026, avec des marchés qui bougent vite, c’est rarement une bonne idée. »

Équipe JuriUp

Dans la plupart des cas, les discussions avancent mieux quand vous arrivez avec des propositions concrètes plutôt qu’un refus global. Par exemple, vous pouvez demander une période d’observation, puis un mécanisme d’ajustement réaliste, lié à des données vérifiables. Si vous avez besoin d’un appui pour rédiger un avenant, un expert juridique peut vous aider à sécuriser les formulations.

Astuce JuriUp

Demandez que les obligations de performance soient regroupées dans une seule clause lisible, plutôt que dispersées. Cela réduit les contradictions et vous évite de découvrir, après signature, une annexe qui impose une sanction différente.

4. Clause d’ouverture et horaires : comment éviter les pièges

Beaucoup de baux commerciaux imposent une obligation d’ouverture, parfois avec des horaires minimaux, des jours d’ouverture obligatoires ou une présence continue. Cela peut être cohérent dans un centre commercial ou une zone de flux, mais il faut vérifier que cette obligation est compatible avec votre modèle, vos effectifs, votre saisonnalité et les règles locales.

Les risques classiques

  • Sanction contractuelle si vous fermez pour travaux, maladie, manque de personnel ou basse saison.
  • Obligation d’ouvrir même en cas de baisse drastique d’activité, ce qui peut accélérer les pertes.
  • Incohérences entre le bail et le règlement du site ou les règles de voisinage.
  • Clause qui assimile une fermeture temporaire à une inexécution grave du bail.

Ce que vous pouvez demander

Vous pouvez négocier une obligation d’ouverture « raisonnable » et des exceptions claires. Dans la plupart des cas, les discussions portent sur les périodes de vacances, les fermetures techniques, les cas de force majeure, et les situations où l’ouverture est objectivement contre-productive. Si le bail prévoit une résiliation liée à ces obligations, il est prudent de vérifier la cohérence de l’ensemble, y compris les modalités de notification et les étapes avant une rupture. Pour les questions générales de fin de bail, vous pouvez consulter la page JuriUp sur la résiliation du bail.

Vaud et Valais : attention aux usages et aux annexes

Dans le canton de Vaud et dans le canton du Valais, vous rencontrerez des pratiques contractuelles différentes selon les régions et selon qu’il s’agisse d’un local indépendant, d’une galerie commerciale ou d’un site géré par un opérateur. Le point critique est rarement « le canton », mais plutôt l’écosystème contractuel : bail, annexes, règlement d’exploitation, et parfois des clauses imposées par la gestion du site.

Si vous voulez ouvrir sereinement, la meilleure stratégie est d’obtenir un contrat qui prévoit un dialogue avant toute sanction et qui décrit précisément les éléments mesurables. C’est exactement le type de relecture où un avocat spécialisé en droit du bail ou un juriste orienté contrats fait gagner du temps et évite des mois de tension.

Résumé rapide à retenir

Une clause de chiffre d’affaires minimum est surtout risquée quand les conséquences sont lourdes et que la preuve est floue.
Négociez une phase de lancement et des exceptions réalistes liées à l’ouverture, aux travaux et aux aléas du marché.
Exigez une définition précise du chiffre d’affaires et un mécanisme de contrôle compatible avec la confidentialité.
Avant de signer, faites relire le bail. Après ouverture, il est souvent trop tard pour corriger les points structurants.

Vous signez un bail commercial avec une clause de performance ?

Décrivez votre projet et votre local, puis JuriUp vous met en relation avec un expert juridique adapté à votre situation dans le canton de Vaud ou dans le canton du Valais. Vous gagnez en clarté sur les risques, les marges de négociation et les formulations à sécuriser, avant d’ouvrir.

Questions fréquentes

  • Une clause de chiffre d’affaires minimum est-elle toujours valable en Suisse ?

    Selon la législation suisse, ce type de clause peut être prévu contractuellement dans un bail commercial. La question centrale est sa rédaction : définition du chiffre d’affaires, preuves, proportionnalité des conséquences et mécanisme de correction. Si la clause est déséquilibrée ou impraticable, il est conseillé de demander une relecture et une proposition d’ajustement via JuriUp.

  • Que faire si je ne peux pas ouvrir à la date prévue à cause de travaux ou d’autorisations ?

    En pratique, le plus sûr est d’anticiper ce scénario dans le bail, avec un démarrage du loyer adapté, une date d’ouverture flexible et des exceptions clairement prévues. Sans cela, vous pouvez vous retrouver en non-conformité dès le début, surtout si la clause de performance démarre avant l’ouverture effective. Un avocat spécialisé peut vous aider à négocier un avenant avant signature.

  • Le bailleur peut-il exiger mes relevés de caisse ou un audit de mon chiffre d’affaires ?

    Cela dépend du contrat. Certains baux prévoient des obligations de reporting, parfois détaillées. Il est recommandé de limiter ces accès aux informations strictement nécessaires, de prévoir une méthode de vérification claire et de renforcer la confidentialité. Si vous exploitez aussi des canaux digitaux, il faut clarifier ce qui est compté ou non.

  • Si je n’atteins pas le minimum, est-ce que je risque une résiliation immédiate ?

    Tout dépend de la clause et du mécanisme prévu. Certaines prévoient une phase d’avertissement ou une période de rattrapage, d’autres sont plus strictes. Comme les conséquences peuvent être importantes, il vaut mieux faire analyser le bail avant signature, surtout si l’investissement initial est élevé.

  • Comment négocier sans perdre le local, surtout si la demande est forte ?

    Le plus efficace est de proposer des ajustements qui protègent aussi l’intérêt du bailleur, par exemple une montée en charge, des seuils progressifs et un reporting simple. Avec JuriUp, vous pouvez obtenir rapidement un avis d’un expert juridique sur vos marges de négociation et sur les formulations à proposer, ce qui vous permet de rester crédible et factuel.

Textes officiels et ressources utiles

Dernière mise à jour : 23 juin 2026

Cet article est fourni à titre informatif par l’équipe JuriUp et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation étant unique, il est recommandé de consulter un avocat spécialisé ou un juriste compétent avant de signer un bail commercial, en particulier lorsqu’il existe une clause de chiffre d’affaires minimum ou une obligation d’ouverture. Pour démarrer, vous pouvez créer un dossier gratuit sur JuriUp et être orienté vers un expert juridique adapté. Pour explorer d’autres contenus, consultez le plan du site. Vous pouvez aussi lire nos analyses, par exemple cet article sur un arrêt du Tribunal fédéral, cette analyse en assurance-invalidité ou cet éclairage sur le double nom de famille.

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À propos de cet article

Rédigé par la Rédaction juridique JuriUp

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Dernière vérification 23 juin 2026
Sources Fedlex, Tribunal fédéral, Confédération suisse
Portée Information générale en droit suisse, ne remplace pas un avis personnalisé

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