Cas pratique · Droit du travail · Résiliation · Vaud

Grossesse pendant le délai de congé dans le canton de Vaud : le délai est suspendu

Dans le canton de Vaud comme dans toute la Suisse, si une grossesse débute pendant le délai de congé, ce délai est suspendu et ne reprend qu'après la grossesse et les 16 semaines suivant l'accouchement, une fois le temps d'essai écoulé (art. 336c al. 1 let. c et al. 2 CO). Il est prolongé jusqu'au prochain terme si nécessaire (art. 336c al. 3 CO). Informez l'employeur par écrit, avec un certificat médical.

Lecture 8 min
Urgence Forte
Durée totale dépend de l'autorité saisie et de l'attitude de l'employeur
Issue Résolution amiable

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Profil client Employé
Secteur Commerce de détail
Contexte Femme de 31 ans, en couple, premier enfant attendu
Région Vaud

La situation

Contexte initial

Céline V., 31 ans, travaille depuis plus de deux ans comme vendeuse dans un commerce de détail de Lausanne, pour un salaire mensuel de CHF 4’200. Son employeur lui remet une lettre de licenciement ordinaire, en invoquant une réorganisation du magasin. Le délai de congé prévu est de deux mois pour la fin d’un mois (art. 335c al. 1 CO).

L'élément déclencheur

Quelques semaines après la réception de la lettre, alors que le délai de congé court encore, Céline V. apprend qu’elle est enceinte. Son médecin situe le début de la grossesse après la date de la lettre. Son employeur continue pourtant de compter une fin de contrat à la date initialement annoncée.

Les enjeux

Financiers

Perte d'un salaire mensuel de CHF 4'200 à la date de fin de contrat annoncée, au moment où la naissance approche

Humains

Anxiété à l'approche de l'accouchement et crainte de ne pas retrouver d'emploi avec un nouveau-né

Délai critique

Le délai de congé qui court est suspendu dès le début de la grossesse et ne reprend qu'après la fin de la période de protection (art. 336c al. 2 CO). Informez l'employeur par écrit sans attendre, certificat médical à l'appui. Si vous contestez aussi le congé comme abusif, l'opposition écrite doit parvenir à l'employeur au plus tard à la fin du délai de congé (art. 336b al. 1 CO), et l'action doit être introduite dans les 180 jours à compter de la fin du contrat (art. 336b al. 2 CO).

Analyse juridique

Bases légales applicables

  • Art. 336c al. 1 let. c CO : après le temps d’essai, l’employeur ne peut pas résilier le contrat pendant la grossesse et au cours des seize semaines qui suivent l’accouchement
  • Art. 336c al. 2 CO : si le congé a été donné avant cette période et que le délai de congé n’a pas expiré avant elle, ce délai est suspendu et ne continue à courir qu’après la fin de la période
  • Art. 336c al. 3 CO : si la fin des rapports de travail doit coïncider avec un terme (par exemple la fin d’un mois) qui ne correspond pas à la fin du délai de congé, ce délai est prolongé jusqu’au prochain terme
  • Art. 335c al. 1 CO : délais de congé après le temps d’essai (un mois la première année de service, deux mois de la deuxième à la neuvième)
  • Art. 336a et 336b CO : indemnité en cas de congé abusif et opposition écrite
  • Art. 197 ss CPC : tentative de conciliation
  • Art. 114 let. c CPC : pas de frais judiciaires dans les litiges de travail dont la valeur litigieuse ne dépasse pas CHF 30’000

Texte du CO : fedlex.admin.ch, art. 336c CO.

Droits du client

Si vous êtes enceinte pendant que court votre délai de congé, ce délai est suspendu. Il ne recommence à courir qu’à la fin de la grossesse et des 16 semaines qui suivent l’accouchement, une fois le temps d’essai écoulé (art. 336c al. 1 let. c et al. 2 CO). Le congé donné avant la grossesse reste valable, mais la date de fin du contrat est repoussée. Si cette date ne tombe pas sur la fin d’un mois, le délai est prolongé jusqu’au prochain terme (art. 336c al. 3 CO).

Obligations de la partie adverse

L’employeur ne peut pas faire cesser le contrat à la date initialement annoncée, puisque le délai de congé est suspendu pendant la période de protection (art. 336c al. 2 CO). Il reste tenu de verser le salaire tant que le contrat dure. Pour mettre fin au contrat après la protection, le délai reprend son cours et est prolongé jusqu’au prochain terme si nécessaire (art. 336c al. 3 CO).

Délais légaux à respecter

  • Protection : pendant la grossesse et 16 semaines après l’accouchement (art. 336c al. 1 let. c CO)
  • Délai de congé en cours : suspendu pendant cette période, puis reprise du délai restant (art. 336c al. 2 CO)
  • Prolongation jusqu’au prochain terme si la fin du délai ne coïncide pas avec la fin d’un mois (art. 336c al. 3 CO)
  • Si vous contestez aussi le congé comme abusif : opposition écrite au plus tard jusqu’à la fin du délai de congé (art. 336b al. 1 CO), puis action dans les 180 jours à compter de la fin du contrat (art. 336b al. 2 CO)

Stratégie déployée

Options envisagées

Trois pistes s’offraient à Céline V. :

  • Ne rien dire et laisser l’employeur considérer que le contrat prend fin à la date annoncée : à écarter, puisque le délai de congé est suspendu.
  • Informer l’employeur par écrit, certificat médical joint, et lui demander de confirmer la suspension du délai et la nouvelle date de fin du contrat.
  • Saisir la justice par une requête de conciliation si l’employeur refuse de reconnaître la suspension.
Option retenue

Courrier recommandé avec certificat médical, puis requête de conciliation en cas de refus

Justification du choix

Le délai de congé étant suspendu par la loi (art. 336c al. 2 CO), un courrier écrit fixe la position de Céline V., date son information et conserve la preuve de sa démarche. Elle y demande à l’employeur de confirmer par écrit que le contrat se poursuit et que le délai ne reprendra qu’après la période de protection.

Intervenants externes

Tribunal de prud'hommes compétent selon le lieu de travail Avocat spécialisé en droit du travail

Étapes de la procédure

  1. Faire établir un certificat médical de grossesse et conserver la lettre de congé avec la preuve de sa date de réception.
  2. Informer l’employeur par lettre recommandée, certificat joint, et demander la confirmation écrite de la suspension du délai de congé.
  3. Si l’employeur refuse, déposer une requête de conciliation (art. 197 ss CPC) auprès de l’autorité de conciliation compétente en matière de contrat de travail dans le canton de Vaud.
  4. Si la conciliation échoue, saisir le tribunal compétent dans le délai que fixe la procédure, sans dépasser le délai de 180 jours de l’art. 336b al. 2 CO si une indemnité pour congé abusif est aussi demandée.

Résultat obtenu

Résolution amiable

Dans le cas de Céline V., l'employeur reconnaît la suspension après réception du courrier et confirme par écrit que le contrat se poursuit. Le salaire de CHF 4'200 continue d'être versé. Les résultats varient selon les circonstances de chaque dossier.

Durée totale : dépend de l'autorité saisie et de l'attitude de l'employeur

Enseignements clés

Un congé reçu avant la grossesse reste valable, mais son délai est suspendu dès que la grossesse débute pendant ce délai (art. 336c al. 2 CO). Informez l’employeur par écrit, avec un certificat médical, pour faire reconnaître la nouvelle date de fin du contrat. Les frais judiciaires sont gratuits pour un litige de travail jusqu’à CHF 30’000 (art. 114 let. c CPC), mais pas les honoraires d’avocat. L’issue dépend des circonstances de chaque situation.

Comment éviter cette situation

Signaux d'alerte

  • L’employeur maintient la date de fin de contrat après l’annonce de la grossesse
  • Un nouveau décompte de salaire final est établi malgré votre certificat médical
  • On vous propose de signer rapidement une convention de départ

Bonnes pratiques

  • Conserver la lettre de congé et la preuve de sa date de réception
  • Informer l’employeur par écrit, par lettre recommandée, avec un certificat médical
  • Demander la confirmation écrite de la nouvelle date de fin du contrat
  • Consulter un avocat avant de signer tout document

Erreurs courantes à éviter

  • Croire que le congé devient nul : s’il a été donné avant la grossesse, il reste valable mais son délai est suspendu
  • Signer une convention de départ sans la faire examiner
  • Attendre la date de fin annoncée avant de réagir
  • Croire la protection valable pendant le temps d’essai : le texte la prévoit seulement après le temps d’essai

Points clés à retenir

  • Congé donné avant la grossesse : valable, mais délai suspendu (art. 336c al. 2 CO)
  • Protection pendant la grossesse et 16 semaines après l’accouchement (art. 336c al. 1 let. c CO)
  • Prolongation jusqu’au prochain terme si nécessaire (art. 336c al. 3 CO)
  • Informer l’employeur par écrit, certificat médical joint

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Questions fréquentes

Non, il est suspendu. Si vous tombez enceinte pendant que court votre délai de congé, ce délai s’arrête et ne reprend qu’après la grossesse et les 16 semaines qui suivent l’accouchement, une fois le temps d’essai écoulé (art. 336c al. 1 let. c et al. 2 CO).

Non. Le congé donné avant la grossesse reste valable : seule sa date d’effet est repoussée. La nullité (art. 336c al. 2 CO) vise le congé donné pendant la période de protection.

Si le contrat doit cesser à un terme, par exemple la fin d’un mois, et que ce terme ne correspond pas à la fin du délai qui reprend après la suspension, le délai est prolongé jusqu’au prochain terme (art. 336c al. 3 CO).

Seulement si le congé est en plus abusif. L’indemnité est alors fixée par le juge, au maximum à six mois de salaire (art. 336a CO). Pour la demander, vous devez faire opposition par écrit au plus tard jusqu’à la fin du délai de congé, puis agir en justice dans les 180 jours à compter de la fin du contrat (art. 336b CO). Un avocat évaluera si elle s’applique à votre situation.

Il n’est pas perçu de frais judiciaires dans la procédure au fond pour les litiges portant sur un contrat de travail dont la valeur litigieuse n’excède pas CHF 30’000 (art. 114 let. c CPC). Les honoraires d’avocat restent à votre charge.

La procédure débute par une requête de conciliation (art. 197 ss CPC), adressée à l’autorité de conciliation compétente en matière de contrat de travail. Renseignez-vous sur le tribunal de prud’hommes compétent selon votre lieu de travail. Prochaine étape : informez d’abord l’employeur par écrit, certificat médical joint.

Sources et références

  • CO art. 335c, 336a, 336b, 336c : https://juriup.ch/lois/co/art-336c/ ; CPC art. 114, 197 : https://juriup.ch/lois/cpc/art-114/

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Cas pratique fictif. Ce dossier est présenté à titre purement illustratif pour exemplifier ce type de scénario juridique. Les noms, situations, montants et détails ont été inventés. Toute ressemblance avec une situation réelle serait fortuite. Pour un avis juridique adapté à votre situation, consultez un juriste ou un avocat.

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Vérifiez le délai de congé applicable à votre situation

Cet outil applique les règles sur le délai de congé et sur la suspension du délai en cas de grossesse (art. 335c et 336c CO). Il permet d'estimer la date à laquelle un contrat pourrait prendre fin dans une situation comparable à celle décrite ici.

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  • Art. 335b et 335c CO
  • Périodes de protection
  • Ancienneté au jour près
Base légale
Art. 335-336d CO
Durée
~ 1 minute
À jour
Septembre 2026

Chaque situation est différente. Le résultat est une estimation fondée sur les règles générales : il dépend des circonstances de votre dossier et ne remplace pas l’avis personnalisé d’un avocat ou d’un juriste.

Votre situation
Art. 336c CO : après le temps d'essai, le congé donné par l'employeur pendant une période de protection est nul.
Détail
Réponse en 48 h ouvrées Données protégées (nLPD / RGPD) Suisse romande
Estimation indicative - Les délais légaux (art. 335c CO) sont des minimums. Votre contrat ou CCT peut prévoir des délais plus longs. La résiliation doit être reçue avant le début du délai (en général, avant la fin du mois précédent). Un congé donné par l'employeur en temps inopportun (art. 336c CO) est nul ; une incapacité survenant pendant le délai de congé le suspend et reporte la fin au prochain terme (art. 336c al. 2 et 3 CO), ce que ce calcul n'intègre pas.
01 - Comprendre

Comment se calcule le délai de congé d’un contrat de travail

Un contrat de travail de durée indéterminée peut être résilié par chacune des parties (art. 335 al. 1 CO). Il faut respecter un délai de congé, qui dépend de l’année de service, et un terme, en principe la fin d’un mois.

Les délais légaux. Le contrat peut être résilié pour la fin d’un mois moyennant un délai d’un mois pendant la première année de service, de deux mois de la deuxième à la neuvième année et de trois mois ultérieurement (art. 335c al. 1 CO). La première année de service se termine la veille de la date anniversaire de l’engagement : une personne engagée le 1er mars 2017 est entrée dans sa 10e année de service le 1er mars 2026, et bénéficie dès ce jour d’un délai de trois mois.

La réception du congé. Le congé est une déclaration qui prend effet lorsqu’elle parvient à son destinataire. Il doit être reçu au plus tard le dernier jour du mois qui précède le début du délai. Avec un délai de deux mois, un congé reçu le 30 avril met fin au contrat le 30 juin ; reçu le 1er mai, il ne produit effet que pour le 31 juillet. Pour un pli recommandé non retiré, la jurisprudence retient en principe le jour où il pouvait être retiré au guichet, en général le lendemain du dépôt de l’avis (théorie de la réception absolue, ATF 137 III 208, rendu en matière de bail). Remettre le congé en mains propres contre signature évite toute discussion.

Le temps d’essai. Le premier mois de travail est considéré comme temps d’essai. Un accord écrit, un contrat-type ou une convention collective peuvent prévoir une autre durée, mais jamais plus de trois mois. Pendant l’essai, chacune des parties peut résilier à tout moment moyennant sept jours (art. 335b al. 1 et 2 CO). Si le travail est interrompu par une maladie, un accident ou une obligation légale non volontaire, l’essai est prolongé d’autant (art. 335b al. 3 CO).

Ce que le contrat peut modifier. Les délais peuvent être modifiés par accord écrit, contrat-type ou convention collective. Des délais inférieurs à un mois ne peuvent être fixés que par convention collective et pour la première année de service (art. 335c al. 2 CO). Les délais doivent rester identiques pour les deux parties ; en cas de licenciement pour motifs économiques, des délais plus courts peuvent toutefois être prévus en faveur du travailleur (art. 335a CO). Si l’employeur résilie alors que le travailleur bénéficie du congé de l’autre parent, le délai est prolongé du nombre de jours de congé non pris (art. 335c al. 3 CO).

Contrat de durée déterminée. Il prend fin sans congé à son échéance ; s’il est reconduit tacitement, il devient un contrat de durée indéterminée (art. 334 al. 1 et 2 CO). Pour les montants dus à la fin du contrat, consultez aussi nos calculateurs de solde de vacances et de 13e salaire au prorata.

1re année de service 1 mois Pour la fin d’un mois (art. 335c CO)
2e à 9e année 2 mois Pour la fin d’un mois (art. 335c CO)
Dès la 10e année 3 mois Pour la fin d’un mois (art. 335c CO)
Temps d’essai 7 jours 1 mois par défaut, 3 mois au plus (art. 335b CO)

Délai de congé et protection selon l’année de service

Année de serviceDélai de congé légalProtection maladie ou accident
Temps d’essai (1 à 3 mois)7 jours, à tout moment (art. 335b CO)Aucune protection (art. 336c al. 1 CO)
1re année1 mois pour la fin d’un mois30 jours
2e à 5e année2 mois pour la fin d’un mois90 jours
6e à 9e année2 mois pour la fin d’un mois180 jours
Dès la 10e année3 mois pour la fin d’un mois180 jours
02 - Cadre

Maladie, grossesse, service : le congé en temps inopportun

Les périodes de protection. Après le temps d’essai, l’employeur ne peut pas résilier le contrat pendant une incapacité de travail totale ou partielle due à une maladie ou un accident non fautif, durant 30 jours la première année de service, 90 jours de la deuxième à la cinquième et 180 jours dès la sixième. La protection couvre aussi la grossesse et les seize semaines qui suivent l’accouchement, le service militaire, de protection civile ou civil (et, si le service dure plus de onze jours, les quatre semaines qui le précèdent et le suivent), ainsi que certains congés prévus par la loi, comme le congé de prise en charge d’un enfant gravement atteint (art. 336c al. 1 CO).

Congé donné pendant la protection : nul. Le congé donné pendant l’une de ces périodes est nul (art. 336c al. 2 CO) : il ne produit aucun effet et l’employeur doit le renouveler après la fin de la protection. La nullité ne dépend pas d’une contestation, mais il est prudent de la signaler par écrit à l’employeur.

Incapacité pendant le délai : suspension. Si le congé a été donné avant la période de protection et que le délai n’a pas expiré, le délai est suspendu et ne reprend qu’à la fin de la période (art. 336c al. 2 CO). Lorsque le contrat doit cesser à un terme, comme la fin d’un mois, et que la fin du délai prolongé ne coïncide pas avec ce terme, le délai est prolongé jusqu’au prochain terme (art. 336c al. 3 CO). Exemple : congé reçu fin janvier pour le 31 mars, incapacité de 10 jours en mars : le délai court jusqu’au 10 avril, puis la fin du contrat est reportée au 30 avril. Le calculateur n’intègre pas cette suspension : ajoutez les jours d’incapacité et reportez à la fin du mois.

La protection vaut contre l’employeur. Le travailleur malade peut lui-même donner son congé. Il ne peut en revanche pas résilier pendant le service obligatoire d’un supérieur ou de l’employeur lorsqu’il doit le remplacer (art. 336d CO).

Licenciement avec effet immédiat. Sans justes motifs, le travailleur a droit à ce qu’il aurait gagné jusqu’à la fin du délai de congé, et le juge peut ajouter une indemnité allant jusqu’à six mois de salaire (art. 337c al. 1 et 3 CO). Faites évaluer votre situation avec notre diagnostic licenciement abusif.

Le contrat peut être résilié pour la fin d’un mois moyennant un délai de congé d’un mois pendant la première année de service, de deux mois de la deuxième à la neuvième année de service, de trois mois ultérieurement.

Art. 335c al. 1 du Code des obligations
03 - Pratique

Vous avez reçu votre congé : les démarches

Le congé ne doit pas être motivé pour être valable, mais plusieurs droits se perdent si vous n’agissez pas avant la fin du délai de congé.

Vérifiez la date de fin. Contrôlez la date de réception, votre année de service, le délai prévu par votre contrat ou votre CCT et une éventuelle période de protection. Si le délai ou le terme n’est pas respecté, le congé reste valable mais produit effet pour le prochain terme possible.

Demandez les motifs par écrit. La partie qui donne le congé doit le motiver par écrit si l’autre le demande (art. 335 al. 2 CO). La motivation est utile pour apprécier un éventuel congé abusif, par exemple un congé donné parce que vous avez fait valoir de bonne foi des prétentions résultant du contrat (art. 336 CO).

Faites opposition avant la fin du délai. Pour réclamer une indemnité pour congé abusif, il faut s’opposer au congé par écrit auprès de l’employeur au plus tard jusqu’à la fin du délai de congé, puis, faute d’accord, agir en justice dans les 180 jours qui suivent la fin du contrat, sous peine de péremption (art. 336b CO). L’indemnité est fixée par le juge et ne peut pas dépasser six mois de salaire (art. 336a al. 2 CO). Estimez-la avec notre calculateur d’indemnité pour licenciement abusif.

Coûts de la procédure. Pour un litige de travail jusqu’à 30 000 francs, il n’est pas perçu de frais judiciaires, ni en conciliation ni au fond (art. 113 al. 2 let. d et 114 let. c CPC) ; des dépens peuvent toutefois être mis à la charge de la partie qui perd au fond. Pensez aussi à vous inscrire rapidement au chômage : notre calculateur d’indemnités de chômage vous donne une estimation. Un avocat de la plateforme JuriUp peut vérifier votre congé ; réponse sous 48 h ouvrées.

04 - FAQ

Questions fréquentes

Un mois pendant la première année de service, deux mois de la deuxième à la neuvième année et trois mois dès la dixième, chaque fois pour la fin d’un mois (art. 335c al. 1 CO). Pendant le temps d’essai, le délai est de sept jours (art. 335b al. 1 CO). Votre contrat ou votre CCT peut prévoir d’autres délais.

Au plus tard le dernier jour du mois qui précède le début du délai. Avec un délai d’un mois, un congé reçu le 31 mars met fin au contrat le 30 avril ; reçu le 1er avril, il ne vaut que pour le 31 mai. C’est la date de réception qui compte, pas celle de l’envoi.

Oui. Les délais doivent être identiques pour les deux parties ; si un accord prévoit des délais différents, le plus long s’applique aux deux (art. 335a al. 1 CO). Exception : en cas de licenciement pour motifs économiques, des délais plus courts peuvent être prévus en faveur du travailleur (art. 335a al. 2 CO).

Sept jours, et le congé peut être donné à tout moment, pas seulement pour la fin d’un mois (art. 335b al. 1 CO). Le temps d’essai est d’un mois, sauf accord écrit, contrat-type ou CCT, sans pouvoir dépasser trois mois. Il est prolongé en cas de maladie, d’accident ou d’obligation légale (art. 335b al. 3 CO).

Si l’employeur vous a licencié et que vous tombez malade sans faute pendant le délai, celui-ci est suspendu pendant la période de protection : 30 jours la 1re année de service, 90 jours de la 2e à la 5e, 180 jours dès la 6e (art. 336c al. 1 let. b et al. 2 CO). Le délai reprend ensuite pour les jours restants, et la fin du contrat est reportée au prochain terme, en principe la fin du mois au cours duquel le délai prolongé expire (art. 336c al. 3 CO).

Pas pendant les périodes de protection : un congé donné par l’employeur pendant une incapacité non fautive (dans les limites de 30, 90 ou 180 jours), pendant la grossesse ou dans les seize semaines qui suivent l’accouchement est nul (art. 336c CO). Au-delà de la période de protection liée à la maladie, un licenciement redevient possible. Pendant le temps d’essai, cette protection ne s’applique pas.

La loi n’impose pas la forme écrite, sauf si votre contrat ou votre CCT l’exige. La partie qui donne le congé doit toutefois le motiver par écrit si l’autre le demande (art. 335 al. 2 CO). En pratique, un écrit remis contre signature ou envoyé en recommandé permet de prouver la date de réception.

Faites opposition par écrit auprès de l’employeur au plus tard jusqu’à la fin du délai de congé. Si aucun accord n’est trouvé, vous devez agir en justice dans les 180 jours à compter de la fin du contrat (art. 336b CO). Le congé abusif reste valable ; le juge peut allouer une indemnité de six mois de salaire au maximum (art. 336a CO).

Oui, par accord écrit, contrat-type ou CCT (art. 335c al. 2 CO). Mais un délai inférieur à un mois n’est possible que par convention collective et seulement pour la première année de service. Un délai plus court fixé dans un simple contrat individuel ne peut pas descendre sous un mois.

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    Dernière mise à jour de cette page : 29 octobre 2026.

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