La situation
Contexte initial
Sophie M. et Laurent T., mariés depuis 15 ans et résidant à Bulle, ont décidé de divorcer par consentement mutuel. Durant leur mariage, Laurent a travaillé à temps plein, accumulant un capital de prévoyance professionnelle (LPP) important, tandis que Sophie a réduit son temps de travail pour s’occuper de leurs deux enfants, accumulant ainsi moins d’avoirs LPP.
L'élément déclencheur
Lors de la préparation de leur convention de divorce, la question du partage de leurs avoirs de prévoyance professionnelle (2ème pilier) se pose. Ils doivent déterminer comment répartir équitablement les capitaux accumulés durant le mariage.
Les enjeux
Répartition d'un capital LPP cumulé de CHF 250'000 (CHF 200'000 pour Laurent, CHF 50'000 pour Sophie)
Garantir une prévoyance vieillesse adéquate pour les deux conjoints après le divorce
Le partage doit être réglé avant le prononcé du divorce par le juge
Analyse juridique
Bases légales applicables
- CC art. 122 – Principe du partage par moitié
- CC art. 123 – Exceptions au partage par moitié
- CC art. 124 – Modalités d’exécution
Droits du client
Chaque conjoint a droit à la moitié des avoirs de prévoyance professionnelle accumulés par l’autre conjoint durant la durée du mariage (de la date du mariage jusqu’à l’introduction de la procédure de divorce).
Obligations de la partie adverse
Les deux conjoints doivent fournir les attestations de leurs caisses de pension respectives indiquant le montant de leurs avoirs de libre passage à la date du mariage et à la date de l’introduction de la procédure de divorce.
Délais légaux à respecter
- Les attestations doivent être fournies au tribunal lors du dépôt de la requête de divorce.
Stratégie déployée
Options envisagées
Deux options principales :
- Partage par moitié (principe légal)
- Renonciation totale ou partielle au partage (sous conditions strictes)
Partage par moitié des avoirs accumulés durant le mariage
Justification du choix
Le partage par moitié est la règle légale et garantit une prévoyance équitable pour Sophie M., qui a réduit son activité lucrative pour la famille.
Intervenants externes
Étapes de la procédure
- Demande des attestations de faisabilité aux caisses de pension
- Calcul de la prestation de sortie acquise durant le mariage pour chaque conjoint
- Rédaction de la clause de partage dans la convention de divorce
- Homologation par le juge du Tribunal d’arrondissement
- Transfert des fonds par la caisse de pension du conjoint débiteur vers le compte de libre passage du conjoint créancier
Résultat obtenu
Accord transactionnel
Laurent T. transfère CHF 75'000 de sa caisse de pension vers le compte de libre passage de Sophie M. (calcul : [200'000 - 50'000] / 2).
Durée totale : 3 à 6 mois pour l'obtention des attestations et la procédure de divorce
Enseignements clés
Le partage de la LPP est une étape obligatoire et complexe du divorce. Il est essentiel d’obtenir rapidement les attestations des caisses de pension pour éviter de retarder la procédure.
Comment éviter cette situation
Signaux d'alerte
- Refus d’un conjoint de fournir ses attestations LPP
- Avoirs LPP bloqués pour l’encouragement à la propriété du logement (EPL)
Bonnes pratiques
- Demander les attestations LPP dès le début des démarches de divorce
- Vérifier l’exactitude des dates de calcul (mariage et introduction de la procédure)
Erreurs courantes à éviter
- Oublier de prendre en compte les retraits anticipés pour le logement
- Penser que la renonciation au partage est facile à obtenir (le juge doit s’assurer que la prévoyance reste adéquate)
Points clés à retenir
- Partage par moitié des avoirs accumulés durant le mariage (art. 122 CC)
- Attestations des caisses de pension obligatoires
- Transfert direct entre institutions de prévoyance
Une situation similaire ? Faites analyser votre dossier.
Décrivez votre cas en 2 minutes. Un expert juridique suisse vous répond sous 24h - 100% confidentiel.
Questions fréquentes
C’est la différence entre l’avoir LPP au moment de l’introduction de la procédure de divorce et l’avoir LPP au moment du mariage (plus intérêts).
Oui, mais le juge n’acceptera la renonciation que si une prévoyance vieillesse et invalidité adéquate reste garantie pour les deux conjoints (art. 123 CC).
Le partage reste possible, mais les modalités de calcul et de versement sont différentes (partage de la rente).
Le montant est transféré directement de la caisse de pension du débiteur vers la caisse de pension ou le compte de libre passage du créancier. Il n’est pas versé en espèces.
Non, le 3ème pilier (prévoyance individuelle) est liquidé selon les règles du régime matrimonial (généralement la participation aux acquêts), et non selon les règles spécifiques de la LPP.
Le tribunal peut ordonner à la Centrale du 2e pilier de fournir des informations sur les avoirs de prévoyance des conjoints.
Sources et références
- CC art. 122, 123, 124