Arnaque au faux avis de décès ou au faux don pour une cagnotte en ligne en Suisse
Des escrocs publient un faux avis de décès ou un faux appel à la solidarité et ouvrent une cagnotte en ligne dont l'argent leur revient. Avant de donner, vérifiez qui organise la collecte et où va l'argent.
Comment ça marche
Le principe de la fausse cagnotte en ligne est simple : l’auteur s’appuie sur l’émotion. Il présente un décès, une maladie ou un drame familial, puis invite à donner pour des obsèques ou pour aider une famille. Les fonds ne vont pas aux personnes annoncées, ils vont à l’escroc.
Le mode opératoire exact varie. L’auteur peut inventer un décès, ou reprendre un avis réel et le détourner. Il diffuse l’appel sur les réseaux sociaux, par message privé ou par e-mail, avec un lien de paiement ou un IBAN. Chaque situation s’apprécie selon les circonstances : les signaux ci-dessous sont des repères de prudence.
Sur le plan pénal, ce comportement correspond en principe à une escroquerie. Selon l’art. 146 al. 1 CP, est puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire celui qui, pour s’enrichir illégitimement, induit astucieusement une personne en erreur par des affirmations fallacieuses et la détermine à des actes préjudiciables à ses intérêts pécuniaires. Si l’auteur fait métier de l’escroquerie, la peine va de six mois à dix ans de peine privative de liberté (art. 146 al. 2 CP). Si l’astuce est retenue, c’est au juge de l’apprécier selon les circonstances.
Le déroulé de l’arnaque
- L'escroc choisit une histoire qui touche : un décès soudain, un enfant malade, une famille sans ressources pour les obsèques.
- Il publie un faux avis de décès ou un appel aux dons sur les réseaux sociaux, ou l'envoie par message privé ou e-mail, parfois depuis un compte qui imite celui d'un proche.
- Il joint un lien de collecte ou un IBAN, et insiste sur l'urgence : les obsèques approchent, chaque franc compte.
- Les donateurs versent de petites sommes, souvent par sympathie, sans demander qui organise la collecte ni où va l'argent.
- Une fois les fonds encaissés, l'auteur supprime la page ou le compte et disparaît, ou relance l'appel avec une nouvelle histoire.
Exemples concrets
Faux avis de décès partagé sur un réseau social
Message privéLe message mêle choc émotionnel et urgence. Il ne dit ni qui organise la collecte, ni comment joindre la famille. Contactez la famille par un moyen que vous connaissez déjà avant de donner quoi que ce soit.
Appel aux dons reçu par e-mail
EmailL'e-mail ne nomme aucune personne vérifiable ni organisation. L'IBAN est donné sans nom de bénéficiaire identifiable. Un appel anonyme, pressant et sans contact direct est un signal de prudence.
Compte d'un proche usurpé
Message privéLe compte d'une connaissance peut avoir été piraté ou copié. Si la demande arrive de façon inhabituelle, appelez la personne sur son numéro habituel avant de payer.
Signaux d’alerte
- L'appel ne nomme ni l'organisateur de la collecte ni une personne que vous pouvez joindre
- Le texte joue sur l'urgence et sur l'émotion pour que vous payiez sans vérifier
- Le bénéficiaire du paiement est un particulier inconnu, ou l'IBAN est étranger alors que la cause est suisse
- Le paiement est demandé par mandat express ou en cryptomonnaies
- Le lien circule en chaîne sur les réseaux sociaux, sans confirmation de la famille
- L'avis de décès est introuvable ailleurs et la famille n'en parle pas
Vous avez été victime de cette arnaque ?
Nos juristes vous aident à porter plainte et à faire valoir vos droits. Réponse sous 48h ouvrées, en toute confidentialité.
Comment se protéger
- Contactez la famille ou un proche commun par un moyen que vous connaissez déjà avant de donner
- Demandez qui organise la collecte et où l'argent est versé, et méfiez-vous d'un refus de répondre
- Vérifiez qu'une association ou une fondation existe vraiment dans le registre central des raisons de commerce (Zefix)
- Pour une organisation d'utilité publique, consultez le répertoire des organisations titulaires du label Zewo
- Préférez un paiement traçable et évitez le mandat express et les cryptomonnaies
- Signalez à la plateforme la collecte suspecte avec l'option de signalement prévue
Que faire si vous êtes victime
- Contactez immédiatement votre banque ou l'émetteur de votre carte : la possibilité de bloquer ou de rappeler un paiement dépend de la banque et du moyen de paiement
- Coupez tout contact avec l'auteur et ne versez rien de plus
- Conservez les preuves : captures de l'avis de décès, de la page de la cagnotte, de l'adresse du lien, des messages et le reçu avec l'IBAN du destinataire
- Signalez la collecte à la plateforme qui l'héberge
- Signalez le cas à l'OFCS via https://www.report.ncsc.admin.ch/fr/ : ce formulaire sert à l'analyse et à la prévention et ne remplace pas une plainte pénale
- Déposez plainte à la police de votre lieu de résidence en apportant vos preuves
Questions fréquentes
Aucun signe ne suffit seul, mais plusieurs ensemble doivent vous alerter : organisateur inconnu, IBAN étranger pour une cause suisse, urgence, paiement par mandat express ou cryptomonnaies. Contactez la famille par un autre canal avant de payer.
En principe oui, si les conditions sont réunies. L'art. 146 al. 1 CP punit celui qui, pour s'enrichir illégitimement, trompe astucieusement une personne et la pousse à un acte qui lui coûte de l'argent. Le juge apprécie l'astuce selon les circonstances.
Pour les infractions poursuivies sur plainte, le droit de porter plainte se prescrit par trois mois, dès le jour où vous avez connu l'auteur (art. 31 CP). C'est le cas de l'escroquerie contre des proches (art. 146 al. 3 CP) et de l'escroquerie mineure (art. 172ter CP). Pour un escroc inconnu qui vise des inconnus, cet alinéa ne s'applique pas. Dans tous les cas, déposez plainte sans attendre.
Oui. Si l'acte ne vise qu'un élément patrimonial de faible valeur ou un dommage de moindre importance, l'auteur est puni d'une amende, sur plainte (art. 172ter al. 1 CP). Votre plainte peut donc compter, même pour un montant modeste.
Cela dépend de la banque et du moyen de paiement. Contactez-la sans délai : elle seule peut dire si le paiement peut encore être bloqué ou rappelé. Aucune garantie de remboursement n'existe.
Vérifiez son existence dans le registre central des raisons de commerce (Zefix). Si elle prétend être d'utilité publique, regardez si elle figure dans le répertoire des organisations titulaires du label Zewo. En cas de doute, appelez-la au numéro de son site officiel.
Sources
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Conseils pour les particuliers
- Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) - Formulaire de signalement
- Prévention Suisse de la Criminalité (PSC) - Escroquerie
Dernière mise à jour : 27 octobre 2026
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