Arnaque · Réseaux sociaux

Arnaque au faux prêt entre particuliers sur les réseaux sociaux : les frais d’assurance et la reconnaissance de dette en Suisse

Un faux prêteur propose sur les réseaux sociaux un prêt sans banque, puis exige des frais d'assurance avant de verser l'argent. Le prêt n'existe pas, et une reconnaissance de dette signée peut en plus se retourner contre vous.

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Type d’arnaque

Réseaux sociaux

Dangerosité

Élevée

Où signaler

Police cantonale et Office fédéral de la cybersécurité (OFCS)

Public ciblé

Les personnes en difficulté financière ou à la recherche d'un petit crédit rapide, qui répondent à une annonce de prêt entre particuliers sur Facebook, Instagram ou WhatsApp.

Comment ça marche

L’escroc publie une annonce ou un message privé proposant un prêt entre particuliers, sans contrôle bancaire et à un taux avantageux. Une fois la victime en confiance, il réclame le paiement préalable de « frais d’assurance », présentés comme obligatoires pour protéger le prêteur. Cette technique relève de la fraude au paiement anticipé : on paie d’abord pour toucher une somme qui ne viendra jamais. La Police cantonale vaudoise décrit des schémas voisins, avec des frais d’ouverture de dossier, de gestion ou une avance sur les intérêts, souvent réglés par mandat de transfert international d’argent. Les mêmes escrocs demandent aussi un questionnaire de solvabilité, ce qui leur permet de récupérer vos données personnelles, vos photos et vos coordonnées bancaires.

Le faux prêteur fait aussi signer un contrat ou une reconnaissance de dette « pour le prêt ». Or un vrai prêt de consommation suppose que le prêteur transfère la somme à l’emprunteur (art. 312 CO). Ici, rien n’est transféré. Pourtant, selon l’art. 17 CO, la reconnaissance d’une dette est valable même si elle n’énonce pas la cause de l’obligation. Un créancier muni d’une reconnaissance de dette signée peut requérir la mainlevée provisoire (art. 82 LP), et le juge la prononce si le débiteur ne rend pas immédiatement vraisemblable sa libération. Si l’escroc se sert du document pour vous poursuivre, vos messages et vos preuves de paiement des frais serviront à rendre cette libération vraisemblable. Un avocat évaluera sur votre dossier la meilleure défense.

Sur le plan pénal, celui qui se fait payer des frais pour un prêt inexistant peut être poursuivi pour escroquerie au sens de l’art. 146 CP, à condition que la tromperie soit astucieuse. Si l’auteur fait métier de l’escroquerie, la peine privative de liberté va de six mois à dix ans (art. 146, al. 2 CP). Contre un inconnu rencontré en ligne, la plainte n’est pas une condition de la poursuite : l’alinéa 3 ne l’exige que pour les infractions commises au préjudice des proches ou des familiers.

Celui qui prête par métier ou fait du courtage en crédit doit disposer d’une autorisation cantonale, valable dans toute la Suisse (art. 39 LCC), sauf exceptions prévues à l’alinéa 3, notamment pour les établissements soumis à la loi sur les banques. Un inconnu qui prête à répétition sur les réseaux sociaux et vous demande de payer d’abord est donc un signal d’alerte majeur.

Le déroulé de l’arnaque

  1. L'escroc publie une annonce de prêt entre particuliers sur un réseau social, ou répond par message privé à une personne qui cherche un crédit.
  2. Il met en confiance, annonce un accord de principe rapide et demande un questionnaire de solvabilité, une pièce d'identité et vos coordonnées bancaires.
  3. Il envoie un contrat ou une reconnaissance de dette à signer, puis exige le paiement de frais d'assurance avant tout versement, souvent par transfert d'argent ou carte prépayée.
  4. Après le premier paiement, de nouveaux frais apparaissent : dossier bloqué, assurance complémentaire, taxe de déblocage. Le versement du prêt est sans cesse repoussé.
  5. Quand la victime refuse de payer davantage, l'escroc disparaît ou menace de la poursuivre avec la reconnaissance de dette signée, ou utilise ses données personnelles.

Exemples concrets

L'annonce de prêt sans banque sur Facebook

Message privé

Message reçu · Message privé

Bonjour, je prête de l'argent entre particuliers, de 2000 à 50 000 CHF, taux de 2 %, sans contrôle de votre banque. Réponse sous 24 h. Écrivez-moi en privé avec votre nom et votre montant souhaité.

Un prêt sans aucun contrôle, à un taux très bas et proposé publiquement, est un appât classique. Celui qui prête par métier doit en principe disposer d'une autorisation cantonale (art. 39 LCC).

Les frais d'assurance avant versement

Message privé

Message reçu · Message privé

Votre prêt de 10 000 CHF est validé. Avant le virement, notre règlement impose une assurance de 450 CHF qui protège le prêteur. Payez par transfert d'argent et envoyez-moi le reçu. Le montant vous sera versé avec le prêt.

Un prêteur réel transfère la somme à l'emprunteur (art. 312 CO), il ne réclame pas d'argent d'avance. La promesse de rembourser les frais avec le prêt est le moyen de vous faire payer.

La reconnaissance de dette à signer

Message privé

Message reçu · Message privé

Voici la reconnaissance de dette pour votre prêt. Signez-la, prenez-la en photo et renvoyez-la-moi avec votre pièce d'identité. Dès réception, je débloque les fonds.

Une reconnaissance de dette est valable même sans indiquer la cause (art. 17 CO) et peut servir de base à une poursuite (art. 82 LP). Signée pour un prêt jamais versé, elle vous expose, alors que la pièce d'identité permet l'usurpation de vos données.

Signaux d’alerte

  • Un prêt proposé sur une annonce publique ou par message privé, sans contrôle sérieux
  • Une demande de frais d'assurance, de dossier ou de déblocage avant tout versement
  • Un paiement exigé par transfert international d'argent, carte prépayée ou cryptomonnaie
  • Une reconnaissance de dette ou un contrat à signer avant que l'argent soit versé
  • Un questionnaire de solvabilité qui réclame pièce d'identité, photos et coordonnées bancaires
  • De nouveaux frais qui apparaissent après chaque paiement
  • Un interlocuteur pressant, injoignable par téléphone fixe, sans adresse vérifiable
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Comment se protéger

  • Ne payez jamais de frais d'avance pour obtenir un prêt, quel que soit leur nom
  • Passez par un prêteur ou un courtier qui dispose de l'autorisation cantonale exigée pour le crédit par métier
  • Ne signez aucune reconnaissance de dette avant d'avoir reçu l'argent, et faites relire tout document par un avocat
  • N'envoyez ni pièce d'identité, ni photo, ni coordonnées bancaires à un inconnu rencontré en ligne
  • N'acceptez jamais de recevoir de l'argent sur votre compte pour le réexpédier
  • Conservez l'annonce, le profil et les messages avant de bloquer l'interlocuteur

Que faire si vous êtes victime

  • Cessez tout paiement et ne répondez plus aux nouvelles demandes de frais
  • Conservez captures d'écran, profil, annonce, reçus de paiement et copie du document signé
  • Prévenez votre banque ou le service de transfert pour tenter de bloquer ou de rappeler les paiements
  • Déposez plainte auprès de votre poste de police ou via la plateforme cybercrimepolice.ch
  • Si une poursuite arrive en vous basant sur la reconnaissance de dette, réagissez dans le délai indiqué sur le commandement de payer et consultez un avocat
  • Signalez le cas à l'OFCS et changez vos mots de passe si vous avez transmis des données

Questions fréquentes

Oui, il peut essayer. Une reconnaissance de dette est valable même sans indiquer la cause (art. 17 CO) et permet de requérir la mainlevée provisoire (art. 82 LP). Le juge la prononce si vous ne rendez pas immédiatement vraisemblable votre libération. Vos messages et vos preuves de paiement des frais seront alors utiles. Un avocat évaluera votre situation.

Parce que ce motif paraît logique pour un prêt entre particuliers. C'est un prétexte parmi d'autres, comme les frais de dossier ou de gestion, que la Police cantonale vaudoise cite pour ce type d'arnaque. Un vrai prêteur transfère la somme (art. 312 CO), il ne vous demande pas de payer d'abord.

Oui, pour escroquerie (art. 146 CP), si la tromperie est astucieuse. La peine est une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou une peine pécuniaire, et de six mois à dix ans si l'auteur fait métier de l'escroquerie. Contre un inconnu, la plainte n'est pas requise pour la poursuite.

Vous pouvez déposer plainte auprès de votre poste de police. La police vaudoise recommande de la contacter pour examiner l'opportunité d'une plainte pénale. Le délai de trois mois de l'art. 31 CP vaut quand la plainte est requise, notamment si l'escroc est un proche. Agissez sans attendre pour conserver les preuves.

Oui, un prêt d'argent entre particuliers est un contrat prévu à l'art. 312 CO. En revanche, celui qui prête par métier ou fait du courtage en crédit doit avoir une autorisation cantonale (art. 39 LCC). Un inconnu qui prête en série sur les réseaux sociaux sans autorisation doit vous alerter.

Selon la Police cantonale vaudoise, la victime risque des plaintes d'autres personnes flouées et des poursuites pour blanchiment d'argent. Si on vous demande de recevoir des fonds pour « tester votre loyauté », refusez et prévenez la police.

Sources

Dernière mise à jour : 24 octobre 2026

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Dernière mise à jour de cette page : 24 octobre 2026.

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