Comparatif · Bail & immobilier

Achat immobilier en nom propre ou en société : que choisir en Suisse ?

Comparatif vérifié par JuriUp Mis à jour le 29 août 2026 Droit suisse

Option A Nom propre
Option B Société (Sàrl / SA)

Choisissez le nom propre pour investir à long terme : la plus-value privée échappe à l'impôt sur le revenu et vous évitez la double imposition (art. 16 LIFD). Choisissez la société (Sàrl/SA) si vous achetez pour revendre (promotion immobilière), afin de déduire vos amortissements et limiter votre responsabilité personnelle (art. 772 CO).

  • En nom propre, l'impôt sur les gains immobiliers baisse souvent selon la durée de détention.
  • Une Sàrl immobilière permet de déduire comptablement l'amortissement du bâtiment.
  • Les loyers encaissés par une société subissent l'impôt sur le bénéfice, puis sur le revenu.
  • L'achat en société exige un capital initial libéré et des frais notariés de fondation.

Nom propre ou Société (Sàrl / SA) : le face-à-face

Responsabilité
Nom propreSur vos biens personnels
Société (Sàrl / SA)Limitée aux actifs de la société
Formalités de création
Nom propreAucunes
Société (Sàrl / SA)Acte notarié et registre du commerce
Amortissements du bâtiment
Nom propreNon déductibles fiscalement
Société (Sàrl / SA)Déductibles du bénéfice imposable
Imposition des loyers
Nom propreAjoutés à votre revenu global
Société (Sàrl / SA)Impôt sur le bénéfice puis dividende
Risque de double imposition
Nom propreNon, imposition fiscale unique
Société (Sàrl / SA)Oui, bénéfice puis dividende versé
Gain à la revente
Nom propreImpôt sur les gains immobiliers
Société (Sàrl / SA)Impôt sur le bénéfice ou gains
Transmission et succession
Nom propreFrais de mutation sur l'immeuble
Société (Sàrl / SA)Cession des parts sociales

Comparatif indicatif : les montants et démarches peuvent varier selon votre situation.

Quel choix pour votre situation

Nom propre si vous…

  • Vous achetez la maison ou l'appartement dans lequel vous allez vivre.
  • Vous souhaitez conserver un immeuble de rendement sur plusieurs décennies pour votre retraite.
  • Vous voulez éviter les coûts comptables et administratifs annuels d'une structure juridique.

Société (Sàrl / SA) si vous…

  • Vous êtes un marchand de biens réalisant de fréquents achats-reventes.
  • Vous investissez avec d'autres partenaires et souhaitez fixer des règles strictes par contrat.
  • Vous réalisez une promotion immobilière et voulez isoler le risque financier du projet.

Comprendre les différences

Le critère fiscal : la double imposition

L’achat d’un bien immobilier en nom propre est fiscalement transparent. Dans ce modèle, les loyers perçus s’ajoutent directement à vos autres revenus (salaire, rendements) dans votre déclaration d’impôts. Bien que cela puisse augmenter votre taux d’imposition marginal, vous avez l’avantage de ne payer l’impôt qu’une seule fois. À l’inverse, l’achat via une Sàrl immobilière ou une SA déclenche le mécanisme de la double imposition. La société s’acquitte d’abord d’un impôt sur son propre bénéfice. Ensuite, lorsque la société vous distribue ces gains sous forme de dividendes, vous devez payer à nouveau l’impôt sur le revenu en tant qu’actionnaire. Un avocat fiscaliste peut vous aider à évaluer si ce frottement fiscal rend la structure sociétaire désavantageuse sur le long terme pour votre profil.

Ce qui change vraiment lors de la revente

C’est au moment de la revente que la différence de structure juridique se révèle déterminante. En nom privé, le gain en capital réalisé échappe à l’impôt ordinaire sur le revenu. Il est soumis exclusivement à l’impôt sur les gains immobiliers (IGI). Ce dispositif est particulièrement attractif car il est généralement dégressif : plus vous conservez le bien foncier longtemps, plus la charge fiscale diminue de façon substantielle. En revanche, pour une société (dans les cantons à système dualiste comme Vaud ou Genève), la plus-value immobilière est simplement intégrée au bénéfice imposable de l’entreprise, sans aucun escompte pour durée de détention. Néanmoins, si vous vous interrogez sur combien coûte un achat immobilier en Suisse dans un but spéculatif, la société a un atout : elle autorise la déduction comptable des amortissements du bâtiment, ce qui est strictement interdit pour les immeubles privés.

Le risque caché : le commerçant professionnel d’immeubles

Beaucoup d’investisseurs privés tombent dans un piège fiscal redoutable. Si vous achetez, rénovez et revendez plusieurs immeubles en nom propre dans des délais relativement courts, l’administration fiscale risque de vous requalifier d’office en « commerçant professionnel d’immeubles ». Dès cet instant, vos plus-values privées perdent leur statut privilégié : elles sont taxées comme un revenu de l’activité lucrative indépendante, et soumises rétroactivement aux cotisations sociales AVS. Pour les investisseurs qui ont l’intention de réaliser des opérations de promotion régulières, créer une Sàrl constitue une barrière de protection essentielle. La société permet d’isoler l’activité, de limiter la responsabilité aux fonds propres investis et d’éviter que le patrimoine personnel ne soit saisi en cas d’échec d’un projet immobilier.

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Les pièges à éviter

  • Être requalifié de commerçant professionnel d'immeubles : vos gains seront lourdement taxés.
  • Sortir un immeuble de sa Sàrl pour le reprendre en privé déclenche une forte imposition.
  • Sous-estimer les frais fixes d'une société (révision, comptabilité, impôt sur le capital).

Un cas concret

Exemple vécu

Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse

Julien et Sophie souhaitent acheter trois appartements dans le canton de Vaud pour les louer. Prévoyant de les garder jusqu'à leur retraite, ils optent pour un achat en nom propre. Cela leur évite la double imposition sur les loyers encaissés et leur permettra, lors de la revente dans 25 ans, de bénéficier d'une forte réduction d'impôt grâce à la durée de détention.

Les bases légales

  • Art. 16 LIFDfedlex Le gain en capital privé
  • Art. 772 ss COfedlex La société à responsabilité limitée (Sàrl)

Questions fréquentes

Oui, mais cette opération est traitée fiscalement comme une vente. Vous devrez payer l'impôt sur les gains immobiliers ainsi que les droits de mutation, même si vous êtes l'unique actionnaire de la société.

Pas toujours. Les banques exigent presque systématiquement que les associés d'une petite Sàrl signent un cautionnement solidaire sur leurs biens privés pour accorder le prêt hypothécaire.

C'est la méthode de taxation cantonale. En système dualiste (Vaud, Genève), les sociétés paient l'impôt sur le bénéfice sur leurs ventes immobilières. En système moniste (Zurich, Berne), les sociétés paient l'impôt sur les gains immobiliers, comme les particuliers.

Oui, car il suffit de leur céder les parts sociales de la société. Le transfert d'actions évite souvent de repasser devant le notaire pour muter chaque immeuble au registre foncier.

Oui. En nom propre, les frais d'entretien et de maintien de la valeur peuvent être déduits de votre revenu imposable. En société, ces mêmes charges viendront réduire le bénéfice net imposable de la structure.

La principale différence réside dans le capital de départ (100 000 CHF pour une SA contre 20 000 CHF pour une Sàrl) et l'anonymat. La SA permet de préserver l'anonymat des actionnaires, ce qui n'est pas toujours le cas de la Sàrl.

L’avis de l’équipe JuriUp

Equipe JuriUp

Juristes & avocats partenaires - droit suisse

La question du choix entre l’achat en nom propre et la création d’une société immobilière se résume souvent à votre horizon de placement. Un juriste ou un avocat JuriUp vous confirmera que pour un investisseur patrimonial visant le rendement locatif à très long terme, l’achat en nom privé reste imbattable grâce à la dégressivité de l’impôt sur les gains immobiliers. En revanche, l’erreur classique consiste à sous-estimer la requalification fiscale. Si vous vous lancez dans des achats-reventes frénétiques en pensant encaisser des plus-values nettes d’impôts, le fisc n’hésitera pas à vous considérer comme un indépendant, avec des conséquences financières désastreuses.

Sources officielles

Informations vérifiées le 29 août 2026

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