Cas pratique · Droit du travail · Résiliation · Vaud

Négocier une convention de rupture d'un commun accord dans le canton de Vaud : éviter la suspension du chômage

Dans le canton de Vaud comme dans toute la Suisse romande, une convention de rupture d'un commun accord relève du droit fédéral (CO, LACI, OACI). Selon la pratique des autorités de chômage, elle est en principe traitée comme une démission et peut entraîner une suspension de 1 à 60 jours des indemnités (art. 45 al. 3 OACI), sauf si l'employeur aurait de toute façon licencié. Faire constater par écrit l'initiative de l'employeur et ne renoncer à aucune prétention de salaire ou d'indemnisation limite ce risque.

Lecture 8 min
Urgence Forte
Durée totale dépend de la négociation et de l'autorité saisie, souvent quelques semaines avant la signature
Issue Accord transactionnel

Une situation similaire en droit du travail ?

Nos spécialistes analysent votre situation, gratuitement et sans engagement.

Faire analyser ma situation
Profil client Employé
Secteur Commerce de détail
Contexte Employé de 41 ans, vivant seul, sans enfant à charge
Région Vaud

La situation

Contexte initial

Tobias S., 41 ans, travaille depuis sept ans comme responsable de rayon dans une enseigne de commerce de détail à Lausanne. Son salaire mensuel brut est de CHF 5’800. Son contrat prévoit un délai de congé de trois mois pour la fin d’un mois. Ce délai dépasse le minimum légal de deux mois applicable de la deuxième à la neuvième année de service.

L'élément déclencheur

Au printemps, l’enseigne annonce une réorganisation. La direction des ressources humaines propose à Tobias une convention de rupture d’un commun accord, avec départ dans six semaines et une indemnité de CHF 8’000. Le projet de convention indique que Tobias quitte l’entreprise « à sa demande » et renonce à toute prétention future.

Les enjeux

Financiers

Une suspension du droit aux indemnités de chômage peut aller jusqu'à 60 jours. Elle vient s'ajouter au délai d'attente ordinaire. À cela s'ajoute le risque de renoncer à des prétentions de salaire ou d'indemnisation.

Humains

Tobias craint de signer trop vite sous la pression et de se retrouver sans revenu pendant plusieurs semaines, alors que la direction lui laisse très peu de temps pour répondre.

Délai critique

Aucun délai légal ne s'impose pour signer une convention. En pratique, c'est le délai que fixe l'employeur qui presse. Il faut donc négocier la formulation avant la signature, car la convention signée fixe l'initiative de la rupture.

Analyse juridique

Bases légales applicables

  • LACI art. 30 al. 1 let. a – droit à l’indemnité suspendu lorsque l’assuré est sans travail par sa propre faute
  • LACI art. 30 al. 1 let. b – renonciation à des prétentions de salaire ou d’indemnisation envers le dernier employeur, au détriment de l’assurance
  • LACI art. 30 al. 3 – suspension proportionnelle à la gravité de la faute, 60 jours au plus par motif de suspension
  • LACI art. 18 al. 1 – délai d’attente
  • LACI art. 11 al. 3 – perte de travail couverte par le salaire ou une indemnité pour résiliation anticipée
  • OACI art. 44 al. 1 – définition de la faute propre
  • OACI art. 45 – durée et point de départ de la suspension
  • CO art. 335c – délais de congé
  • CO art. 341 al. 1 – renonciation du travailleur à des créances impératives
  • CO art. 330a – certificat de travail

Droits du client

Tobias peut refuser de signer et demander que la convention soit remplacée par un congé donné par l’employeur. Il peut demander en tout temps un certificat de travail portant sur la nature et la durée des rapports de travail ainsi que sur la qualité de son travail et sa conduite. À sa demande expresse, le certificat ne porte que sur la nature et la durée des rapports de travail (art. 330a CO).

Selon l’art. 341 al. 1 CO, le travailleur ne peut pas renoncer, pendant le contrat et durant le mois qui suit sa fin, aux créances résultant de dispositions impératives de la loi ou d’une convention collective.

Obligations de la partie adverse

L’employeur qui reste dans le cadre d’un congé ordinaire doit respecter le délai de congé fixé par l’art. 335c CO : un mois pendant la première année de service, deux mois de la deuxième à la neuvième année, trois mois ensuite. Ces délais peuvent être modifiés par accord écrit, contrat-type de travail ou convention collective (art. 335c al. 2 CO).

Le certificat de travail demandé par le travailleur doit lui être remis (art. 330a CO).

Délais légaux à respecter

  • Délai de congé légal, pour fin de mois : 1 mois (première année de service), 2 mois (de la deuxième à la neuvième année), 3 mois (ensuite) – art. 335c al. 1 CO
  • Délai d’attente de l’assurance-chômage : 5 jours de chômage contrôlé, porté à 10, 15 ou 20 jours selon le gain assuré pour les personnes sans obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans – art. 18 al. 1 LACI
  • Suspension : de 1 à 15 jours (faute légère), de 16 à 30 jours (faute de gravité moyenne), de 31 à 60 jours (faute grave) – art. 45 al. 3 OACI
  • Exécution de la suspension caduque six mois après le début du délai de suspension – art. 30 al. 3 LACI

Stratégie déployée

Options envisagées

Tobias examine quatre pistes :

  • Signer la convention telle quelle : rapide, mais la mention « à sa demande » l’expose à une suspension.
  • Refuser et attendre un congé : l’initiative vient alors de l’employeur, mais le climat se dégrade.
  • Négocier la convention : faire préciser que la rupture intervient à l’initiative de l’employeur, conserver un délai de congé ou une indemnité clairement qualifiée, fixer le contenu du certificat de travail.
  • Démissionner : la solution la plus risquée pour le chômage, qui peut être qualifiée de faute grave si aucun nouvel emploi n’est assuré (art. 45 al. 4 OACI).
Option retenue

Négocier la convention avant de signer, avec l'aide d'un avocat pour la relecture

Justification du choix

L’art. 44 al. 1 OACI cite notamment l’assuré qui a résilié lui-même le contrat sans avoir été préalablement assuré d’obtenir un autre emploi. Selon la pratique des autorités de chômage, une convention de départ est en principe traitée comme une démission, sauf si l’employeur aurait de toute façon licencié. Tobias cherche donc à faire constater par écrit que l’initiative vient de l’employeur. Cette stratégie découle du droit, elle ne garantit pas la décision de la caisse de chômage.

Il veille aussi à ne renoncer ni à son salaire, ni à ses vacances, ni à son solde, car la renonciation à des prétentions de salaire ou d’indemnisation est un autre motif de suspension (art. 30 al. 1 let. b LACI).

Intervenants externes

Avocat en droit du travail Office régional de placement (ORP) Caisse de chômage

Étapes de la procédure

  1. Demander le projet de convention par écrit et ne rien signer le jour même.
  2. Relever les formules sensibles : « à la demande du travailleur », « renonciation à toute prétention ».
  3. Faire consigner que la réorganisation et la proposition émanent de l’employeur.
  4. Négocier la date de fin du contrat, en prenant pour repère le délai de congé de l’art. 335c CO, ainsi que l’indemnité et le certificat de travail.
  5. Faire relire la convention par un avocat.
  6. S’annoncer à l’office régional de placement (ORP) et interroger la caisse de chômage sur l’effet de la convention avant la signature.
  7. Signer une convention écrite, par prudence, et conserver tous les échanges.

Résultat obtenu

Accord transactionnel

Dans le cas de Tobias S., la convention finale mentionne que la rupture fait suite à la réorganisation décidée par l'employeur. Le départ est fixé à la fin du troisième mois, l'indemnité passe de CHF 8'000 à CHF 11'000 et le certificat de travail est joint à la convention. La caisse de chômage reste libre d'apprécier le dossier. Les résultats varient selon les circonstances de chaque départ.

Durée totale : dépend de la négociation et de l'autorité saisie, souvent quelques semaines avant la signature

Enseignements clés

La formulation de la convention pèse sur le droit aux indemnités de chômage. Une suspension peut aller jusqu’à 60 jours par motif, et elle s’ajoute au délai d’attente, qui dépend du gain assuré. Faire relire le texte avant la signature coûte moins cher que de subir la suspension. Les montants varient selon les situations.

Comment éviter cette situation

Signaux d'alerte

  • Convention mentionnant un départ « à la demande du travailleur »
  • Clause de renonciation générale à toute prétention
  • Délai de signature très court
  • Raccourcissement du préavis contre une indemnité : la perte de travail couverte par le salaire ou une indemnité de résiliation anticipée n’est pas prise en considération (art. 11 al. 3 LACI), faites vérifier l’effet par la caisse de chômage

Bonnes pratiques

  • Demander le projet par écrit et prendre le temps de le relire
  • Faire consigner que l’initiative vient de l’employeur
  • Négocier le certificat de travail en même temps que le départ
  • Interroger la caisse de chômage avant de signer

Erreurs courantes à éviter

  • Signer le jour même sous la pression
  • Démissionner sans emploi assuré
  • Renoncer à des prétentions de salaire ou d’indemnisation
  • Croire qu’une convention est automatiquement sans effet sur le chômage

Points clés à retenir

  • Suspension possible de 1 à 60 jours (art. 45 al. 3 OACI)
  • Délai d’attente distinct de la suspension (art. 18 al. 1 LACI)
  • Faire constater l’initiative de l’employeur
  • Ne pas renoncer à des prétentions de salaire ou d’indemnisation (art. 30 al. 1 let. b LACI)
  • Négocier le certificat de travail (art. 330a CO)

Une situation similaire ? Faites analyser votre dossier.

Décrivez votre cas en 2 minutes. Un expert juridique suisse vous répond sous 48h ouvrées - 100% confidentiel.

Créer mon dossier gratuitement

Questions fréquentes

Non, pas automatiquement, mais elle peut entraîner une suspension du droit aux indemnités. Le droit à l’indemnité est suspendu lorsque l’assuré est sans travail par sa propre faute (art. 30 al. 1 let. a LACI). Selon la pratique des autorités de chômage, une convention de départ est en principe traitée comme une démission, sauf si l’employeur aurait de toute façon licencié.

Elle dure de 1 à 15 jours en cas de faute légère, de 16 à 30 jours en cas de faute de gravité moyenne et de 31 à 60 jours en cas de faute grave (art. 45 al. 3 OACI). La durée dépend de la gravité retenue par la caisse de chômage.

Le délai d’attente est de cinq jours de chômage contrôlé, porté à 10, 15 ou 20 jours selon le gain assuré pour les personnes sans obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans (art. 18 al. 1 LACI). Il ne dépend pas de la manière dont le contrat prend fin, alors que la suspension s’y ajoute en cas de faute.

Le travailleur ne peut pas renoncer, pendant le contrat et le mois qui suit sa fin, aux créances résultant de dispositions impératives de la loi ou d’une convention collective (art. 341 al. 1 CO). Par ailleurs, renoncer à des prétentions de salaire ou d’indemnisation au détriment de l’assurance est un motif de suspension (art. 30 al. 1 let. b LACI). Un avocat évaluera la convention sur votre dossier.

Oui. Vous pouvez demander en tout temps un certificat portant sur la nature et la durée des rapports de travail, la qualité de votre travail et votre conduite. À votre demande expresse, il ne porte que sur la nature et la durée des rapports de travail (art. 330a CO).

Une voie d’opposition existe contre la décision de la caisse de chômage. Le délai figure sur la décision elle-même, vérifiez-le dès sa réception et conservez la convention et les échanges avec l’employeur. Un avocat peut préparer l’opposition.

Sources et références

  • LACI art. 11, 18, 30 (https://juriup.ch/lois/laci/art-30/) ; OACI art. 44, 45 (https://juriup.ch/lois/oaci/art-45/) ; CO art. 330a (https://juriup.ch/lois/co/art-330a/), 335c (https://juriup.ch/lois/co/art-335c/), 341 (https://juriup.ch/lois/co/art-341/)

Pour aller plus loin

Explorer des sujets connexes

Approfondissez le sujet ou trouvez l'aide adaptée à votre situation.

Cas pratique fictif. Ce dossier est présenté à titre purement illustratif pour exemplifier ce type de scénario juridique. Les noms, situations, montants et détails ont été inventés. Toute ressemblance avec une situation réelle serait fortuite. Pour un avis juridique adapté à votre situation, consultez un juriste ou un avocat.

Outil JuriUp

Estimez vos indemnités de chômage après un départ

Cet outil estime les indemnités de chômage selon la LACI à partir de votre gain assuré et de votre situation familiale. Il aide à mesurer l'enjeu financier d'une convention de départ avant de la signer.

Indemnités de chômage : calculez votre indemnité LACI en 2026

Estimez votre indemnité journalière (70 % ou 80 % du gain assuré) et le nombre maximal d’indemnités auquel vous avez droit selon votre âge, vos mois de cotisation et vos enfants à charge.

  • Taux 70 % ou 80 %
  • Plafond CHF 12’350/mois
  • 260 à 520 indemnités
Base légale
Art. 22-27 LACI
Durée
~ 2 minutes
À jour
Septembre 2026

Chaque situation est différente. Le résultat est une estimation fondée sur les règles générales : il dépend des circonstances de votre dossier et ne remplace pas l’avis personnalisé d’un avocat ou d’un juriste.

Votre situation
Salaire AVS des 6 ou 12 derniers mois. Gain assuré plafonné à CHF 12'350/mois.
Indemnité journalière estimée
Détail du calcul
Taux 70 % vs 80 % Le taux est de 70 % uniquement si les trois conditions sont réunies : gain assuré supérieur à CHF 3'797, pas d'enfants à charge, pas d'invalidité >= 40 %. Si une seule condition manque, le taux de 80 % s'applique (art. 22 LACI).

Litige avec l'ORP ou la caisse ?

L'équipe JuriUp vous oriente vers un spécialiste du droit du chômage sous 48 h ouvrées.

Créer mon dossier
Réponse en 48 h ouvrées Données protégées (nLPD / RGPD) Suisse romande Sans engagement
Avertissement - Cette estimation est basée sur les règles générales de la LACI (art. 22-27) et les barèmes 2026. Elle ne tient pas compte des sanctions (jours de suspension), des délais de carence, ni des cas spéciaux (indépendants, frontaliers). Le montant net dépend des cotisations sociales retenues. Pour un calcul précis, adressez-vous à votre caisse de chômage.
01 - Comprendre

Comment se calcule l’indemnité de chômage en Suisse

L’indemnité de chômage remplace une partie du salaire perdu. Elle se calcule en trois étapes : le gain assuré, le taux (80 % ou 70 %) et le nombre maximal d’indemnités journalières, fixé par la loi fédérale sur l’assurance-chômage (LACI) et son ordonnance (OACI).

Le gain assuré. C’est le salaire déterminant au sens de l’AVS obtenu normalement pendant une période de référence, y compris les allocations régulièrement versées et convenues par contrat (art. 23 al. 1 LACI). La caisse retient la moyenne des six derniers mois de cotisation, ou celle des douze derniers mois si elle est plus élevée (art. 37 OACI). Un 13e salaire contractuel est donc pris en compte au prorata. Le gain accessoire, réalisé en dehors de l’horaire normal de travail, n’est pas assuré (art. 23 al. 3 LACI). Pour convertir votre salaire, utilisez notre calculateur de 13e salaire au prorata.

Le plafond et le minimum. Le montant maximal du gain assuré correspond à celui de l’assurance-accidents obligatoire : CHF 148’200 par an, soit CHF 12’350 par mois (art. 23 al. 1 LACI, art. 22 al. 1 OLAA). Au-delà, le salaire n’est pas assuré. À l’inverse, un gain qui n’atteint pas CHF 500 par mois pendant la période de référence n’est pas assuré ; les gains de plusieurs emplois s’additionnent (art. 40 OACI).

Le taux : 80 % ou 70 %. L’indemnité journalière pleine et entière s’élève à 80 % du gain assuré (art. 22 al. 1 LACI). Elle est réduite à 70 % pour les assurés qui remplissent les trois conditions suivantes : pas d’obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans, une indemnité entière supérieure à CHF 140 par jour (soit un gain assuré d’environ CHF 3’798 par mois) et pas de rente d’invalidité correspondant à un taux d’au moins 40 % (art. 22 al. 2 LACI). Si une seule condition manque, le taux reste à 80 %. Un supplément correspondant aux allocations familiales peut s’ajouter si personne d’autre ne les touche pour le même enfant.

Du mois au jour. Le gain journalier s’obtient en divisant le gain mensuel par 21,7 (art. 40a OACI). L’indemnité est payée par jour ouvrable (cinq par semaine) : le montant mensuel varie donc selon le nombre de jours ouvrables du mois, environ 20 à 23. Le montant versé est brut : la caisse déduit les cotisations AVS/AI/APG, la cotisation de prévoyance professionnelle pour les risques décès et invalidité, et une part de la prime d’assurance-accidents non professionnels (art. 22a LACI). Pour estimer le net, notre calculateur salaire brut-net donne un ordre de grandeur des retenues.

Le nombre d’indemnités. Dans le délai-cadre de deux ans, l’assuré a droit au plus à 260 indemnités avec 12 mois de cotisation, 400 avec 18 mois et 520 avec au moins 22 mois s’il a 55 ans ou plus ou touche une rente AI d’au moins 40 % (art. 27 al. 2 LACI). Les moins de 25 ans sans obligation d’entretien envers des enfants sont limités à 200 indemnités (art. 27 al. 5bis LACI), les personnes libérées des conditions de cotisation à 90 (art. 27 al. 4 LACI).

Gain assuré maximal CHF 12’350 Par mois, soit 148’200 par an (art. 22 OLAA)
Taux d’indemnisation 80 % ou 70 % Du gain assuré (art. 22 LACI)
Indemnités maximales 260 à 520 Selon âge et cotisation (art. 27 LACI)
Délai-cadre 2 ans Indemnisation et cotisation (art. 9 LACI)

Indemnité journalière selon le gain assuré (barème 2026)

Gain assuré mensuelIndemnité à 80 %Indemnité à 70 %
CHF 3’000CHF 110.60/jour (80 % obligatoire, IJ < CHF 140)Non applicable
CHF 4’500CHF 165.90/jour, env. CHF 3’600/moisCHF 145.15/jour, env. CHF 3’150/mois
CHF 6’500CHF 239.65/jour, env. CHF 5’200/moisCHF 209.70/jour, env. CHF 4’550/mois
CHF 8’500CHF 313.35/jour, env. CHF 6’800/moisCHF 274.20/jour, env. CHF 5’950/mois
CHF 10’500CHF 387.10/jour, env. CHF 8’400/moisCHF 338.70/jour, env. CHF 7’350/mois
CHF 12’350 et plus (plafond)CHF 455.30/jour, env. CHF 9’880/moisCHF 398.40/jour, env. CHF 8’645/mois
02 - Cadre

Durée d’indemnisation, délai d’attente et cas particuliers

Le délai-cadre. Des délais-cadres de deux ans s’appliquent à la période d’indemnisation et à la période de cotisation (art. 9 al. 1 LACI). Le délai-cadre d’indemnisation commence le premier jour où toutes les conditions du droit sont réunies ; celui de cotisation couvre les deux années précédentes (art. 9 al. 2 et 3 LACI). Il faut avoir cotisé au moins 12 mois dans ce délai-cadre de cotisation (art. 13 LACI). Les indemnités non utilisées à la fin du délai-cadre sont perdues ; un nouveau délai-cadre ne s’ouvre que si les conditions de cotisation sont à nouveau remplies (art. 9 al. 4 LACI).

Le délai d’attente général. Le droit commence après un délai d’attente de cinq jours de chômage contrôlé. Pour les personnes sans obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans, il est de 10 jours pour un gain assuré annuel de CHF 60’001 à 90’000, de 15 jours de CHF 90’001 à 125’000 et de 20 jours au-delà (art. 18 al. 1 LACI). Il n’y a pas de délai d’attente si le gain assuré ne dépasse pas CHF 36’000 par an, ni entre CHF 36’001 et 60’000 en cas d’obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans (art. 6a OACI). Le délai d’attente ne s’observe qu’une fois par délai-cadre.

Les personnes libérées de l’obligation de cotiser. Une personne qui n’a pas pu cotiser pendant plus de 12 mois pour cause de formation, de maladie, d’accident ou de maternité, ou qui doit reprendre une activité après un divorce ou le décès de son conjoint, peut être libérée des conditions de cotisation (art. 14 LACI). Elle a droit à 90 indemnités au plus (art. 27 al. 4 LACI), calculées sur un gain assuré forfaitaire (art. 23 al. 2 LACI). Après une formation, elle doit en plus observer un délai d’attente spécial de 120 jours (art. 6 al. 1 OACI).

Proche de l’âge de la retraite. L’assuré dont le délai-cadre d’indemnisation s’ouvre dans les quatre ans qui précèdent l’âge de référence AVS a droit à 120 indemnités supplémentaires, et son délai-cadre est prolongé jusqu’à la fin du mois qui précède le versement de la rente AVS (art. 41b OACI, fondé sur l’art. 27 al. 3 LACI). Pour préparer la suite, consultez notre estimation de rente AVS.

Maladie, accident et gain intermédiaire. En cas d’incapacité passagère de travail pour maladie, accident ou grossesse, l’indemnité reste due jusqu’au 30e jour de l’incapacité, et au plus 44 indemnités par délai-cadre (art. 28 al. 1 LACI). Si vous acceptez un emploi moins bien payé ou à temps partiel, vous touchez des indemnités compensatoires sur la différence entre ce gain intermédiaire et votre gain assuré (art. 24 LACI) ; ce droit est limité aux 12 premiers mois de l’activité, sauf pour les assurés de 45 ans ou plus ou ayant une obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans, pour qui il court jusqu’au terme du délai-cadre (art. 24 al. 4 LACI).

L’indemnité journalière pleine et entière s’élève à 80 % du gain assuré.

Art. 22 al. 1 de la loi sur l’assurance-chômage (LACI)
03 - Pratique

S’inscrire, respecter ses obligations et contester une décision

Le calculateur donne une estimation brute. Le montant exact est fixé par la caisse de chômage que vous choisissez librement (art. 20 LACI), sur la base de l’attestation de l’employeur.

S’inscrire à temps. L’assuré doit s’inscrire personnellement aussitôt que possible, mais au plus tard le premier jour pour lequel il demande l’indemnité, auprès de l’office compétent de sa commune ou de l’office régional de placement (ORP) (art. 17 al. 2 LACI). Mieux vaut s’annoncer dès la réception du congé, pendant le délai de résiliation. L’employeur doit remettre une attestation de travail (art. 20 al. 2 LACI). Le droit à l’indemnité s’éteint s’il n’est pas exercé dans les trois mois suivant la fin de la période de contrôle concernée (art. 20 al. 3 LACI). Pour vérifier la date de fin de votre contrat, utilisez notre calculateur de délai de congé.

Recherches d’emploi et travail convenable. L’assuré doit tout entreprendre pour abréger son chômage et pouvoir prouver ses recherches (art. 17 al. 1 LACI). La preuve des recherches doit être remise au plus tard le cinq du mois suivant (art. 26 al. 2 OACI) ; le nombre de recherches attendu est fixé par l’ORP. Un travail est en principe convenable, sauf notamment s’il exige plus de deux heures de trajet à l’aller et deux heures au retour ou s’il rapporte moins de 70 % du gain assuré (art. 16 al. 2 LACI).

Les suspensions. Le droit est suspendu notamment si l’assuré est sans travail par sa propre faute, ne cherche pas suffisamment d’emploi ou refuse un travail convenable (art. 30 al. 1 LACI). La suspension dure de 1 à 15 jours pour une faute légère, de 16 à 30 jours pour une faute moyenne et de 31 à 60 jours pour une faute grave (art. 45 al. 3 OACI). Le refus sans motif valable d’un emploi convenable et l’abandon d’un tel emploi sans en avoir un autre constituent en principe une faute grave (art. 45 al. 4 OACI). Les jours de suspension sont déduits du nombre maximal d’indemnités (art. 30 al. 3 LACI). Si votre licenciement est contesté, notre diagnostic licenciement abusif vous aide à évaluer la situation.

Contester une décision. Les décisions de la caisse ou de l’autorité cantonale peuvent faire l’objet d’une opposition dans les 30 jours (art. 52 LPGA), puis d’un recours au tribunal cantonal des assurances dans les 30 jours suivant la décision sur opposition (art. 60 LPGA). Attention : l’opposition et le recours contre une suspension ou une décision sur l’aptitude au placement n’ont pas d’effet suspensif (art. 100 al. 4 LACI). Notre outil d’opposition en assurance sociale calcule le délai et vous guide. En cas de litige, JuriUp vous oriente vers un spécialiste sous 48 h ouvrées.

04 - FAQ

Questions fréquentes

L’indemnité journalière s’élève à 80 % du gain assuré, ou à 70 % si vous n’avez pas d’enfant de moins de 25 ans à charge, que votre indemnité entière dépasse CHF 140 par jour et que vous ne touchez pas de rente AI d’au moins 40 % (art. 22 LACI). Le gain assuré est plafonné à CHF 12’350 par mois. Par exemple, avec un gain assuré de CHF 6’500, l’indemnité est d’environ CHF 5’200 (80 %) ou CHF 4’550 (70 %) par mois en moyenne, avant déduction des cotisations sociales.

Le nombre maximal d’indemnités journalières dépend de la période de cotisation et de l’âge (art. 27 LACI) : 260 avec 12 mois de cotisation, 400 avec 18 mois, 520 avec au moins 22 mois pour les assurés de 55 ans ou plus ou au bénéfice d’une rente AI d’au moins 40 %. Les moins de 25 ans sans obligation d’entretien envers des enfants ont droit à 200 indemnités au plus, les personnes libérées de l’obligation de cotiser à 90. Une indemnité correspond à un jour ouvrable : 260 indemnités représentent environ un an.

Le gain assuré est le salaire AVS obtenu normalement, y compris les allocations régulières prévues par contrat comme un 13e salaire (art. 23 LACI). La caisse prend la moyenne des six derniers mois de cotisation, ou celle des douze derniers mois si elle est plus favorable (art. 37 OACI). Il est plafonné à CHF 148’200 par an et le gain journalier s’obtient en divisant le gain mensuel par 21,7 (art. 40a OACI).

Ce sont des jours de chômage contrôlé non indemnisés au début du délai-cadre. Le délai général est de 5 jours ; sans obligation d’entretien envers des enfants de moins de 25 ans, il passe à 10, 15 ou 20 jours selon que le gain assuré annuel dépasse CHF 60’000, 90’000 ou 125’000 (art. 18 LACI). Aucun délai d’attente n’est appliqué jusqu’à CHF 36’000 de gain annuel, ni jusqu’à CHF 60’000 avec des enfants à charge (art. 6a OACI). Après une formation, un délai spécial de 120 jours s’ajoute (art. 6 OACI).

Au plus tard le premier jour pour lequel vous demandez l’indemnité (art. 17 al. 2 LACI), et idéalement dès que vous recevez votre congé. Les jours précédant l’inscription ne sont pas indemnisés. L’inscription se fait auprès de l’office communal ou de l’office régional de placement (ORP), puis vous choisissez une caisse de chômage à laquelle vous remettez l’attestation de votre employeur.

Refuser sans motif valable un travail convenable entraîne une suspension du droit à l’indemnité (art. 30 al. 1 let. d LACI). Ce refus constitue en principe une faute grave, sanctionnée par 31 à 60 jours de suspension (art. 45 al. 3 et 4 OACI). Un emploi n’est pas convenable notamment s’il impose plus de deux heures de trajet à l’aller et au retour, ou s’il rapporte moins de 70 % du gain assuré (art. 16 LACI). La décision peut être contestée par opposition dans les 30 jours.

Oui. Le revenu d’un emploi temporaire ou à temps partiel est un gain intermédiaire : la caisse verse une indemnité compensatoire sur la différence entre ce revenu et votre gain assuré, au taux de 80 % ou 70 % (art. 24 LACI). Ce droit est limité aux 12 premiers mois de l’activité, sauf si vous avez 45 ans ou plus ou des enfants de moins de 25 ans à charge. Le gain intermédiaire doit être annoncé à la caisse et correspondre aux usages professionnels et locaux.

Oui. Elles remplacent un revenu d’activité et sont imposables comme tel, en impôt fédéral direct (art. 23 let. a LIFD) comme dans les cantons. La caisse ne retient pas l’impôt pour les personnes imposées ordinairement, qui les déclarent l’année suivante ; pour les personnes soumises à l’impôt à la source, la caisse le retient. Pensez à mettre de côté un montant pour l’impôt.

Les indépendants ne cotisent pas à l’assurance-chômage (art. 2 LACI) et n’y ont donc pas droit pour leur activité indépendante. Ils peuvent ouvrir un droit s’ils ont exercé une activité salariée soumise à cotisation pendant au moins 12 mois dans les deux dernières années. Les frontaliers au chômage complet sont en principe indemnisés par leur pays de résidence, selon les règles de coordination européennes applicables avec la Suisse.

Votre situation en 2 minutes

Une convention de départ à négocier ?

Vous êtes dans ce cas ? Répondez à 3 questions : nos spécialistes analysent ensuite votre dossier gratuitement.

Question 1 sur 3
Quelle est votre situation ?
Dans quel canton ?
Est-ce urgent ?

Votre dossier est prêt à être créé

    Créez votre dossier : vos réponses sont déjà remplies. Décrivez ensuite votre situation en quelques lignes, nos spécialistes l'analysent et vous indiquent la suite.

    Créer mon dossier gratuit
    • Création de votre dossier gratuite
    • Réponse sous 48 h ouvrées
    • Confidentiel et sans engagement
    Gratuit et confidentiel

    Avertissement

    Les contenus de JuriUp sont des informations juridiques générales, rédigées avec soin. Le droit, la jurisprudence, les tarifs et la pratique des autorités évoluent : cette page peut ne pas être à jour et contenir des erreurs, des imprécisions ou des omissions.

    Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé et ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un juriste sur votre situation. JuriUp n'assume aucune responsabilité pour les décisions prises sur la seule base de ces informations. Vérifiez toujours les textes officiels (fedlex.admin.ch) et les délais qui s'appliquent à votre cas.

    Dernière mise à jour de cette page : 25 octobre 2026.

    Besoin d’un accompagnement juridique ?

    Avec JuriUp, gagnez du temps et faites des économies : nous vous aidons à créer un dossier complet et clair, pour que l’expert juridique qui vous accompagne puisse se concentrer sur l’essentiel : votre situation.