Mon employeur a-t-il le droit de réduire mes vacances en cas d’arrêt maladie ?
Réponse vérifiée par des juristes et avocats Mis à jour le 31 juillet 2026 Droit suisse
Ça dépend. En Suisse (art. 329b CO), vous bénéficiez d'un mois de grâce en cas de maladie. Si l'absence est plus courte, l'employeur ne peut pas réduire vos vacances. Toutefois, dès le deuxième mois complet d'absence, il a le droit de les diminuer d'un douzième par mois.
- La loi accorde un délai de grâce d'un mois en cas de maladie.
- Dès le deuxième mois complet d'absence, la réduction est d'un douzième.
- Le calcul s'effectue par mois entier sur l'année de service.
- Une absence fautive annule le délai de grâce (réduction dès le premier mois).
- Le congé maternité ou paternité ne donne jamais droit à une réduction.
Ce que dit la loi
Ce que dit le droit suisse
L’article 329b du Code des obligations régit le droit de l’employeur à réduire les vacances d’un salarié empêché de travailler. La règle générale est de protéger le travailleur lors des absences indépendantes de sa volonté, tout en évitant que l’employeur ne doive accorder la totalité des vacances à un collaborateur absent la majeure partie de l’année.
Ainsi, la loi fixe un délai de carence (ou délai de grâce) d’un mois. Durant ce premier mois d’absence pour maladie ou accident, aucune déduction n’est autorisée. Vous conservez votre droit aux vacances intact. En revanche, si l’arrêt de travail se prolonge au-delà de cette durée protectrice, la situation change. L’employeur est alors en droit de retrancher un douzième de vos vacances annuelles pour chaque nouveau mois complet d’absence, à condition que le collaborateur soit totalement incapable de travailler.
Comment se calcule la réduction ?
Le calcul se base systématiquement sur des mois complets, généralement fixés à environ 21,7 jours ouvrables, ce qui équivaut à un mois calendrier selon la méthode de décompte usuelle de l’entreprise. L’addition des différentes périodes d’absences se fait toujours sur l’année de service en cours, et non sur l’année civile. Il faut donc être attentif à la date anniversaire de l’entrée en fonction. Par exemple, pour un droit annuel de quatre semaines (soit vingt jours ouvrés au total) et une absence pour maladie de trois mois et demi :
- Le premier mois constitue le délai de grâce légal (aucune réduction n’est possible).
- Les deuxième et troisième mois d’absence génèrent une réduction mathématique de deux douzièmes.
- La demi-absence restante ne donne pas lieu à une réduction supplémentaire, car la loi stipule que seuls les mois entiers sont comptabilisés pour amputer le solde de congés.
Les limites à ce droit de l’employeur
Il est impératif que l’incapacité de travail n’ait pas été causée par la faute du travailleur. Si la maladie ou la lésion assimilée à un accident résulte d’une grave négligence (par exemple, le non-respect volontaire des règles de sécurité), l’employeur perd son devoir de mansuétude et peut procéder à la déduction dès le premier jour d’arrêt.
De plus, il convient de souligner que cette réduction est uniquement un droit de l’employeur, et aucunement une obligation légale impérative. Une entreprise bienveillante peut parfaitement y renoncer par pure tolérance envers son personnel convalescent. Enfin, cette procédure purement comptable ne justifie en rien un renvoi précipité du salarié malade ; si vous avez des craintes fondées sur le maintien de votre poste de travail, renseignez-vous activement sur les droits applicables si vous êtes licencié pendant un arrêt maladie, car des périodes de protection contre le licenciement s’appliquent en parallèle.
Les exceptions et les pièges
Cas particulier 1 : L’absence fautive du travailleur. Si votre arrêt maladie ou accident est dû à votre propre faute (par exemple, une négligence grave ou la participation à une entreprise téméraire), la loi supprime le mois de grâce. L’employeur peut alors réduire vos vacances d’un douzième dès le premier mois d’absence.
Cas particulier 2 : La maternité et la paternité. La loi protège strictement les parents. L’employeur ne peut en aucun cas réduire les vacances d’une travailleuse en raison de son congé de maternité, ni celles du père prenant son congé de paternité. Par ailleurs, si la grossesse entraîne une incapacité de travail avant l’accouchement, le délai de carence est étendu de un à deux mois.
Un cas concret
Exemple vécu
Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse
Marc, informaticien dans le canton de Fribourg, subit une lourde intervention chirurgicale et se trouve en incapacité de travail durant quatre mois et demi. À son retour, son patron souhaite diminuer ses jours de vacances. Marc se demande si cette pratique est légale. En vertu du délai de grâce prévu par le Code des obligations, le premier mois de son absence est entièrement protégé. La réduction ne s'applique que sur les trois mois complets suivants, la dernière moitié de mois étant ignorée. Son employeur a donc formellement le droit de déduire trois douzièmes de son droit annuel aux vacances.
Les bases légales
Valable dans quel canton ?
Cette réponse repose sur le droit fédéral : la règle est la même dans toute la Suisse, quel que soit votre canton.
- Genève
- Vaud
- Valais
- Fribourg
- Neuchâtel
- Jura
- Berne
- et tous les cantons suisses
Que faire concrètement
-
Vérifiez la durée totale de votre incapacité
Faites le compte exact des jours d'arrêt de travail cumulés durant votre année de service, en vous basant rigoureusement sur vos certificats médicaux.
-
Soustrayez le mois de grâce (délai de carence)
Le premier mois d'absence (environ 21 jours ouvrables) est protégé par la loi. Aucune déduction de vacances ne peut être effectuée sur cette période initiale.
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Calculez les mois entiers restants
Divisez le reliquat de vos jours d'absence par le nombre de jours ouvrables mensuels. Ne retenez que les mois complets (les fractions de mois inachevées ne sont pas réductibles).
-
Appliquez la règle du douzième
Pour chaque mois complet obtenu à l'étape précédente, votre employeur est légalement autorisé à retirer un douzième de votre droit annuel aux vacances.
-
Contestez par écrit tout calcul abusif
Si l'employeur a déduit des jours de vacances pendant le délai de carence ou a arrondi les mois à la hausse, contestez immédiatement ce décompte par un courrier recommandé.
Un litige avec votre employeur au sujet de vos vacances ?
Ne laissez pas une erreur de calcul amputer votre droit au repos. Nos juristes spécialisés en droit du travail analysent votre décompte et vous aident à faire valoir vos droits en Suisse.
Questions fréquentes
Non. Le but des vacances est le repos. Si vous fournissez un certificat médical prouvant que vous étiez inapte au repos, ces jours ne comptent pas comme des congés et doivent vous être recrédités.
Oui, mais de manière proportionnelle. Si vous êtes en incapacité à 50 % durant une année entière, cela correspond à six mois d'absence totale. Après déduction du mois de grâce, une réduction de cinq douzièmes s'applique.
Non. L'article 329b du Code des obligations interdit expressément de réduire le droit aux vacances d'une collaboratrice en raison de son absence liée au congé maternité.
Non. Les dispositions légales encadrant la réduction des vacances sont impératives en faveur du travailleur. Le contrat ou le règlement ne peut pas supprimer le mois de grâce légal.
Oui. La réduction se calculant par année de service, le passage à une nouvelle année réinitialise les compteurs. Un nouveau délai de carence d'un mois s'applique avant toute nouvelle déduction.
L’avis de l’équipe JuriUp
Equipe JuriUp
Juristes & avocats partenaires - droit suisse
La réduction des vacances en cas de maladie est un point de friction classique entre employeur et employé, souvent dû à une mauvaise maîtrise mathématique de la règle par les services de ressources humaines. Le piège le plus fréquent consiste à additionner les absences de courte durée sans neutraliser le mois de grâce, ou à arrondir la durée à la hausse pour pénaliser le travailleur.
Notre conseil pratique : réclamez systématiquement le détail écrit du calcul de votre solde de vacances en fin d’année. Si l’employeur oublie de procéder à cette réduction durant l’année de service et la reporte silencieusement à l’année suivante, cette pratique peut être contestée car la réduction s’examine année par année. En cas de doute face à un décompte insistant, une courte consultation avec l’un de nos experts en droit du travail permet bien souvent de rétablir la situation sans entamer de lourdes procédures.
Sources officielles
- Fedlex : Code des obligations
- Portail officiel ch.ch : Vacances et maladie
- SECO : FAQ sur les vacances
Informations vérifiées le 31 juillet 2026
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La règle exposée ici découle directement de la loi et s’applique dans toute la Suisse. Cette page fournit une information juridique générale sur le droit suisse et ne remplace pas un conseil personnalisé : faites valider votre situation par un professionnel via JuriUp.