Apport en espèces ou apport en nature : que choisir pour créer sa société en Suisse ?
Comparatif vérifié par JuriUp Mis à jour le 24 août 2026 Droit suisse
Choisissez l'apport en espèces si vous disposez des fonds (20 000 CHF pour une Sàrl, 50 000 CHF libérés pour une SA) à bloquer sur un compte de consignation, pour une création rapide et moins chère. Choisissez l'apport en nature (véhicules, machines) si vous manquez de liquidités, en acceptant des frais de révision supplémentaires (art. 634 CO).
- L'apport en espèces exige de bloquer le montant du capital sur un compte de consignation bancaire jusqu'à la création officielle.
- L'apport en nature permet de libérer le capital avec des biens matériels utiles à l'entreprise, comme un véhicule ou des machines.
- L'apport en nature génère des frais supplémentaires car la valeur des biens doit obligatoirement être attestée par un réviseur agréé.
- L'apport en espèces permet une fondation chez le notaire beaucoup plus rapide et administrativement plus simple.
Apport en espèces ou Apport en nature : le face-à-face
Comparatif indicatif : les montants et démarches peuvent varier selon votre situation.
Quel choix pour votre situation
Apport en espèces si vous…
- Vous avez suffisamment d'économies pour bloquer le capital minimum de départ (ex: 20 000 CHF pour une Sàrl).
- Vous souhaitez immatriculer votre société le plus rapidement possible pour signer vos premiers contrats.
- Vous voulez réduire au maximum les frais de constitution chez le notaire et éviter les honoraires de révision.
Apport en nature si vous…
- Vous manquez de liquidités mais possédez des biens très utiles à l'entreprise (camionnette, parc informatique, machines industrielles).
- Vous acceptez de payer des honoraires supplémentaires à un réviseur agréé pour faire évaluer vos biens.
- Vous transformez une raison individuelle existante en Sàrl ou en SA et souhaitez transférer l'ensemble de vos actifs matériels.
Comprendre les différences
Ce qui change vraiment entre ces deux modes de libération
Lors de la création d’une société en Suisse (Sàrl ou SA), la loi exige qu’un capital minimum soit libéré : 20 000 CHF pour une Sàrl et au moins 50 000 CHF pour une SA. Le législateur vous offre deux voies principales pour y parvenir. L’apport en espèces consiste à verser de l’argent sur un compte de consignation bancaire au nom de la société en formation. C’est la méthode la plus courante, la plus simple et la moins coûteuse. À l’inverse, l’apport en nature permet d’utiliser des biens corporels ou incorporels (véhicules, machines, stock) pour libérer tout ou partie du capital. Cette solution est idéale si vous n’avez pas de liquidités, mais elle est soumise à des règles strictes pour éviter de tromper les futurs créanciers sur la valeur réelle de l’entreprise au démarrage.
Le critère que tout le monde oublie : les coûts cachés
De nombreux fondateurs pensent faire des économies en optant pour l’apport en nature, puisqu’ils n’ont pas à sortir de cash. C’est une erreur d’appréciation très fréquente en Suisse. La loi impose de faire évaluer ces biens par un réviseur agréé externe (qui n’est pas votre comptable habituel). Ce professionnel engagera sa responsabilité et vous facturera des honoraires non négligeables. Par ailleurs, les frais de création d’une Sàrl ou d’une SA chez le notaire seront plus élevés en raison des documents supplémentaires à rédiger, tels que le rapport de fondation et le contrat de transfert des biens. Au final, l’apport en nature coûte toujours plus cher à la constitution.
Comment choisir la meilleure stratégie pour son entreprise ?
Si vous possédez l’argent sur votre compte privé, la stratégie la plus efficace consiste souvent à libérer le capital en espèces. Une fois la société inscrite au registre du commerce, la banque débloque les fonds. Vous pourrez alors utiliser cet argent pour que la société vous rachète directement vos propres machines ou véhicules personnels. Vous obtenez ainsi le même résultat économique tout en contournant la lourdeur administrative de l’apport en nature. En revanche, si vous ne disposez vraiment pas des fonds de départ ou si vous reprenez une affaire existante complexe, l’apport en nature devient une nécessité justifiée qu’un notaire saura parfaitement encadrer.
Prêt à fonder votre société en Suisse ?
Que vous optiez pour un apport en espèces ou en nature, l'équipe JuriUp vous accompagne à chaque étape de la constitution de votre entreprise.
Les pièges à éviter
- Piège 1 : Tenter d'apporter en nature des biens invendables ou sans valeur de marché : l'apport doit obligatoirement figurer à l'actif du bilan et être réalisable (art. 634 CO).
- Piège 2 : Sous-estimer le temps nécessaire à un apport en nature : le réviseur agréé peut mettre plusieurs semaines à délivrer son attestation d'évaluation.
- Piège 3 : Oublier que l'argent de l'apport en espèces n'est bloqué que temporairement : il est libéré et disponible pour les dépenses de l'entreprise dès l'inscription au registre du commerce.
Un cas concret
Exemple vécu
Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse
Marc souhaite lancer son entreprise de menuiserie dans le canton de Fribourg. Ne disposant que de 5000 CHF d'économies, il décide de libérer le solde du capital de sa future Sàrl avec sa camionnette professionnelle et ses machines, évaluées à 15 000 CHF. Il opte donc pour un apport en nature partiel. Un réviseur agréé valide la valeur de ses équipements, ce qui lui permet de fonder sa société sans devoir emprunter les liquidités manquantes, en acceptant des frais de fondation légèrement supérieurs.
Les bases légales
Questions fréquentes
Oui, c'est tout à fait possible. Par exemple, pour créer une Sàrl nécessitant 20 000 CHF de capital, vous pouvez verser 10 000 CHF en espèces sur le compte de consignation et apporter un véhicule évalué à 10 000 CHF en nature.
Les biens qui ne peuvent pas être saisis ou vendus séparément sont exclus. Par exemple, une clientèle purement personnelle ou des compétences professionnelles (appelées apport en industrie) ne peuvent pas constituer un apport en nature valable pour libérer le capital.
Oui, la plupart des banques suisses facturent des frais d'ouverture pour le compte de consignation de capital, souvent compris entre 200 et 500 CHF. Ces frais sont généralement déduits du capital une fois celui-ci transféré sur le compte courant de la nouvelle société.
Si le réviseur estime que votre bien est surévalué, vous devrez soit apporter un bien supplémentaire, soit combler la différence en espèces. Sans cette correction, le notaire ne pourra pas finaliser la constitution de votre société.
En théorie oui, s'il a une valeur vénale suffisante et qu'il est formellement transféré à la société. Cependant, en pratique, les honoraires du réviseur rendent l'apport en nature de petits équipements informatiques totalement dissuasif sur le plan financier.
Non, bien au contraire. Dès que votre société est officiellement inscrite au registre du commerce, la banque débloque l'intégralité de l'argent. Ces fonds deviennent le fonds de roulement de votre entreprise et vous pouvez les utiliser librement pour payer vos factures, vos fournisseurs ou vos premiers salaires.
L’avis de l’équipe JuriUp
Equipe JuriUp
Juristes & avocats partenaires - droit suisse
L’apport en nature est une excellente bouée de sauvetage juridique pour les créateurs qui manquent cruellement de liquidités, mais il est souvent perçu à tort comme une solution de facilité économique. Le critère décisif, que beaucoup de fondateurs sous-estiment, est l’obligation stricte de recourir à un réviseur agréé. L’intervention de ce professionnel externe annule souvent les prétendues économies réalisées à la création. Sans compter les délais supplémentaires d’évaluation qui peuvent retarder le lancement officiel de votre activité de plusieurs semaines.
L’erreur classique consiste à vouloir faire un apport en nature de petits équipements pour faire des économies de cash (un simple ordinateur, un bureau de direction, une imprimante d’occasion). Les honoraires cumulés du réviseur et du notaire coûteront bien plus cher que le matériel lui-même. Un juriste ou un avocat JuriUp vous conseillera toujours, si vous le pouvez, de privilégier la libération en espèces, quitte à ce que la nouvelle société vous rachète votre propre matériel quelques semaines après sa création légale.
Sources officielles
Informations vérifiées le 24 août 2026
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Ce comparatif fournit une information juridique générale sur le droit suisse et ne remplace pas un conseil personnalisé : le bon choix dépend de votre situation précise. Faites-la valider par un professionnel via JuriUp.