Ai-je le droit d’avorter après 12 semaines en Suisse ?
Réponse vérifiée par des juristes et avocats Mis à jour le 1 novembre 2026 Droit suisse
Ça dépend. Après 12 semaines, l'interruption de grossesse reste permise seulement si un médecin atteste par écrit qu'elle est nécessaire pour écarter un danger d'atteinte grave à votre santé physique ou un état de détresse profonde.
- Dans les 12 semaines suivant le début des dernières règles, la femme demande l'interruption par écrit en invoquant une situation de détresse
- Au-delà, il faut un avis médical démontrant le danger d'une atteinte grave à l'intégrité physique ou d'un état de détresse profonde
- Plus la grossesse est avancée, plus le danger doit être grave
- Aucun âge minimal n'est fixé : le consentement du représentant légal est requis si la femme est incapable de discernement
- Hors conditions, la femme encourt une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire
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Faire analyser ma situationCe que dit le droit suisse après 12 semaines
Le Code pénal pose deux régimes, valables dans toute la Suisse romande. Dans les douze semaines suivant le début des dernières règles, l’interruption n’est pas punissable si la femme la demande par écrit en invoquant une situation de détresse et si elle est pratiquée par un médecin habilité à exercer (art. 119 al. 2 CP). Passé ce délai, vous ne pouvez plus la demander sur cette seule base. Le point de départ est le début des dernières règles, pas la conception.
Après la douzième semaine, l’interruption n’est pas punissable si un avis médical démontre qu’elle est nécessaire pour écarter le danger d’une atteinte grave à l’intégrité physique ou d’un état de détresse profonde de la femme enceinte. Le danger doit être d’autant plus grave que la grossesse est avancée (art. 119 al. 1 CP). Le texte ne fixe pas de limite en semaines au-delà : l’appréciation est médicale, au cas par cas.
Les risques en dehors des conditions légales
La femme qui interrompt sa grossesse, la fait interrompre ou y participe après la douzième semaine, sans que les conditions de l’art. 119 al. 1 CP soient remplies, encourt une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire (art. 118 al. 3 CP). Celui qui pratique l’interruption avec son consentement, hors des conditions de l’art. 119 CP, encourt une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou une peine pécuniaire (art. 118 al. 1 CP). Sans le consentement de la femme, la peine va d’un à dix ans de peine privative de liberté (art. 118 al. 2 CP).
Mineures et consentement
Le Code pénal ne fixe aucun âge pour décider seule : le consentement du représentant légal n’est requis que si la femme est incapable de discernement (art. 119 al. 3 CP). Le canton désigne les cabinets et établissements hospitaliers qui remplissent les conditions nécessaires (art. 119 al. 4 CP).
Si une procédure vous menace, consultez notre page Droit pénal. Le montant éventuel à votre charge dépend de votre assurance : renseignez-vous auprès d’elle avant l’intervention.
Les exceptions et les pièges
Danger pour la santé : après 12 semaines, l’interruption devient non punissable si un avis médical démontre qu’elle est nécessaire pour écarter une atteinte grave à l’intégrité physique ou une détresse profonde (art. 119 al. 1 CP).
Plus la grossesse avance : le danger exigé doit être d’autant plus grave, ce qui restreint la marge d’appréciation du médecin.
Incapacité de discernement : le consentement du représentant légal est alors requis (art. 119 al. 3 CP).
Sans consentement de la femme : l’acte est puni d’un à dix ans de peine privative de liberté (art. 118 al. 2 CP).
Un cas concret
Exemple vécu
Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse
Fabienne L., domiciliée dans le canton de Vaud, découvre à la quatorzième semaine suivant ses dernières règles une grave complication qui met sa santé en danger. Elle ne peut plus invoquer la seule situation de détresse du délai de 12 semaines. Son médecin établit un avis médical démontrant la nécessité de l'intervention pour écarter une atteinte grave à son intégrité physique. Dans ce cas, l'interruption n'est pas punissable.
Les bases légales
Valable dans quel canton ?
Cette réponse repose sur le droit fédéral : la règle est la même dans toute la Suisse, quel que soit votre canton.
- Genève
- Vaud
- Valais
- Fribourg
- Neuchâtel
- Jura
- Berne
- et tous les cantons suisses
Que faire concrètement
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Calculez le délai
Comptez les semaines depuis le premier jour de vos dernières règles, point de départ retenu par l'art. 119 al. 2 CP.
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Consultez un médecin sans attendre
Un médecin habilité à exercer apprécie votre situation. Après 12 semaines, il doit pouvoir établir un avis médical selon l'art. 119 al. 1 CP.
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Demandez un avis médical écrit
Faites documenter le danger pour votre santé physique ou la détresse profonde. Plus la grossesse est avancée, plus le danger doit être grave.
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Renseignez-vous sur le lieu de l'intervention
Chaque canton désigne les cabinets et établissements hospitaliers qui remplissent les conditions (art. 119 al. 4 CP). Adressez-vous à l'autorité compétente de votre canton.
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Vérifiez la prise en charge
Interrogez votre assurance maladie sur la prise en charge et sur la franchise applicable avant l'intervention.
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Un avocat partenaire peut évaluer votre situation en toute confidentialité et vous indiquer les démarches adaptées.
Questions fréquentes
Ça dépend. Le Code pénal ne fixe aucun âge et exige le consentement du représentant légal seulement si la femme est incapable de discernement (art. 119 al. 3 CP). Le médecin apprécie ce point au cas par cas.
Depuis le début des dernières règles, et non depuis la conception (art. 119 al. 2 CP).
Non, le texte ne fixe pas de limite chiffrée. Il exige un avis médical et un danger d'autant plus grave que la grossesse est avancée (art. 119 al. 1 CP).
Oui. Après la douzième semaine, sans que les conditions de l'art. 119 al. 1 CP soient remplies, elle encourt une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire (art. 118 al. 3 CP).
Le canton, qui désigne ceux qui remplissent les conditions nécessaires (art. 119 al. 4 CP). Renseignez-vous auprès de l'autorité compétente de votre canton.
L’avis de l’équipe JuriUp
Équipe JuriUp
Juristes et avocats partenaires - droit suisse
Le piège le plus fréquent est de croire que le délai court depuis la conception : la loi compte à partir du début des dernières règles, ce qui réduit d’environ deux semaines la marge réelle. Si vous êtes proche de la limite, ne tardez pas à consulter.
Beaucoup pensent aussi qu’un chiffre précis de semaines fixe un plafond absolu : le Code pénal n’en prévoit pas, il exige un avis médical et un danger d’autant plus grave que la grossesse avance. En cas de doute ou de refus, un avocat évaluera votre situation.
Sources officielles
- Fedlex : Code pénal suisse, art. 119 interruption non punissable de la grossesse
- Fedlex : Code pénal suisse, art. 118 interruption punissable de la grossesse
Informations vérifiées le 1 novembre 2026
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La règle exposée ici découle directement de la loi et s’applique dans toute la Suisse. Cette page fournit une information juridique générale sur le droit suisse et ne remplace pas un conseil personnalisé : faites valider votre situation par un professionnel via JuriUp.