Vos droits · Droit de la famille

Ai-je le droit de décider des soins de mon proche qui ne peut plus s’exprimer ?

Réponse vérifiée par des juristes et avocats Mis à jour le 31 octobre 2026 Droit suisse

La réponse Ça dépend Règle claire

Ça dépend. Sans directives anticipées de votre proche incapable de discernement sur ce traitement, la loi désigne qui peut accepter ou refuser à sa place les soins que le médecin propose. Passent d'abord la personne qu'il a désignée dans des directives anticipées ou un mandat pour cause d'inaptitude, puis son curateur pour le domaine médical. Suivent, à certaines conditions, son conjoint ou partenaire enregistré, puis la personne qui vit avec lui. Ses descendants, puis ses parents, puis ses frères et sœurs viennent ensuite, s'ils lui fournissent une assistance personnelle régulière.

  • Si votre proche a fixé dans des directives anticipées les traitements qu'il accepte ou refuse, le médecin les respecte, sauf exceptions.
  • La personne que votre proche a désignée dans des directives anticipées ou un mandat pour cause d'inaptitude passe en premier.
  • Le conjoint ou partenaire enregistré passe avant les enfants, s'il fait ménage commun avec votre proche ou lui fournit une assistance personnelle régulière.
  • Le représentant décide selon la volonté présumée et les intérêts de votre proche.
  • Si les représentants sont en désaccord, l'autorité de protection de l'adulte désigne le représentant ou institue une curatelle de représentation.

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Au chevet de son père âgé, endormi dans un lit d'hôpital, une femme écoute attentivement le médecin.
Mise en situation · image de synthèse
Délai à respecterRecours écrit et motivé au juge contre une décision de l'autorité de protection de l'adulte : 30 jours dès sa notification, dix jours pour une décision sur des mesures provisionnelles

Ce que dit le droit suisse

Lorsqu’une personne incapable de discernement doit recevoir des soins sur lesquels elle ne s’est pas prononcée dans des directives anticipées, le médecin établit le traitement avec la personne habilitée à la représenter dans le domaine médical. Est incapable de discernement la personne privée de la faculté d’agir raisonnablement, par exemple en raison de troubles psychiques ou d’une déficience mentale. Le Tribunal fédéral a jugé que la capacité de discernement s’apprécie pour un acte précis, selon sa nature et son importance.

La loi fixe l’ordre des personnes habilitées. Viennent d’abord la personne désignée dans des directives anticipées ou un mandat pour cause d’inaptitude, puis le curateur chargé de la représentation dans le domaine médical. Suivent le conjoint ou partenaire enregistré qui fait ménage commun avec elle ou lui fournit une assistance personnelle régulière, puis la personne qui fait ménage commun avec elle et lui fournit une telle assistance. Viennent enfin ses descendants, puis ses père et mère, puis ses frères et sœurs, chacun seulement s’il lui fournit une telle assistance.

Les directives anticipées

Toute personne capable de discernement peut indiquer, dans des directives anticipées écrites, datées et signées, les traitements auxquels elle consent ou non, et y désigner une personne qui décidera en son nom. Le médecin qui traite un patient incapable de discernement et ignore s’il en a rédigé consulte sa carte d’assuré, sauf urgence. Il les respecte, sauf si elles violent la loi ou si des doutes sérieux laissent penser qu’elles ne reflètent pas la libre volonté du patient ou sa volonté présumée dans la situation donnée. Si elles ne sont pas respectées, tout proche peut s’adresser par écrit à l’autorité de protection de l’adulte.

Comment le représentant décide

Le médecin renseigne le représentant sur tous les aspects pertinents du traitement, notamment ses raisons, ses risques, son coût et les autres traitements possibles. Dans la mesure du possible, votre proche est associé à la décision. Sans directives anticipées qui donnent des instructions, le représentant décide selon la volonté présumée de la personne, c’est-à-dire ce qu’elle aurait voulu, et selon ses intérêts. S’il y a plusieurs représentants, le médecin peut, de bonne foi, présumer que chacun agit avec l’accord des autres.

En cas de désaccord : l’autorité de protection de l’adulte

Chaque canton désigne cette autorité. Elle désigne le représentant ou institue une curatelle de représentation si le représentant ne peut être déterminé clairement, si les représentants ne sont pas tous du même avis, ou si les intérêts de la personne sont compromis ou risquent de l’être. Elle agit d’office ou à la demande du médecin ou d’un autre proche. Un juriste JuriUp peut vous indiquer ce que cette demande écrite doit contenir.

Ses décisions peuvent faire l’objet d’un recours écrit et motivé devant le juge, notamment par les proches. Le délai est de 30 jours dès la notification, et de dix jours pour une décision sur des mesures provisionnelles.

Information générale, pas une consultation juridique ni un avis médical. JuriUp n’est pas une étude d’avocats et ne délivre pas de prestation réservée aux avocats.

Les exceptions et les pièges

Troubles psychiques. Le traitement des troubles psychiques d’une personne incapable de discernement placée dans un établissement psychiatrique suit les règles du placement à des fins d’assistance, et non celles décrites ici.

Urgence. En cas d’urgence, le médecin n’a pas à consulter d’abord la carte d’assuré et administre les soins selon la volonté présumée et les intérêts du patient.

Proche encore capable de discernement. Ces règles visent une personne incapable de discernement : elles ne s’appliquent pas si votre proche reste capable de discernement pour ce traitement. Le Tribunal fédéral rappelle qu’une intervention médicale exige le consentement éclairé du patient.

Un cas concret

Exemple vécu

Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse

Situation fréquente

Sophie a 55 ans. Son père, 82 ans, est hospitalisé après un accident vasculaire cérébral et ne peut plus donner son avis. Veuf, il vivait seul et n'a ni curateur, ni directives anticipées, ni mandat pour cause d'inaptitude. Le médecin parle d'un traitement à Sophie. Son frère, qui vit loin, s'y oppose. Comme Sophie fournit à son père une assistance personnelle régulière, elle peut accepter ou refuser ce traitement. La règle : si son frère l'assiste aussi de cette façon, ils sont deux représentants en désaccord, et l'autorité de protection de l'adulte désigne le représentant ou institue une curatelle de représentation.

Les bases légales

  • Art. 378 CCfedlex Ordre des proches qui peuvent consentir ou non aux soins d'une personne incapable de discernement
  • Art. 377 CCfedlex Le médecin établit le traitement avec le représentant et le renseigne sur tous les aspects pertinents
  • Art. 370 CCfedlex Les directives anticipées fixent les traitements acceptés ou refusés et peuvent désigner un représentant
  • Art. 372 CCfedlex Le médecin consulte la carte d'assuré et respecte les directives anticipées, sauf exceptions
  • Art. 379 CCfedlex En urgence, le médecin soigne selon la volonté présumée et les intérêts du patient
  • Art. 381 CCfedlex En cas de désaccord ou d'intérêts menacés, l'autorité désigne le représentant ou institue une curatelle

Valable dans quel canton ?

Droit fédéral

Cette réponse repose sur le droit fédéral : la règle est la même dans toute la Suisse, quel que soit votre canton.

  • Genève
  • Vaud
  • Valais
  • Fribourg
  • Neuchâtel
  • Jura
  • Berne
  • et tous les cantons suisses

Que faire concrètement

  1. Chercher des directives anticipées

    Demandez au médecin s'il a consulté la carte d'assuré et cherchez chez votre proche des directives anticipées ou un mandat pour cause d'inaptitude.

  2. Vérifier votre place

    Vérifiez si une personne passe avant vous dans l'ordre de la loi, par exemple un conjoint qui vit avec votre proche.

  3. Demander toutes les informations

    Demandez au médecin les raisons, les risques et le coût du traitement, puis décidez selon ce que votre proche aurait voulu et selon ses intérêts.

  4. Saisir l'autorité si besoin

    En cas de désaccord entre représentants ou d'intérêts menacés, adressez une demande écrite à l'autorité de protection de l'adulte.

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Questions fréquentes

S'il est incapable de discernement et ne s'est pas prononcé dans des directives anticipées, le médecin établit le traitement avec son représentant. La loi fixe l'ordre : la personne désignée dans des directives anticipées ou un mandat pour cause d'inaptitude, le curateur pour le domaine médical, le conjoint ou partenaire enregistré, la personne qui vit avec le patient, puis ses descendants, ses parents, ses frères et sœurs. À partir du conjoint, chacun n'y figure qu'à certaines conditions, notamment une assistance personnelle régulière (pour le conjoint, la vie commune suffit).

Il doit les respecter, sauf si elles violent la loi ou si des doutes sérieux laissent penser qu'elles ne reflètent pas la libre volonté du patient ou sa volonté présumée. S'il s'en écarte, il note ses motifs dans le dossier médical. Tout proche peut s'adresser par écrit à l'autorité de protection de l'adulte si elles ne sont pas respectées.

Si vous êtes tous deux représentants, chacun l'assistant personnellement et régulièrement, et n'êtes pas du même avis, l'autorité de protection de l'adulte désigne le représentant ou institue une curatelle de représentation. Elle agit d'office ou à la demande du médecin ou d'un proche.

Oui, si vous devenez incapable de discernement, s'il fait ménage commun avec vous et vous fournit une assistance personnelle régulière, et si personne ne passe avant lui. Avant lui viennent notamment la personne désignée dans des directives anticipées et un conjoint qui remplit les conditions légales. Vous pouvez aussi le désigner vous-même dans des directives anticipées écrites, datées et signées.

Si votre père ou votre mère est incapable de discernement, vous pouvez, sauf directives anticipées sur ces soins, décider de ses soins si vous lui fournissez une assistance personnelle régulière et que personne ne passe avant vous. Passe en premier la personne qu'il a désignée dans des directives anticipées écrites, datées et signées, ou un mandat pour cause d'inaptitude écrit en entier, daté et signé de sa main, ou authentique.

Non. Si aucune personne habilitée n'accepte de représenter le patient, l'autorité de protection de l'adulte institue une curatelle de représentation.

L’avis de l’équipe JuriUp

Équipe JuriUp

Droit suisse

Demandez au médecin qui il considère comme représentant. Si c’est vous, il doit vous renseigner sur le traitement envisagé, ses risques et les autres possibilités : notez ses explications. Si vous êtes plusieurs représentants en désaccord, demandez par écrit à l’autorité de protection de l’adulte d’intervenir. Un juriste JuriUp peut vous indiquer ce qu’elle doit contenir.

Sources officielles

Informations vérifiées le 31 octobre 2026

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La règle exposée ici découle directement de la loi et s’applique dans toute la Suisse. Cette page fournit une information juridique générale sur le droit suisse et ne remplace pas un conseil personnalisé : faites valider votre situation par un professionnel via JuriUp.

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    Le droit, la jurisprudence, les tarifs et la pratique des autorités évoluent : cette page peut ne pas être à jour et contenir des erreurs, des imprécisions ou des omissions. JuriUp n'assume aucune responsabilité pour les décisions prises sur la seule base de ces informations. Vérifiez toujours les textes officiels (fedlex.admin.ch) et les délais qui s'appliquent à votre cas.

    Dernière mise à jour de cette page : 31 octobre 2026.

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