Face à votre ex-conjoint · Droit de la famille

Mon ex-conjoint a-t-il le droit de publier des photos de notre enfant sur les réseaux sociaux sans mon accord ?

Réponse vérifiée par des juristes et avocats Mis à jour le 10 septembre 2026 Droit suisse

La réponse Non Règle claire

Non. En Suisse, la publication de photos d'un enfant sur internet (Facebook, Instagram) n'est pas un acte de la vie courante. Si vous exercez l'autorité parentale conjointe, votre ex-conjoint a besoin de votre accord, ainsi que de celui de l'enfant s'il est capable de discernement.

  • La publication de photos touche au droit à l'image et à la sphère privée de l'enfant.
  • Sous l'autorité parentale conjointe, l'accord des deux parents est obligatoire.
  • Dès 10 à 12 ans, le consentement propre de l'enfant (capable de discernement) est exigé.
  • Si le parent refuse de supprimer la photo, le juge civil ou l'APEA peut être saisi.

Ce que dit la loi

Ce que dit le droit suisse

En Suisse, l’autorité parentale conjointe implique que les parents prennent ensemble les décisions importantes pour leur enfant, conformément aux dispositions du Code civil (art. 301 CC). La publication d’une photographie sur un réseau social ouvert (comme Facebook, Instagram, TikTok) ou sur un blog accessible au public n’est pas considérée comme un acte de la vie courante. Elle porte une atteinte potentielle et parfois durable au droit à l’image et à la sphère privée du mineur, qui sont tous deux protégés et garantis par la protection de la personnalité (art. 28 CC).

Par conséquent, un parent n’a en principe pas le droit de diffuser publiquement des images de son enfant sans obtenir l’accord, explicite ou tacite, de l’autre parent. Cette règle stricte s’applique même si le parent prend le cliché et le publie durant l’exercice de son propre droit de visite ou pendant son temps de garde usuel. Le but visé par le législateur est d’éviter toute exposition non désirée qui pourrait nuire au développement ou à la réputation de l’enfant à court ou long terme.

Le consentement de l’enfant lui-même

Le droit à l’image est défini comme un droit strictement personnel absolu. Dès que l’enfant acquiert la capacité de discernement, généralement située vers l’âge de 10 à 12 ans selon son degré de développement et sa maturité, son propre consentement devient une condition obligatoire avant toute diffusion. Si l’enfant exprime clairement son refus que sa photo soit publiée ou partagée sur internet, aucun des deux parents ne peut passer outre cette volonté. Ce refus prévaut de manière absolue, même dans la situation où les deux parents se mettraient d’accord entre eux pour procéder à la publication. La volonté du mineur capable de discernement doit impérativement être respectée pour garantir la protection de ses données personnelles.

Que faire en cas de désaccord persistant ?

Si votre ex-conjoint décide de publier des photos contre votre volonté expresse, la première démarche amiable consiste à lui adresser une requête formelle et écrite pour exiger le retrait immédiat des images litigieuses. Il convient de lui rappeler ses obligations découlant de l’autorité parentale conjointe. En cas de refus persistant de sa part, la situation peut être portée devant les autorités compétentes. Vous êtes en droit de saisir l’Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte (APEA) ou le juge civil compétent. Ces instances ont le pouvoir de prononcer des mesures provisionnelles ou définitives pour faire interdire cette diffusion et ordonner techniquement la suppression des clichés, toujours en plaçant l’intérêt supérieur de l’enfant au centre de leur appréciation juridique.

Les exceptions et les pièges

Les groupes privés et la sphère intime : Si la photo est partagée uniquement dans un cercle strictement privé (par exemple, un groupe WhatsApp familial fermé ou un compte de réseau social totalement verrouillé avec quelques proches), cela relève souvent de la sphère intime. Dans ce contexte restreint, l’accord de l’autre parent n’est généralement pas exigé, pour autant que la photo ne soit pas dégradante pour l’enfant.

L’autorité parentale exclusive : Si l’un des parents détient l’autorité parentale exclusive, il peut prendre seul la décision de publier des photos de l’enfant, sous réserve du consentement du mineur s’il est capable de discernement.

Un cas concret

Exemple vécu

Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse

Situation fréquente

Marc et Sophie sont divorcés et partagent l'autorité parentale dans le canton de Vaud. Lors d'un week-end de garde, Marc publie plusieurs photos de leur fille de 8 ans en maillot de bain sur son profil Instagram public, suivi par des milliers de personnes. Sophie s'y oppose fermement pour protéger la sphère privée de l'enfant. Marc refuse de les retirer en affirmant qu'il fait ce qu'il veut pendant son week-end. Sophie est en droit d'exiger la suppression immédiate des images, car une publication publique nécessite l'accord des deux parents. Elle peut saisir le juge civil ou l'APEA si Marc s'obstine.

Les bases légales

  • Art. 301 CCfedlex Autorité parentale et décisions
  • Art. 28 CCfedlex Protection de la personnalité

Valable dans quel canton ?

Droit fédéral

Cette réponse repose sur le droit fédéral : la règle est la même dans toute la Suisse, quel que soit votre canton.

  • Genève
  • Vaud
  • Valais
  • Fribourg
  • Neuchâtel
  • Jura
  • Berne
  • et tous les cantons suisses

Que faire concrètement

  1. Demander le retrait à l'ex-conjoint

    Contactez votre ex-conjoint par écrit pour lui demander formellement de supprimer les photos concernées, en rappelant l'obligation d'accord conjoint.

  2. Signaler la photo au réseau social

    Si le parent refuse, utilisez les outils de signalement de la plateforme pour demander le retrait de l'image d'un mineur pour violation de la vie privée.

  3. Saisir l'APEA ou le juge civil

    En cas de conflit persistant, adressez-vous à l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA) ou au tribunal pour obtenir une interdiction de publication.

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Questions fréquentes

Oui. Si la diffusion reste confinée à un cercle strictement privé et restreint (famille proche), elle est généralement considérée comme licite et ne nécessite pas l'accord formel de l'autre parent.

Oui. Dès qu'il acquiert la capacité de discernement (vers 10 à 12 ans), l'enfant détient lui-même son droit à l'image. Aucun de ses parents ne peut publier sa photo sans son accord explicite.

Ça dépend. Si l'enfant est totalement méconnaissable (visage caché et aucun élément de contexte permettant de l'identifier), l'atteinte à la personnalité est écartée, ce qui rend la publication généralement tolérée.

Oui. La plupart des plateformes (Facebook, Instagram, TikTok) disposent de procédures spécifiques permettant de signaler une atteinte à la vie privée d'un mineur, ce qui peut aboutir à la suppression du contenu sans passer par la justice.

Non. L'utilisation de l'image d'un enfant à des fins commerciales nécessite l'accord impératif des deux parents disposant de l'autorité parentale conjointe, ainsi que celui de l'enfant s'il est capable de discernement.

Oui. Il est vivement recommandé d'intégrer une clause régissant la publication de photos de l'enfant sur internet dans la convention de séparation ou le jugement de divorce pour éviter tout litige futur.

L’avis de l’équipe JuriUp

Equipe JuriUp

Juristes & avocats partenaires - droit suisse

La publication d’images d’enfants sur les réseaux sociaux (le fameux « sharenting ») est devenue une source majeure de conflits entre parents séparés. Le risque principal est la perte de contrôle des images, qui peuvent être détournées, enregistrées par des tiers ou nuire à la réputation future de l’enfant.

Nous vous conseillons d’aborder ce sujet lors de la rédaction de la convention de séparation ou de divorce, en y insérant une clause claire limitant ou interdisant la publication de photos de l’enfant sur les plateformes publiques. Cela permet de fixer une règle nette d’emblée et d’éviter des démarches judiciaires longues et éprouvantes par la suite.

Sources officielles

Informations vérifiées le 10 septembre 2026

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La règle exposée ici découle directement de la loi et s’applique dans toute la Suisse. Cette page fournit une information juridique générale sur le droit suisse et ne remplace pas un conseil personnalisé : faites valider votre situation par un professionnel via JuriUp.

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