Mon employeur a-t-il le droit de me faire travailler sur appel sans heures garanties ?
Réponse vérifiée par des juristes et avocats Mis à jour le 24 octobre 2026 Droit suisse
Oui, mais avec des limites. Selon le Tribunal fédéral, la loi n'interdit pas le travail sur appel, qui doit toutefois respecter les dispositions impératives du droit du contrat de travail. Lorsque le travailleur doit répondre aux appels, un contrat qui permet une diminution brutale du volume mensuel de travail vide de sa substance la protection liée au délai de congé (art. 335c CO), et le risque de l'entreprise reste à la charge de l'employeur (art. 324 al. 1 CO, ATF 125 III 65). Le temps passé à attendre du travail dans l'entreprise compte comme du travail et doit, sauf accord contraire, être payé comme tel (ATF 124 III 249).
- Le travail sur appel est permis, dans le respect des règles impératives du contrat de travail.
- Si vous devez répondre aux appels, l'employeur ne peut pas réduire brutalement vos heures sans respecter le délai de congé.
- Si chaque mission se conclut d'un commun accord, vous n'êtes pas tenu de répondre et ces protections ne s'appliquent en principe pas.
- Attendre du travail dans l'entreprise compte comme du travail.
- Si vous devez vous tenir prêt à répondre, l'attente hors de l'entreprise doit aussi être indemnisée, mais pas forcément au même tarif.
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Faire analyser ma situationCe que dit le droit suisse
Par le contrat individuel de travail, le travailleur s’engage à travailler au service de l’employeur et celui-ci à payer un salaire (art. 319 al. 1 CO). Selon le Tribunal fédéral, la loi n’interdit pas le travail sur appel. Régie par le droit du contrat de travail, cette forme de travail doit toutefois respecter les dispositions légales impératives (ATF 125 III 65).
Devez-vous répondre aux appels ?
Selon le Tribunal fédéral, dans le travail sur appel proprement dit, le travailleur s’oblige à fournir sa prestation chaque fois que l’employeur fait appel à lui (arrêt 4A_534/2017). Lorsque chaque mission suppose au contraire l’accord des deux parties, cette forme de travail est aussi admise, mais le travailleur n’est pas tenu de répondre aux appels. Le Tribunal fédéral a ainsi rejeté la demande de salaire d’une personne dont chaque engagement supposait l’accord des deux parties (arrêt 4A_509/2009). La protection contre une baisse brutale des heures et l’indemnisation de l’attente hors de l’entreprise supposent donc un travail sur appel proprement dit.
Pas de baisse brutale des heures
Lorsqu’il permet une diminution brutale du volume mensuel de travail, le contrat de travail sur appel vide de sa substance la protection impérative liée au délai de congé (art. 335c CO). De plus, la personne travaillant sur appel ne peut pas valablement accepter d’assumer elle-même le risque de l’entreprise, qui incombe à l’employeur (art. 324 al. 1 CO). Le travailleur tenu de répondre aux appels qui offre son travail a alors droit à son salaire jusqu’à l’échéance du délai de congé, calculé sur la base de la moyenne des rémunérations perçues pendant une période déterminée équitablement (ATF 125 III 65, arrêt 4A_534/2017).
Si l’employeur empêche par sa faute l’exécution du travail ou se trouve en demeure de l’accepter pour d’autres motifs, il reste tenu de payer le salaire sans que le travailleur doive encore fournir son travail (art. 324 al. 1 CO).
Le temps d’attente
Selon le Tribunal fédéral, le temps pendant lequel le travailleur attend du travail dans l’entreprise compte comme temps de travail normal et doit, sauf accord contraire, être payé comme tel. Si le travailleur doit se tenir prêt à répondre aux appels, l’attente hors de l’entreprise doit aussi être indemnisée, mais, sauf accord contraire, pas forcément comme l’activité principale. Faute d’accord sur le montant, l’employeur doit ce qui est usuel (ATF 124 III 249). Voyez notre fiche sur le travail sur appel.
Information générale, pas une consultation juridique. JuriUp n’est pas une étude d’avocats et ne délivre pas de prestation réservée aux avocats.
Les exceptions et les pièges
Temps partiel régulier. Le contrat par lequel un travailleur s’engage à travailler régulièrement au service de l’employeur par heures, demi-journées ou journées est aussi un contrat de travail (art. 319 al. 2 CO).
Convention collective. Une convention collective peut prévoir des règles plus favorables, par exemple sur un nombre minimal d’heures ou sur l’indemnisation de l’attente. Vérifiez celle de votre branche.
Un cas concret
Exemple vécu
Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse
Luca est engagé pour une durée indéterminée dans un entrepôt, sur appel et sans nombre d'heures garanti : il doit venir chaque fois que son employeur l'appelle. Pendant un an, il travaille environ 150 heures par mois. Du jour au lendemain, son employeur ne l'appelle plus que quelques heures par mois, puis le licencie. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, Luca, qui reste disponible et offre son travail, a droit à son salaire jusqu'à l'échéance du délai de congé, calculé sur la moyenne de ses rémunérations pendant une période déterminée équitablement (art. 324 et 335c CO, ATF 125 III 65).
Les bases légales
Valable dans quel canton ?
Cette réponse repose sur le droit fédéral : la règle est la même dans toute la Suisse, quel que soit votre canton.
- Genève
- Vaud
- Valais
- Fribourg
- Neuchâtel
- Jura
- Berne
- et tous les cantons suisses
Que faire concrètement
-
Noter vos heures
Gardez un relevé mensuel des heures effectuées et des salaires reçus.
-
Repérer une baisse brutale
Comparez avec votre moyenne des mois précédents (ATF 125 III 65).
-
Réclamer par écrit
Si vous deviez répondre aux appels, offrez par écrit votre travail et demandez votre salaire moyen jusqu'à l'échéance du délai de congé (art. 324 et 335c CO).
-
Vérifier la convention collective
Elle peut garantir un minimum d'heures ou indemniser l'attente.
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Questions fréquentes
Oui. La loi n'interdit pas le travail sur appel, mais il doit respecter les règles impératives du contrat de travail (ATF 125 III 65) et, le cas échéant, la convention collective applicable (art. 357 CO).
Si vous deviez répondre aux appels, une diminution brutale du volume de travail vide de sa substance la protection liée au délai de congé. Si vous offrez votre travail, vous avez droit à votre salaire, calculé sur votre moyenne, jusqu'à l'échéance du délai de congé (art. 324 al. 1 et 335c CO, ATF 125 III 65, ATF 135 III 349). Si chaque mission se concluait d'un commun accord, vous ne pouvez en principe pas invoquer cette protection (arrêt 4A_509/2009).
Si vous attendez dans l'entreprise, ce temps compte comme du travail et se paie comme tel, sauf accord contraire. Si vous devez vous tenir prêt à répondre, l'attente hors de l'entreprise doit aussi être indemnisée, mais pas forcément au même tarif (ATF 124 III 249).
Après le temps d'essai, un mois pendant la première année de service, deux mois de la deuxième à la neuvième année, trois mois ensuite, pour la fin d'un mois (art. 335c al. 1 CO). Un accord écrit, un contrat-type de travail ou une convention collective peut modifier ces délais. Un délai inférieur à un mois n'est toutefois possible que par convention collective et pour la première année de service (art. 335c al. 2 CO).
L'employeur, si vous devez répondre à ses appels : le risque de l'entreprise lui incombe (art. 324 al. 1 CO, ATF 125 III 65).
L’avis de l’équipe JuriUp
Équipe JuriUp
Droit suisse
Gardez votre contrat et un relevé précis de vos heures et de vos salaires mois après mois. En cas de baisse brutale, si vous deviez répondre aux appels, c’est ce relevé qui permet de calculer la moyenne sur laquelle votre salaire est dû jusqu’à l’échéance du délai de congé (ATF 125 III 65).
Sources officielles
- Code des obligations (RS 220), Fedlex
- Tribunal fédéral, ATF 125 III 65 (travail sur appel)
- Tribunal fédéral, ATF 124 III 249 (temps d'attente)
Informations vérifiées le 24 octobre 2026
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La règle exposée ici découle directement de la loi et s’applique dans toute la Suisse. Cette page fournit une information juridique générale sur le droit suisse et ne remplace pas un conseil personnalisé : faites valider votre situation par un professionnel via JuriUp.