Face à votre employeur · Droit du travail

Mon employeur a-t-il le droit de me licencier pendant mon service militaire ?

Réponse vérifiée par des juristes et avocats Mis à jour le 23 octobre 2026 Droit suisse

La réponse Non Règle claire

Non, après le temps d'essai. L'employeur ne peut pas résilier le contrat pendant que vous accomplissez un service obligatoire, militaire ou dans la protection civile, ou un service civil, en vertu de la législation fédérale, ni pendant les quatre semaines qui précèdent et qui suivent ce service s'il a duré plus de onze jours (art. 336c al. 1 let. a CO). Un congé donné pendant ces périodes est nul, et le délai d'un congé donné avant est suspendu (art. 336c al. 2 CO). La résiliation immédiate pour justes motifs obéit à l'art. 337 CO, mais le fait d'avoir été empêché de travailler sans faute n'est jamais un juste motif (art. 337 al. 3 CO).

  • La protection vaut après le temps d'essai, pendant tout service obligatoire fédéral.
  • Elle couvre aussi les quatre semaines avant et après un service de plus de onze jours.
  • Un congé donné pendant ces périodes est nul.
  • Le délai d'un congé donné avant est suspendu et reprend après la période de protection.
  • Un congé donné à cause du service est abusif : opposition écrite à l'employeur avant la fin du délai de congé, puis action en justice en indemnité dans les 180 jours suivant la fin du contrat.

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Délai à respecterOpposition écrite à l'employeur avant la fin du délai de congé, puis action en justice dans les 180 jours suivant la fin du contrat, si vous estimez être licencié à cause du service

Ce que dit le droit suisse

Après le temps d’essai, l’employeur ne peut pas résilier le contrat pendant que le travailleur accomplit un service obligatoire, militaire ou dans la protection civile, ou un service civil, en vertu de la législation fédérale. La protection couvre aussi les quatre semaines qui précèdent et qui suivent ce service, pour autant qu’il ait duré plus de onze jours (art. 336c al. 1 let. a CO).

Un congé nul ou suspendu

Le congé donné pendant une de ces périodes est nul. Si le congé a été donné avant et que le délai de congé n’a pas expiré avant la période de protection, ce délai est suspendu et ne continue à courir qu’après la fin de la période (art. 336c al. 2 CO). Lorsque les rapports de travail doivent cesser à un terme, comme la fin d’un mois, et que ce terme ne coïncide pas avec la fin du délai qui a recommencé à courir, ce délai est prolongé jusqu’au prochain terme (art. 336c al. 3 CO). Voyez aussi notre fiche sur la résiliation en temps inopportun.

Pendant le temps d’essai

La protection contre le congé en temps inopportun ne s’applique qu’après le temps d’essai. Pendant celui-ci, chaque partie peut résilier le contrat à tout moment moyennant un délai de congé de sept jours, sauf dispositions différentes prévues par accord écrit, contrat-type de travail ou convention collective. Le temps d’essai ne peut toutefois dépasser trois mois. Lorsque le travail est interrompu par l’accomplissement d’une obligation légale que le travailleur n’a pas demandé d’assumer, le temps d’essai est prolongé d’autant (art. 335b CO).

Les règles sur le congé abusif s’appliquent aussi pendant le temps d’essai (ATF 134 III 108) : un congé donné parce que vous accomplissez un service obligatoire peut donc être abusif (art. 336 al. 1 let. e CO).

Un congé donné à cause du service est abusif

Le congé est abusif lorsqu’il est donné parce que l’autre partie accomplit un service obligatoire, militaire ou dans la protection civile, ou un service civil, en vertu de la législation fédérale (art. 336 al. 1 let. e CO). La partie qui résilie abusivement doit verser une indemnité fixée par le juge, qui ne peut dépasser six mois de salaire (art. 336a CO). Pour l’obtenir, vous devez faire opposition au congé par écrit auprès de l’employeur au plus tard jusqu’à la fin du délai de congé. Si les parties ne s’entendent pas pour maintenir le rapport de travail, vous devez agir en justice dans les 180 jours à compter de la fin du contrat, sous peine de péremption (art. 336b CO).

La résiliation immédiate

L’employeur et le travailleur peuvent résilier immédiatement le contrat en tout temps pour de justes motifs (art. 337 al. 1 CO). Le juge ne peut en aucun cas considérer comme un juste motif le fait que le travailleur a été sans sa faute empêché de travailler (art. 337 al. 3 CO). Si l’employeur résilie immédiatement sans justes motifs, le travailleur a droit à ce qu’il aurait gagné si les rapports de travail avaient pris fin à l’échéance du délai de congé, et le juge peut lui allouer une indemnité de six mois de salaire au plus (art. 337c CO).

Le salaire pendant le service

Si le travailleur est empêché de travailler sans faute de sa part, notamment pour accomplir une obligation légale, l’employeur lui verse le salaire pour un temps limité, dans la mesure où les rapports de travail ont duré plus de trois mois ou ont été conclus pour plus de trois mois (art. 324a al. 1 CO). L’employeur ne doit pas le salaire lorsque les prestations d’une assurance obligatoire prévue par la loi couvrent au moins les quatre cinquièmes du salaire pour cette période (art. 324b al. 1 CO). Si les prestations d’assurance sont inférieures, l’employeur doit payer la différence entre celles-ci et les quatre cinquièmes du salaire (art. 324b al. 2 CO). Voyez aussi les règles en cas de licenciement pendant un arrêt maladie.

Information générale, pas une consultation juridique. JuriUp n’est pas une étude d’avocats et ne délivre pas de prestation réservée aux avocats.

Les exceptions et les pièges

Vous remplacez un supérieur en service. Après le temps d’essai, vous ne pouvez pas résilier le contrat si un supérieur dont vous êtes en mesure d’assumer les fonctions, ou l’employeur lui-même, accomplit un service obligatoire (militaire, protection civile ou service civil) et qu’il vous incombe d’assurer son remplacement (art. 336d CO).

Service de onze jours ou moins. Après le temps d’essai, la protection couvre la durée du service obligatoire, mais pas les quatre semaines qui précèdent et qui suivent (art. 336c al. 1 let. a CO).

Un cas concret

Exemple vécu

Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse

Situation fréquente

Luca travaille depuis deux ans dans la même entreprise et accomplit un service militaire de trois semaines. Son employeur lui envoie son congé pendant le service : ce congé est nul. Comme le service a duré plus de onze jours, Luca reste aussi protégé pendant les quatre semaines qui suivent. Si l'employeur lui donne congé après cette période et que Luca estime que c'est à cause de ses services, il doit d'abord faire opposition par écrit auprès de l'employeur avant la fin du délai de congé, puis demander une indemnité en justice dans les 180 jours suivant la fin du contrat (art. 336, 336a, 336b et 336c CO).

Les bases légales

  • Art. 324a COfedlex Salaire en cas d'empêchement du travailleur, principe
  • Art. 324b COfedlex Salaire en cas d'empêchement du travailleur, exceptions
  • Art. 335b COfedlex Délais de congé pendant le temps d'essai
  • Art. 336 COfedlex Résiliation abusive, principe
  • Art. 336a COfedlex Résiliation abusive, sanction
  • Art. 336b COfedlex Résiliation abusive, procédure
  • Art. 336c COfedlex Résiliation en temps inopportun par l'employeur
  • Art. 336d COfedlex Résiliation en temps inopportun par le travailleur
  • Art. 337 COfedlex Résiliation immédiate, justes motifs
  • Art. 337c COfedlex Résiliation immédiate injustifiée

Valable dans quel canton ?

Droit fédéral

Cette réponse repose sur le droit fédéral : la règle est la même dans toute la Suisse, quel que soit votre canton.

  • Genève
  • Vaud
  • Valais
  • Fribourg
  • Neuchâtel
  • Jura
  • Berne
  • et tous les cantons suisses

Que faire concrètement

  1. Noter les dates

    Dates du service, durée totale et date de réception du congé.

  2. Vérifier la période de protection

    Après le temps d'essai : pendant le service obligatoire et, pour un service de plus de onze jours, quatre semaines avant et après.

  3. Signaler la nullité par écrit

    Écrivez à votre employeur qu'un congé donné pendant la période de protection est nul et que vous restez à sa disposition pour travailler (art. 336c al. 2 CO).

  4. Faire opposition si le congé est lié au service

    Opposition par écrit auprès de l'employeur, avant la fin du délai de congé, puis action en justice dans les 180 jours suivant la fin du contrat (art. 336b CO).

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Questions fréquentes

Pas après le temps d'essai si le service obligatoire dure plus de onze jours : la protection couvre aussi les quatre semaines qui précèdent le service, et un congé donné pendant cette période est nul (art. 336c al. 1 let. a et al. 2 CO). Pour un service de onze jours ou moins, seul le service lui-même est protégé : un congé donné avant reste valable, mais son délai est suspendu pendant le service s'il n'a pas encore expiré (art. 336c al. 2 CO).

Oui, s'il a été reçu pendant le temps d'essai ou avant la période de protection, qui commence quatre semaines avant un service obligatoire de plus de onze jours. Après le temps d'essai, si le délai de congé n'a pas expiré avant cette période, il est suspendu et ne continue à courir qu'après la fin de celle-ci (art. 336c al. 2 CO). Si le contrat doit cesser à un terme, comme la fin d'un mois, et que le délai ne s'achève pas à ce terme, il est prolongé jusqu'au prochain terme (art. 336c al. 3 CO). Même valable, un congé donné à cause du service peut être abusif : pour obtenir une indemnité, faites opposition par écrit auprès de l'employeur avant la fin du délai de congé, puis agissez en justice dans les 180 jours suivant la fin du contrat (art. 336 al. 1 let. e et 336b CO).

Pas contre le congé en temps inopportun : cette protection ne s'applique qu'après le temps d'essai (art. 336c al. 1 CO). Un congé donné parce que vous accomplissez un service obligatoire peut toutefois être abusif, même pendant le temps d'essai (art. 336 al. 1 let. e CO, ATF 134 III 108). Pour obtenir une indemnité, faites opposition par écrit auprès de l'employeur avant la fin du délai de congé, puis agissez en justice dans les 180 jours suivant la fin du contrat (art. 336b CO). Le temps d'essai est en outre prolongé d'autant si, pendant celui-ci, le travail est interrompu par une obligation légale que vous n'avez pas demandé d'assumer (art. 335b al. 3 CO).

Un congé donné parce que vous accomplissez un service obligatoire est abusif (art. 336 al. 1 let. e CO). Faites opposition par écrit auprès de l'employeur avant la fin du délai de congé. Si les parties ne s'entendent pas pour maintenir le rapport de travail, agissez en justice dans les 180 jours à compter de la fin du contrat. L'indemnité ne peut dépasser six mois de salaire (art. 336a et 336b CO).

Oui, après le temps d'essai. La protection vise le service obligatoire, militaire ou dans la protection civile, et le service civil, accomplis en vertu de la législation fédérale (art. 336c al. 1 let. a CO). Pendant le temps d'essai, un congé donné à cause de ces services peut toutefois être abusif : faites opposition par écrit auprès de l'employeur avant la fin du délai de congé, puis agissez en justice dans les 180 jours suivant la fin du contrat (art. 336 al. 1 let. e et 336b CO).

Il verse le salaire pour un temps limité si les rapports de travail ont duré ou ont été conclus pour plus de trois mois (art. 324a al. 1 CO). Il ne le doit pas si une assurance obligatoire couvre au moins les quatre cinquièmes du salaire (art. 324b al. 1 CO). Sinon, il paie la différence jusqu'aux quatre cinquièmes (art. 324b al. 2 CO).

L’avis de l’équipe JuriUp

Équipe JuriUp

Droit suisse

Conservez votre ordre de marche et notez la date de réception de chaque courrier de votre employeur. Ces dates permettent de savoir si un congé tombe dans une période de protection. Un congé nul ne met pas fin au contrat : signalez-le par écrit à votre employeur et offrez-lui votre travail. Selon le Tribunal fédéral, l’employeur peut refuser de payer le salaire au travailleur qui ne fournit pas sa prestation sans motif reconnu (arrêt 4A_464/2018).

Sources officielles

Informations vérifiées le 23 octobre 2026

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    Dernière mise à jour de cette page : 25 octobre 2026.

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