Cas pratique · Droit de la famille · Litige administratif · Fribourg

Mesures protectrices de l'union conjugale dans le canton de Fribourg : démarches

Dans le canton de Fribourg, un époux peut saisir seul le tribunal d'arrondissement compétent pour obtenir des mesures protectrices de l'union conjugale, sans divorce (art. 172 ss CC). Le juge fixe l'entretien, règle le logement et peut ordonner la séparation de biens (art. 176 CC), en procédure sommaire sans conciliation préalable (art. 198 let. a et 271 CPC). L'appel se forme dans les 30 jours (art. 314 al. 2 CPC).

Lecture 7 min
Urgence Forte
Durée totale variable selon la charge du tribunal et les mesures urgentes éventuelles
Issue Décision favorable

Une situation similaire en droit de la famille ?

Nos spécialistes analysent votre situation, gratuitement et sans engagement.

Faire analyser ma situation
Profil client Couple / Famille
Secteur Sans objet
Contexte Couple marié avec deux enfants mineurs, un seul revenu principal
Région Fribourg

La situation

Contexte initial

Camille C., 38 ans, vit dans le canton de Fribourg avec son époux et leurs deux enfants de 6 et 9 ans. Mariée depuis onze ans, elle travaille à 40 % comme assistante administrative pour un revenu mensuel net de CHF 2’300. Son époux gagne CHF 6’800 net par mois et assume seul les charges du ménage depuis la naissance du premier enfant.

L'élément déclencheur

Après une série de disputes, l’époux de Camille C. quitte le domicile conjugal. Il ne verse plus que CHF 800 par mois, alors que le loyer s’élève à CHF 2’100 et que les frais courants des enfants s’ajoutent. Camille ne souhaite pas divorcer à ce stade, mais elle a besoin d’un cadre clair pour la séparation.

Les enjeux

Financiers

Écart mensuel de plusieurs centaines de francs entre ce que le ménage coûte et ce que l'époux verse, à fixer par le juge (montants du récit donnés à titre d'illustration)

Humains

Stabilité des enfants, attribution du logement familial, garde au quotidien et relation avec l'autre parent

Délai critique

Aucun délai légal pour déposer la requête, mais les contributions peuvent être réclamées pour l'année qui précède l'introduction de la requête (art. 173 al. 3 CC) : attendre réduit donc la période couverte

Analyse juridique

Bases légales applicables

  • CC art. 172 – Intervention du juge à la requête d’un époux, ensemble ou séparément (Fedlex)
  • CC art. 173 – Contributions d’entretien de la famille, pour l’avenir et pour l’année qui précède la requête (Fedlex)
  • CC art. 175 – Droit de refuser la vie commune en cas de menace grave (Fedlex)
  • CC art. 176 – Mesures lors de la suspension de la vie commune : entretien, logement, mobilier, séparation de biens (Fedlex)
  • CC art. 179 – Modification et levée des mesures (Fedlex)
  • CPC art. 23 al. 1 – For au domicile de l’un des époux (Fedlex)
  • CPC art. 198 let. a – Pas de conciliation en procédure sommaire (Fedlex)
  • CPC art. 271 et 272 – Procédure sommaire pour les mesures protectrices, faits établis d’office (Fedlex)
  • CPC art. 314 – Appel en procédure sommaire : 30 jours pour les mesures protectrices, appel joint recevable (al. 2) (Fedlex)

Droits du client

Vous pouvez saisir le juge seul ou avec votre conjoint, à votre choix (art. 172 al. 1 CC). Si la suspension de la vie commune est fondée, le juge fixe les contributions d’entretien pour les enfants et pour l’époux, règle l’attribution du logement et du mobilier de ménage, et peut ordonner la séparation de biens si les circonstances le justifient (art. 176 al. 1 CC). Lorsqu’il y a des enfants mineurs, il ordonne aussi les mesures nécessaires selon les dispositions sur les effets de la filiation (art. 176 al. 3 CC). Les contributions peuvent être réclamées pour l’avenir et pour l’année qui précède l’introduction de la requête (art. 173 al. 3 CC). Vous pouvez demander l’assistance judiciaire avec votre requête, si votre situation financière le justifie.

Obligations de la partie adverse

Le conjoint qui ne remplit pas ses devoirs de famille s’expose à l’intervention du juge, qui le rappelle à ses devoirs et tente de concilier les époux (art. 172 al. 2 CC). Le tribunal convoque en principe les parties à une audience. Il établit les faits d’office (art. 272 CPC), mais chaque époux a tout intérêt à produire ses pièces sur ses revenus et ses charges.

Délais légaux à respecter

  • Aucun délai légal pour déposer la requête : les art. 172 ss CC n’en fixent pas
  • Rétroactivité d’un an pour les contributions d’entretien (art. 173 al. 3 CC)
  • 30 jours pour former appel contre une décision de mesures protectrices, bien qu’elle soit rendue en procédure sommaire (art. 314 al. 2 CPC et art. 271 CPC) ; l’appel joint est recevable (art. 314 al. 2 CPC)

Stratégie déployée

Options envisagées

Trois pistes s’offrent à Camille C. :

  • Accord amiable écrit avec son époux, avec le risque qu’il ne soit pas respecté ni exécutoire
  • Intervention du juge à la requête commune (art. 172 al. 1 CC), si les deux époux s’entendent sur l’essentiel
  • Requête unilatérale de mesures protectrices auprès du tribunal compétent, avec décision judiciaire sur l’entretien, le logement et la garde
Option retenue

Requête de mesures protectrices de l'union conjugale déposée seule, sans demander le divorce

Justification du choix

Camille C. veut une décision exécutoire sans rompre le mariage. La procédure sommaire permet d’obtenir un cadre rapidement : la conciliation préalable n’a pas lieu (art. 198 let. a CPC) et le tribunal est saisi directement. Elle dépose sa requête sans attendre, afin de profiter de la rétroactivité d’un an sur les contributions (art. 173 al. 3 CC).

Intervenants externes

Tribunal d'arrondissement compétent Avocat Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA) si des mesures pour les enfants sont nécessaires

Étapes de la procédure

  1. Rassembler les pièces : certificat de salaire, fiches de paie, contrat de bail, relevés bancaires, charges des enfants.
  2. Rédiger la requête, en s’aidant du modèle de « Requête concernant les mesures protectrices de l’union conjugale » proposé sur le site de l’État de Fribourg, avec ses conclusions sur l’entretien, le logement et la garde.
  3. Déposer la requête auprès du tribunal d’arrondissement compétent, celui du domicile de l’un des époux (art. 23 al. 1 CPC), et demander l’assistance judiciaire si nécessaire. Le juge peut demander une avance de frais.
  4. Comparaître à l’audience : le tribunal tente de trouver un accord entre les parties.
  5. Recevoir la décision, puis former appel dans les 30 jours auprès de l’autorité d’appel cantonale en cas de désaccord (art. 314 al. 2 CPC).

Résultat obtenu

Décision favorable

Dans le cas de Camille C., le tribunal attribue le logement familial aux enfants et à elle-même et fixe une contribution d'entretien de CHF 1'900 par mois pour la famille, avec effet rétroactif sur les mois précédant la requête. Ces montants sont donnés à titre d'illustration : les résultats varient selon les revenus, les charges, la garde et les pièces produites.

Durée totale : variable selon la charge du tribunal et les mesures urgentes éventuelles

Enseignements clés

Les mesures protectrices organisent la séparation sans divorce : le mariage subsiste, mais le juge règle l’entretien, le logement et la garde. Aucun délai légal ne limite le dépôt de la requête, mais les contributions ne se réclament que pour l’avenir et pour l’année qui précède la requête (art. 173 al. 3 CC). L’appel se forme dans les 30 jours (art. 314 al. 2 CPC). Les résultats varient selon les circonstances de chaque famille ; un avocat l’évaluera sur votre dossier.

Comment éviter cette situation

Signaux d'alerte

  • Contribution versée irrégulièrement ou en dessous des besoins de la famille
  • Départ du conjoint sans accord écrit sur le logement ni sur la garde
  • Refus de communiquer ses revenus
  • Mise en danger de votre personnalité ou de votre sécurité (art. 175 CC)

Bonnes pratiques

  • Déposer la requête rapidement pour limiter la perte sur la période antérieure
  • Réunir les pièces financières des deux époux
  • Se présenter personnellement à l’audience
  • Demander l’assistance judiciaire avec la requête si les moyens manquent

Erreurs courantes à éviter

  • Attendre des mois avant de saisir le juge, au détriment de la rétroactivité d’un an
  • Croire qu’un accord oral suffit
  • Ne pas produire de pièces, alors que le tribunal établit les faits d’office mais décide sur la base du dossier
  • Laisser passer le délai de 30 jours pour former appel

Points clés à retenir

  • Séparation organisée par le juge, sans divorce (art. 172 et 176 CC)
  • Aucun délai légal pour déposer la requête
  • Contributions réclamables pour l’année qui précède la requête (art. 173 al. 3 CC)
  • Pas de conciliation préalable (art. 198 let. a CPC)
  • Appel dans les 30 jours (art. 314 al. 2 CPC)

Une situation similaire ? Faites analyser votre dossier.

Décrivez votre cas en 2 minutes. Un expert juridique suisse vous répond sous 48h ouvrées - 100% confidentiel.

Créer mon dossier gratuitement

Questions fréquentes

Non, les mesures protectrices organisent la séparation sans divorce. Le juge règle l’entretien, le logement et le mobilier de ménage si la suspension de la vie commune est fondée (art. 176 al. 1 CC).

Auprès du tribunal d’arrondissement compétent. Le for est celui du domicile de l’un des époux (art. 23 al. 1 CPC). Un modèle de requête est proposé sur le site de l’État de Fribourg : fr.ch.

Non, la conciliation n’a pas lieu en procédure sommaire (art. 198 let. a CPC). Le tribunal est saisi directement et tente de trouver un accord lors de l’audience.

Oui, pour l’année qui précède l’introduction de la requête (art. 173 al. 3 CC).

Le délai est de 30 jours à compter de la notification de la décision : les mesures protectrices sont jugées en procédure sommaire, mais la loi prévoit un délai de 30 jours pour ces litiges du droit de la famille (art. 314 al. 2 CPC). L’appel joint est recevable (art. 314 al. 2 CPC).

Les frais dépendent de la cause. Le juge peut demander une avance de frais, et l’assistance judiciaire peut être demandée avec la requête. Un avocat vous renseignera sur les frais applicables à votre situation.

Sources et références

  • CC art. 172, 173, 175, 176, 179 (https://juriup.ch/lois/cc/ ; CPC art. 23, 198, 271, 272, 314 (https://juriup.ch/lois/cpc/ ; État de Fribourg, tribunaux d'arrondissement (https://www.fr.ch/etat-et-droit/justice/pouvoir-judiciaire-tribunaux-darrondissement) ; État de Fribourg, mesures protectrices de l'union conjugale (https://www.fr.ch/etat-et-droit/legislation/mesures-protectrices-de-lunion-conjugale)

Pour aller plus loin

Explorer des sujets connexes

Approfondissez le sujet ou trouvez l'aide adaptée à votre situation.

Cas pratique fictif. Ce dossier est présenté à titre purement illustratif pour exemplifier ce type de scénario juridique. Les noms, situations, montants et détails ont été inventés. Toute ressemblance avec une situation réelle serait fortuite. Pour un avis juridique adapté à votre situation, consultez un juriste ou un avocat.

Outil JuriUp

Estimez la pension alimentaire de vos enfants

Lorsque des enfants mineurs vivent dans la famille, le juge fixe leur entretien dans le cadre des mesures protectrices. Ce calculateur fournit une estimation de la pension de l'enfant selon les art. 276 et 285 CC, pour situer l'ordre de grandeur dans une situation comparable à celle décrite dans ce cas.

Pension alimentaire enfant : calculateur selon la méthode du Tribunal fédéral

Estimez gratuitement la contribution d’entretien de votre enfant selon la méthode en deux étapes (ATF 147 III 265) : minimum vital de chaque parent, besoins de l’enfant, prise en charge et part à l’excédent. Garde exclusive ou alternée, allocations familiales 2026 intégrées.

  • Méthode ATF 147 III 265
  • Garde exclusive ou alternée
  • Allocations 2026 par canton
Base légale
Art. 276 ss CC
Durée
~ 3 minutes
À jour
Septembre 2026

Chaque situation est différente. Le résultat est une estimation fondée sur les règles générales : il dépend des circonstances de votre dossier et ne remplace pas l’avis personnalisé d’un avocat ou d’un juriste.

Votre situation
Sert aux allocations familiales 2026 et aux estimations de charges.

Parent qui verse la pension

Salaire net après cotisations, 13e salaire au prorata.

Parent chez qui vivent les enfants

Indiquez 0 s'il ne travaille pas.
Plus vous indiquez de charges réelles, plus l'estimation est proche d'un tableau d'entretien. Sans loyer ni prime, un forfait cantonal indicatif est utilisé et la part de logement des enfants n'est pas comptée.
Enfant 1
De 18 à 25 ans : enfant majeur en formation (art. 277 al. 2 CC). Prime LAMal vide : moyenne suisse 2026 des primes enfants (OFSP).
Pension alimentaire mensuelle estimée
Méthode en deux étapes du Tribunal fédéral (ATF 147 III 265)

Faites vérifier votre calcul par un avocat en droit de la famille

Revenu hypothétique, frais extraordinaires, convention à faire approuver : un avocat établit le tableau d'entretien exigé par l'art. 301a CPC. Orientation gratuite sous 48 h ouvrées.

Créer mon dossier
Orientation sous 48 h ouvrées Données protégées (nLPD) Suisse romande Sans engagement
Estimation indicative - Calcul selon la méthode en deux étapes avec répartition de l'excédent (ATF 147 III 265) : minimum vital du droit des poursuites de chaque parent (normes d'insaisissabilité), besoins de chaque enfant, contribution de prise en charge selon les degrés scolaires (ATF 144 III 481), puis part de l'excédent par « grandes et petites têtes » (deux parts par parent, une part par enfant mineur). Hypothèses simplificatrices : part de logement des enfants de 20 % (un enfant), 30 % (deux) ou 40 % (trois et plus) du loyer ; impôts estimés s'ils ne sont pas indiqués ; pas de revenu hypothétique ni de frais extraordinaires. Le juge peut s'écarter de ces clés. Les allocations familiales sont versées en plus de la pension (art. 285a CC). Cet outil ne remplace pas un conseil juridique.
01 - Comprendre

Comment se calcule la pension alimentaire d’un enfant en Suisse

Depuis l’arrêt ATF 147 III 265 (fin 2020), tous les tribunaux suisses appliquent la méthode concrète en deux étapes avec répartition de l’excédent. Les anciens pourcentages du revenu (15 à 25 % par enfant) ne sont plus utilisés.

Les père et mère contribuent ensemble, chacun selon ses facultés, à l’entretien convenable de l’enfant (art. 276 CC). La contribution doit correspondre aux besoins de l’enfant ainsi qu’à la situation et aux ressources des parents (art. 285 al. 1 CC). Le parent qui a la garde contribue par ses soins et son éducation ; l’autre verse en principe une contribution en argent.

Première étape : les besoins et les capacités. On calcule le revenu net de chaque parent, puis son minimum vital selon les normes d’insaisissabilité du droit des poursuites : un montant de base (CHF 1’200 pour une personne seule, CHF 1’350 pour un parent qui vit avec ses enfants), plus le loyer, la prime LAMal et les frais professionnels indispensables. On calcule ensuite les coûts directs de chaque enfant : montant de base (CHF 400 jusqu’à 10 ans, CHF 600 au-delà), part du loyer, prime LAMal, frais de crèche ou de parascolaire, dont on déduit les allocations familiales.

La contribution de prise en charge (art. 285 al. 2 CC) s’ajoute lorsque le parent qui s’occupe de l’enfant ne peut pas couvrir son propre minimum vital parce qu’il travaille à temps partiel. Selon le modèle des degrés scolaires du Tribunal fédéral (ATF 144 III 481), on attend de lui une activité de 50 % dès l’entrée du plus jeune enfant à l’école obligatoire, de 80 % dès le degré secondaire et de 100 % dès ses 16 ans. S’il travaille moins sans raison, le juge peut lui imputer un revenu hypothétique.

Deuxième étape : l’excédent. Lorsque les revenus dépassent l’ensemble des besoins (y compris les impôts, au niveau du minimum vital du droit de la famille), le solde est réparti par « grandes et petites têtes » : deux parts pour chaque parent, une part par enfant mineur. Le juge peut limiter la part de l’enfant pour qu’elle reste liée à ses besoins réels, notamment lorsque les revenus sont élevés.

L’ordre de priorité est fixé par la loi : l’entretien de l’enfant mineur prime les autres obligations d’entretien du droit de la famille (art. 276a CC), avant celui de l’ex-conjoint et des enfants majeurs. Pour la contribution entre époux, utilisez notre calculateur de contribution d’entretien du conjoint.

Base enfant (normes LP) CHF 400 / 600 Jusqu’à 10 ans / dès 10 ans
Base parent gardien CHF 1’350 Débiteur seul : CHF 1’200
Allocation enfant VD 2026 CHF 322 GE 311, VS 327, FR 265 (OFAS)
Rétroactif possible 1 an Avant l’action (art. 279 CC)

Exemples calculés avec cet outil (Vaud et Genève, 2026)

SituationHypothèsesPension estimée
1 enfant de 8 ans, garde chez un parent (VD)Débiteur CHF 7’000 net (loyer 1’400) ; parent gardien CHF 3’000 (loyer 1’800)CHF 1’284/mois (coûts directs 561, prise en charge 300, excédent 424)
2 enfants de 8 et 12 ans, garde chez un parent (VD)Mêmes revenus et loyersCHF 1’834/mois (CHF 877 et CHF 957)
1 enfant de 12 ans, garde chez un parent (VD)Débiteur CHF 6’500 (loyer 1’300) ; parent gardien CHF 4’000 (loyer 1’700)CHF 1’121/mois (pas de prise en charge)
1 enfant de 9 ans, garde alternée (VD)Parent 1 CHF 8’000 (loyer 1’800) ; parent 2 CHF 4’000 (loyer 1’700)CHF 212/mois versés par le parent 1
3 enfants de 2, 5 et 9 ans, garde chez un parent (GE)Débiteur CHF 9’000 (loyer 1’600) ; parent gardien CHF 2’500 (loyer 2’100)CHF 3’008/mois
02 - Cadre

Garde alternée, revenus modestes, enfant majeur : les cas particuliers

Garde alternée. Une garde partagée à parts égales ne supprime pas la pension. Chaque parent assume directement les frais de l’enfant pendant son temps de garde (nourriture, logement), et les autres coûts en espèces sont répartis selon la capacité contributive de chacun. Si les revenus sont très différents, le parent le plus aisé verse une contribution à l’autre. Le juge examine la garde alternée si l’un des parents ou l’enfant la demande (art. 298 al. 2ter CC) ; notre article sur la garde alternée et la contribution d’entretien en Suisse romande détaille les critères.

Revenus insuffisants. Le minimum vital du parent débiteur ne peut pas être entamé. Si ses revenus ne couvrent pas les besoins de l’enfant, la décision indique le montant qui manque pour assurer l’entretien convenable (art. 301a let. c CPC). Ce montant pourra être réclamé plus tard si la situation du débiteur s’améliore de façon extraordinaire. Le juge peut aussi retenir un revenu hypothétique si le parent pourrait gagner davantage en faisant un effort raisonnable.

Enfant majeur en formation. Après 18 ans, les parents doivent continuer à subvenir à l’entretien de l’enfant qui n’a pas encore de formation appropriée, dans la mesure où les circonstances permettent de l’exiger d’eux, jusqu’à la fin d’une formation achevée dans les délais normaux (art. 277 al. 2 CC). Il n’y a plus de contribution de prise en charge et l’enfant agit lui-même. Les allocations de formation (dès 16 ans) remplacent l’allocation pour enfant.

Allocations familiales. Elles sont déduites des besoins de l’enfant et doivent être versées en plus de la pension par le parent qui les reçoit (art. 285a CC). En 2026, l’allocation pour enfant s’élève par exemple à CHF 322 dans le canton de Vaud, CHF 311 à Genève, CHF 327 en Valais, CHF 265 à Fribourg, CHF 240 à Neuchâtel et CHF 275 dans le Jura, avec des montants majorés dès le troisième enfant dans plusieurs cantons. Consultez notre calculateur d’allocations familiales.

Ce que le calculateur ne peut pas voir. Frais extraordinaires (orthodontie, soutien scolaire, sport intensif), revenu de la fortune, rentes pour enfant, nouveaux enfants d’une autre union, frais de droit de visite importants : ces éléments modifient le résultat et doivent être documentés dans le tableau d’entretien.

La contribution d’entretien doit correspondre aux besoins de l’enfant ainsi qu’à la situation et aux ressources de ses père et mère ; il est tenu compte de la fortune et des revenus de l’enfant.

Art. 285 al. 1 du Code civil suisse
03 - Pratique

Faire fixer, modifier ou encaisser la pension

L’estimation ne vaut pas titre : pour être exécutoire, la pension doit être fixée par une convention approuvée ou par une décision.

Parents non mariés. Une convention d’entretien n’oblige l’enfant qu’après avoir été approuvée par l’autorité de protection de l’enfant (art. 287 CC), ou par le juge si elle est conclue dans une procédure. À défaut d’accord, l’enfant, représenté par le parent gardien, peut agir devant le tribunal du domicile de l’une des parties (art. 26 CPC). La procédure simplifiée s’applique (art. 295 CPC), le tribunal établit les faits d’office et n’est pas lié par les conclusions des parties (art. 296 CPC). L’entretien peut être réclamé pour l’avenir et pour l’année qui précède l’ouverture de l’action (art. 279 CC).

Parents mariés. La pension est fixée dans les mesures protectrices de l’union conjugale ou dans la procédure de divorce, avec la contribution entre époux. La décision doit indiquer les revenus pris en compte, le montant attribué à chaque enfant, le montant nécessaire à son entretien convenable et l’éventuelle indexation (art. 301a CPC). Notre diagnostic divorce vous aide à préparer ces éléments.

Modifier la pension. Le juge peut prévoir une adaptation automatique au coût de la vie ou à des changements déterminés (art. 286 al. 1 CC). En cas de changement notable et durable (perte d’emploi, naissance, changement de garde), il modifie ou supprime la contribution à la demande d’un parent ou de l’enfant (art. 286 al. 2 CC).

Pension impayée. Un office désigné par le canton aide gratuitement à obtenir le paiement (art. 290 CC et ordonnance sur l’aide au recouvrement, en vigueur depuis 2022), par exemple le SCARPA à Genève ou le BRAPA dans le canton de Vaud ; la plupart des cantons versent aussi des avances. Le juge peut ordonner à l’employeur du débiteur de verser directement une partie du salaire (avis aux débiteurs, art. 291 CC) ou exiger des sûretés (art. 292 CC). Le non-paiement délibéré peut être poursuivi pénalement (art. 217 CP).

04 - FAQ

Questions fréquentes

Selon la méthode en deux étapes du Tribunal fédéral (ATF 147 III 265). On détermine le revenu et le minimum vital de chaque parent, puis les besoins de l’enfant (montant de base de CHF 400 ou 600, part du loyer, assurance-maladie, frais de garde, moins les allocations familiales). S’ajoutent, le cas échéant, la contribution de prise en charge du parent gardien et une part de l’excédent répartie par grandes et petites têtes.

Il n’existe pas de montant moyen officiel : la pension dépend des revenus des deux parents, du loyer, de l’âge des enfants et du mode de garde. À titre d’exemple, avec un débiteur gagnant CHF 7’000 net et un parent gardien à CHF 3’000 dans le canton de Vaud, notre calculateur estime la pension d’un enfant de 8 ans à environ CHF 1’280 par mois, allocations familiales en plus. Faites le calcul avec vos propres chiffres.

Jusqu’à la majorité (art. 277 al. 1 CC). Si l’enfant n’a pas encore de formation appropriée à 18 ans, les parents doivent continuer à contribuer, dans la mesure où on peut l’exiger d’eux, jusqu’à la fin d’une formation achevée dans les délais normaux (art. 277 al. 2 CC). Il n’y a pas de limite d’âge fixe ; la durée dépend du cursus et du sérieux des études.

Non. En garde alternée, chaque parent assume les frais courants pendant son temps de garde, et les autres coûts sont répartis selon la capacité contributive de chacun. Si l’un gagne nettement plus que l’autre, il verse une contribution. Notre calculateur permet de simuler ce cas.

C’est la part de la pension qui permet au parent qui s’occupe personnellement de l’enfant de couvrir son propre minimum vital lorsqu’il ne peut pas travailler à plein temps (art. 285 al. 2 CC). Elle dépend de l’âge du plus jeune enfant : on attend en principe une activité de 50 % dès l’école obligatoire, 80 % dès le degré secondaire et 100 % dès 16 ans (ATF 144 III 481).

Non. Elles sont déduites des besoins de l’enfant dans le calcul, puis versées en plus de la pension par le parent qui les reçoit (art. 285a CC). Leur montant dépend du canton : en 2026, par exemple CHF 322 par mois dans le canton de Vaud et CHF 311 à Genève pour l’allocation pour enfant.

Son minimum vital est protégé : la pension ne peut pas le faire descendre en dessous. La décision mentionne alors le montant qui manque pour assurer l’entretien convenable de l’enfant (art. 301a CPC). Le parent gardien peut demander des avances de pensions au service cantonal. Si le débiteur pourrait gagner davantage, le juge peut retenir un revenu hypothétique.

Pour un enfant mineur, la pension est déductible pour le parent qui la verse et imposable pour le parent qui la reçoit, en impôt fédéral direct (art. 33 al. 1 let. c et art. 23 let. f LIFD) comme dans les cantons. Dès la majorité de l’enfant, elle n’est plus déductible ; le parent qui paie peut en revanche, selon les conditions, faire valoir une déduction pour enfant ou pour personne à charge.

Adressez-vous au service cantonal d’aide au recouvrement, qui intervient gratuitement (art. 290 CC) : SCARPA à Genève, BRAPA dans le canton de Vaud, par exemple. Vous pouvez aussi engager une poursuite, demander au juge un avis aux débiteurs pour que l’employeur verse directement une partie du salaire (art. 291 CC) ou des sûretés (art. 292 CC). Le non-paiement délibéré est punissable (art. 217 CP).

Votre situation en 2 minutes

Un divorce ou une séparation à organiser ?

Vous êtes dans ce cas ? Répondez à 3 questions : nos spécialistes analysent ensuite votre dossier gratuitement.

Question 1 sur 3
Quelle est votre situation ?
Dans quel canton ?
Est-ce urgent ?

Votre dossier est prêt à être créé

    Créez votre dossier : vos réponses sont déjà remplies. Décrivez ensuite votre situation en quelques lignes, nos spécialistes l'analysent et vous indiquent la suite.

    Créer mon dossier gratuit
    • Création de votre dossier gratuite
    • Réponse sous 48 h ouvrées
    • Confidentiel et sans engagement
    Gratuit et confidentiel

    Avertissement

    Les contenus de JuriUp sont des informations juridiques générales, rédigées avec soin. Le droit, la jurisprudence, les tarifs et la pratique des autorités évoluent : cette page peut ne pas être à jour et contenir des erreurs, des imprécisions ou des omissions.

    Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé et ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un juriste sur votre situation. JuriUp n'assume aucune responsabilité pour les décisions prises sur la seule base de ces informations. Vérifiez toujours les textes officiels (fedlex.admin.ch) et les délais qui s'appliquent à votre cas.

    Dernière mise à jour de cette page : 21 octobre 2026.

    Besoin d’un accompagnement juridique ?

    Avec JuriUp, gagnez du temps et faites des économies : nous vous aidons à créer un dossier complet et clair, pour que l’expert juridique qui vous accompagne puisse se concentrer sur l’essentiel : votre situation.