Ai-je le droit de passer à la séparation de biens après le mariage ?
Réponse vérifiée par des juristes et avocats Mis à jour le 3 novembre 2026 Droit suisse
Oui. Un contrat de mariage peut être passé après la célébration du mariage. Il faut l'accord de votre conjoint : le contrat est reçu en la forme authentique et signé par les deux époux. Sans son accord, c'est le juge qui peut prononcer la séparation de biens, à la demande d'un époux fondée sur de justes motifs, par exemple si le conjoint est insolvable. Le changement ne peut soustraire à l'action des créanciers les biens sur lesquels ils pouvaient exercer leurs droits.
- Le contrat de mariage peut être passé avant ou après la célébration du mariage.
- Il est reçu en la forme authentique et signé par les deux époux et, le cas échéant, par le représentant légal.
- Sans l'accord du conjoint, le juge prononce la séparation de biens à la demande d'un époux fondée sur de justes motifs.
- Le changement de régime ne peut soustraire à l'action des créanciers les biens sur lesquels ils pouvaient exercer leurs droits.
- En séparation de biens, le survivant ne reçoit plus au décès la moitié du bénéfice de l'autre que prévoit le régime ordinaire, mais il reste héritier légal.
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Faire analyser ma situationCe que dit le droit suisse
Sans contrat de mariage, les époux vivent sous le régime de la participation aux acquêts. Par un contrat de mariage, passé avant ou après la célébration, ils peuvent adopter un autre régime, comme la séparation de biens, dans les limites de la loi.
Pour ce changement de régime matrimonial, le contrat est reçu en la forme authentique et signé par les époux et, le cas échéant, par le représentant légal. Dans le canton de Fribourg, cela veut dire un acte établi par un notaire : les notaires y sont seuls habilités à instrumenter les actes authentiques, sauf disposition contraire.
Sans l’accord de votre conjoint : le juge
À la demande d’un époux fondée sur de justes motifs, le juge prononce la séparation de biens judiciaire. La loi cite notamment le conjoint insolvable, celui qui met en péril les intérêts de l’autre, celui qui refuse de le renseigner sur ses biens, ses revenus ou ses dettes, et celui qui est durablement incapable de discernement.
Si la suspension de la vie commune est fondée, le juge des mesures protectrices de l’union conjugale ordonne aussi, à la requête d’un époux, la séparation de biens si les circonstances le justifient. Un juriste JuriUp peut vous indiquer les points à vérifier avant de déposer la requête. Si votre conjoint s’y oppose, l’aide d’un avocat est préférable.
L’ancien régime et les créanciers
Avec un contrat, le régime ordinaire est dissous le jour du contrat. Avec une séparation de biens judiciaire, la dissolution remonte au jour de la demande. L’ancien régime est liquidé selon ses règles, sauf dispositions légales contraires. Sans autre convention par contrat de mariage, chaque époux a droit à la moitié du bénéfice de l’autre, calculé sur ses acquêts dont on déduit les dettes qui les grèvent, sans tenir compte d’un déficit. Les biens propres, comme un héritage, n’en font pas partie.
L’adoption ou la modification d’un régime matrimonial ainsi que les liquidations entre époux ne peuvent soustraire à l’action des créanciers d’un conjoint ou de la communauté les biens sur lesquels ils pouvaient exercer leurs droits. L’époux auquel ces biens ont passé est personnellement tenu de payer ces créanciers, mais il peut s’en libérer dans la mesure où il établit que les biens reçus ne suffisent pas.
Vivre en séparation de biens, et au décès
Chaque époux a l’administration, la jouissance et la disposition de ses biens, dans les limites de la loi, et répond de ses dettes sur tous ses biens. Celui qui affirme qu’un bien appartient à l’un des époux doit le prouver, sinon le bien est présumé appartenir aux deux en copropriété.
Sous le régime ordinaire, sauf autre convention par contrat de mariage, chaque époux ou sa succession a droit au décès à la moitié du bénéfice de l’autre. La séparation de biens ne prévoit pas ce partage. Le conjoint survivant reste héritier légal : la moitié de la succession en concours avec des descendants, les trois quarts avec le père, la mère ou leur postérité, sinon toute la succession. Sa réserve est la moitié de cette part, et le défunt peut disposer pour cause de mort de ce qui excède les réserves.
Information générale, pas une consultation juridique. JuriUp n’est pas une étude d’avocats et ne délivre pas de prestation réservée aux avocats.
Les exceptions et les pièges
Séparation de biens de plein droit. La séparation de corps l’entraîne de plein droit. Des époux sous un régime de communauté y sont aussi soumis dès que l’un d’eux est déclaré en faillite, une règle qui ne vise pas la participation aux acquêts.
Besoins courants de la famille. Pendant la vie commune, chaque époux représente l’union conjugale pour les besoins courants de la famille. Il oblige alors solidairement son conjoint en tant qu’il n’excède pas ses pouvoirs d’une manière reconnaissable pour les tiers. Cette règle fait partie des effets généraux du mariage, pas du régime matrimonial.
Divorce en cours au décès. Le conjoint survivant perd sa réserve si une procédure de divorce est pendante au décès et qu’elle a été introduite sur requête commune ou s’est poursuivie selon ces règles, ou que les époux ont vécu séparés durant deux ans au moins.
Un cas concret
Exemple vécu
Cas simplifié tiré de la pratique · droit suisse
Claire a 52 ans et vit à Fribourg. Mariée depuis vingt ans sans contrat de mariage, elle vit sous le régime de la participation aux acquêts. Son mari se lance comme indépendant et emprunte pour son entreprise. Il est d'accord de passer à la séparation de biens, mais Claire se demande ce qui se passerait s'il changeait d'avis. Sans sa signature, aucun contrat de mariage n'est possible, et Claire devrait demander la séparation de biens au juge, pour de justes motifs. La règle : s'ils signent un contrat de mariage en la forme authentique, leur régime ordinaire est dissous le jour du contrat, puis liquidé.
Les bases légales
- Art. 182 CCfedlex Le contrat de mariage peut être passé avant ou après la célébration du mariage
- Art. 184 CCfedlex Le contrat de mariage est reçu en la forme authentique et signé par les deux époux
- Art. 185 CCfedlex À la demande d'un époux, le juge prononce la séparation de biens pour de justes motifs
- Art. 193 CCfedlex Changer de régime ne soustrait pas aux créanciers les biens sur lesquels ils pouvaient exercer leurs droits
- Art. 247 CCfedlex En séparation de biens, chaque époux administre ses biens, en jouit et en dispose, dans les limites de la loi
- Art. 462 CCfedlex Part de la succession qui revient au conjoint survivant comme héritier légal
Valable dans quel canton ?
Cette réponse repose sur le droit fédéral : la règle est la même dans toute la Suisse, quel que soit votre canton.
- Genève
- Vaud
- Valais
- Fribourg
- Neuchâtel
- Jura
- Berne
- et tous les cantons suisses
Que faire concrètement
-
Faire l'inventaire de vos biens
Demandez à votre conjoint de concourir à un inventaire de vos biens à tous les deux par acte authentique.
-
Obtenir son accord
Parlez-lui du changement et demandez-lui, s'il le faut, de vous renseigner sur ses revenus, ses biens et ses dettes.
-
Signer le contrat de mariage
Faites recevoir le contrat de mariage en la forme authentique et signez-le tous les deux.
-
Sinon, saisir le juge
Sans accord, déposez une requête au tribunal du domicile de l'un de vous, en exposant vos justes motifs.
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Questions fréquentes
Oui. Le contrat de mariage peut être passé avant ou après la célébration, et les époux peuvent adopter un régime, le révoquer ou le modifier dans les limites de la loi. Il est reçu en la forme authentique et signé par les deux époux.
Sans sa signature, aucun contrat de mariage n'est possible. Vous pouvez demander au juge de prononcer la séparation de biens, si votre demande est fondée sur de justes motifs. La loi cite notamment l'insolvabilité du conjoint, la mise en péril de vos intérêts et son refus de vous renseigner sur ses biens, ses revenus ou ses dettes.
En séparation de biens, le survivant ne reçoit plus la moitié du bénéfice du défunt, et la succession du défunt n'a plus droit à la moitié du bénéfice du survivant. Il reste héritier légal, pour la moitié de la succession en concours avec des descendants. Sa réserve est la moitié de sa part légale, mais il la perd, dans les cas prévus par la loi, si une procédure de divorce est pendante au décès.
Chaque époux s'oblige personnellement par ses actes et répond de ses dettes sur tous ses biens, dans le régime ordinaire comme en séparation de biens. Pendant la vie commune, pour les besoins courants de la famille, un époux oblige toutefois solidairement son conjoint, en tant qu'il n'excède pas ses pouvoirs d'une manière reconnaissable pour les tiers.
Le tribunal du domicile de l'un des époux est compétent. Il statue en procédure sommaire, introduite par une requête. La dissolution de l'ancien régime remonte au jour de la demande.
Oui, par un nouveau contrat de mariage, reçu en la forme authentique et signé par les deux époux. Après une séparation de biens judiciaire, le juge peut aussi, à la demande d'un époux, rétablir l'ancien régime si les motifs qui la justifiaient ont disparu.
L’avis de l’équipe JuriUp
Équipe JuriUp
Droit suisse
En séparation de biens, celui qui affirme qu’un bien est à lui doit le prouver. Avant de signer, demandez donc à votre conjoint de concourir à un inventaire de vos biens par acte authentique. Un juriste JuriUp peut vous expliquer les effets du changement avant votre rendez-vous chez le notaire.
Sources officielles
- Code civil suisse (RS 210), Fedlex
- Code de procédure civile (RS 272), Fedlex
- Loi fribourgeoise sur le notariat (RSF 261.1), BDLF
Informations vérifiées le 3 novembre 2026
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La règle exposée ici découle directement de la loi et s’applique dans toute la Suisse. Cette page fournit une information juridique générale sur le droit suisse et ne remplace pas un conseil personnalisé : faites valider votre situation par un professionnel via JuriUp.